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  • : PEAUX-ROUGES Limoges
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  • : Site d'information des Redskins de Limoges, collectif antifasciste informel et contre-culturel. Nous avons la conviction que si la première étape de la lutte antifasciste se joue bel et bien sur le terrain des idées, l'échéance suivante sera celle de la confrontation physique. Notre objectif est donc de sensibiliser les organisations et personnes à la nécessité de se préparer mentalement et physiquement contre le fascisme. mail: peaux_rouges@yahoo.fr
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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 08:00

Combattre les idées d’extrême droite et le développement des idéologies divisant les classes populaires est à l’heure actuelle une priorité pour les progressistes (tout comme la lutte contre l’arnaque social-démocrate…). Pour cela il faut s’intéresser aux tendances et évolutions de la mouvance fasciste. Actuellement le grand exemple pour tous ces wannabes furher est représenté par le groupe italien Casapound, qui se réclame d’un “fascisme du troisième millénaire”.

 

L’idée est simple et séduisante: attaquer sur tous les fronts, faire des centres sociaux, des clubs de sport, de la culture, des concerts, des conférences, du street art, de l’humanitaire, du graphisme, du syndicalise, etc, etc.

Si vous vous dites “c’est pas ce que fait l’extrême gauche…?”, vous avez tout bon. Tout comme les “nationalistes autonomes” allemands ou slaves repompant la culture black bloc, les italiens de casapound copient tout simplement les méthodes et le style de la gauche révolutionnaire italienne, avec en premier lieu l’implantation par les “centres sociaux”. Cette récupération est à la fois un aveu d’échec culturel de leur mouvement (il ne peut apparaitre efficacement qu’en se déguisant, qu’en se faisant passer pour social et radical) et un danger puisqu’il entretient la confusion entre nous et eux, à leur profit.

 

Le mouvement Casapound doit son succès relatif à son extrême diversité (un jeune bourge blanc peut y trouver son compte dans les nombreuses activités proposées), dans son fond très bourgeois (le divertissement érigé en militantisme, masqué maladroitement par tout un folklore sur la “communauté” et “l’idéal légionnaire”), et surtout dans son style, qui coupe avec l’habituel tambouille à base de croix celtiques et de fringues skinheads.

Bon alors, l’aspect social de Casapound qui fait tant fantasmer les fachos européens, qu’est ce que c’est? Seulement de la “métapolitique”en vérité (comme ils disent), aussi appelée “mythomanie” par les gens normaux… Les squats tenus par Casapound sont conservés grâce à de très bons liens avec la droite parlementaire – un comble pour un mouvement proclamant que “la prochaine gare sera la révolution”.

 

En fait de concerts et de culture, on a droit aux habituelles revues théoriques (Occidentale, en l’occurrence) ressuscitant les vieilles idées des années 20 mises à la sauce de la “nouvelle droite”, et pour les concerts, c’est du rock fasciste tout ce qu’il y a de plus classique. Idem pour le sport, très élitiste, visant à former des tapeurs qui seront capable d’aller “casser” les mouvements sociaux comme ce fut le cas à Piazza Navone lorsque des fascistes agressèrent les étudiants grévistes, ou d’intimider les opposants (on pense à la ridicule campagne pour libérer Zippo, un jeune chefaillon en procès suite à une descente contre des sociaux-démocrates).

Récemment, Casapound a refait parler d’elle lors du concert des Dropkick Murphys, groupe de punk celtique travailliste. Les militants fascistes italiens appréciant le rock et l’Irlande, ils se déclarent grands fans du groupe, et sont donc venus au concert joué à l’Orion (à Rome)…

Seulement voilà: venir à 50, bousculer et intimider les gens, chanter des chants à la gloire de Mussolini, ajouter un drapeau ou tendre le bras, ce n’est pas super “convivial” et après s’être fait insulter par le public c’est le chanteur qui a demandé aux “fascists assholes” de quitter les lieux. Ils ont gazé le public et sont partis sous les hués… En somme, “je t’aime, moi non plus”. Ces gens ne connaissent rien à la culture. Surtout à la culture populaire irlandaise qui est républicaine et internationaliste. On voit donc bien le grand écart qui existe entre leur fantasme héroïques et leur réalité de petits emmerdeurs allant se permettre n’importe quoi quand ils sont en groupe.

