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  • : Site d'information des Redskins de Limoges, collectif antifasciste informel et contre-culturel. Nous avons la conviction que si la première étape de la lutte antifasciste se joue bel et bien sur le terrain des idées, l'échéance suivante sera celle de la confrontation physique. Notre objectif est donc de sensibiliser les organisations et personnes à la nécessité de se préparer mentalement et physiquement contre le fascisme. mail: peaux_rouges@yahoo.fr
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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 21:37
 
 
Les anciens mineurs et leurs soutiens, dont les militantes de Femmes contre les Fermetures de Puits (Women Against Pit Closures), ont formé un groupe de soutien aux mineurs espagnols en grève. Ces militant(e)s font un parallèle avec l’amère grève de 1984-85 contre les fermetures de puits en Grande-Bretagne, en particulier avec l’utilisation par le gouvernement conservateur de la Garde Civile pour mettre fin aux protestations en tirant des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur les mineurs et ceux qui les soutiennent en Espagne.
 
Protestant contre une coupe drastique des subvention de 190 million d’euros, 8.000 mineurs des Asturies et de la Province de Leon, sont en grève illimitée depuis le 31 mai, craignant pour leurs emplois et ceux de 30.000 travailleurs d’industries liées aux mines. En Espagne, avec un taux de chômage de 25%, le plus élevé de l’Union Européenne, il n’y a que très peu de chance de retrouver du travail si le gouvernement Mariano Rajoy, qui a assuré une caution de 80 milliards d’euros pour les banques espagnoles, impose ces suppressions d’emplois. D’autant plus que, comme le gouvernement britannique, Rajoy a l’intention d’imposer de nouvelles mesures d’austérité.
 
Les mineurs ont fait des barricades de pierres et bloqué des autoroute. 10.000 manifestants ont marché dans les rues de Madrid. Des mineurs occupent des puits dans la lutte contre ces coupes budgétaires qui affecteront 40 mines.
Les Asturies ont une histoire d’opposition aux gouvernements de droite. En 1934, le général fasciste Franco a réprimé dans le sang le soulèvement des mineurs en grève de la région, située entre la Galicie et le Pays Basque. Plus de 1.700