 

Mais si il n’y avait que les attitudes de petites frappes protégées par la police, ça ne marcherait pas. L’important à Casapound c’est l’auto-glorification, la construction d’un mythe, quitte à falsifier les faits et à réécrire l’Histoire. Exemple: l’ouvrage de référence sur l’histoire du groupe (Nessun Dolore) a été produit par l’un d’eux. De même pour les chansons, fêtes, visuels faisant leur apologie, ou tous les groupes artistiques, sportifs et culturels bidons tournant autour, aussi animés par des militants. Dans l’autre sens quand le projet réel et barbare du groupe se dévoile, comme avec l’assassinat de deux sénégalais par leur militant de longue date Gianluca Casseri ou avec les agressions et ratonnades régulières, tout est nié en bloc. On n’invente pas le courage.

anticasapound.jpg

A chaque mouvement social les révolutionnaires en carton de Casapound sont ainsi les premiers à critiquer la “casse” ou la “prise en otage” des non-grévistes selon un discours de droite conservatrice bien classique…

Nos “héritiers de Che Guevara et de Mussolini” (sic) se légitiment également par le recours à l’humanitaire. Chose qu’ils critiquent dans sa version “bobo” de gauche mais qu’ils pratiquent de façon encore plus hypocrite. Ils ont ainsi envoyé des équipes au secours des chrétiens Karens de Birmanie ou pour aider les victimes des récents tremblements de terre en Italie.

Difficile en effet de critiquer quelqu’un apportant des secours à une population démunie, selon la bien-pensance ambiante. Et pourtant sous la couverture de ces projets “solidaristes” (qui en vérité ne représentent quasiment rien mais sont excessivement mis en avant) il y a avant tout l’idéologie fasciste. “Les nôtres avant les autres”. Casapound n’aime pas les pauvres. Un pauvre, ça ne porte pas de raybans, ça travaille au lieu de monter des clubs de sport de glisse nationalistes, ça ne paye pas des dizaines d’euros chaque “concert identitaire” et ça n’achète pas chaque t-shirt produit par le groupe.

 

 

Ainsi Casapound a eu peu de remord à attaquer les magasins populaires Casalbertone tenus par les militants de gauche à Rome. Magasins qui eux ne se paient pas de paroles et aident vraiment la population.

Voici ce prétendu fourmillement activiste (et en vérité, néant abyssal ou recyclage d’idées puantes) qui forme le corps solide du projet Casapound que les nationalistes européens veulent importer chez eux (notamment en France via Zentropa ou le MAS). De l’agitation stérile pour petits bourgeois en manque de sensations fortes, ne voulant surtout rien changer – ou alors en chopant des sièges de conseiller municipal, pour pouvoir s’intégrer dans un système dénoncé en apparence. Une arnaque pour la jeunesse et les révoltés servant fondamentalement le système en place. Une arnaque qui fonctionne bien et que l’on pourrait voir arriver en France via l’implantation de lieux et d’activités culturelles d’extrême droite… A surveiller et à combattre. Pour une vraie solidarité de classe.

 

 

Article de nos camarades du collectif Feu de Prairie: http://feudeprairie.wordpress.com/

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commentaires

D. 27/06/2012

Merci beaucoup!
La traduction italienne est également disponible désormais, sur FdP ou sur Antifa Resistance ;)

Mimi 22/10/2012

"Si vous vous dites “c’est pas ce que fait l’extrême gauche…?”, vous avez tout bon"...oui, enfin il y a quand même une différence d'hygiène entre vos squats et les leurs.

Redskin 23/10/2012

Nos squats ? Tu as vu des squats à Limoges ?

Ah oui ? Et c'est quoi la différence ?

Dans les squats des "crasseaux gauchistes" ça fume le "pétard", alors qu'à l'extrême droite c'est trafic de coke et de stéroïdes ?

Arrétons 2 sec la rigolade. La différence c'est que casapound et les "squats" d'extrême droite (en italie) sont financers par les institutions municipales, voire régionales, sous protections de
"forces de l'ordre" qui y adhèrent. Normal alors que les squats d'extrême droite soient aussi "hygiéniques" que des palaces. Ca veut envoyer les étrangers dehors mais pas tous car c'est bobonne qui
vient d'europe de l'est qui néttoie le sol de leur local via l'entreprise de sous-traitance envoyé par la mairie d'Alemano. De vraies petites maisons bourgeoises ces "squats".

omnitech support 28/08/2014

The working class always maintains a socialist image and it is the result of the trade unions in which they participate. The trade unions are one of the evils that act as a wall for the development. I think workers should rethink about involving in unnecessary strikes that can pull back developments.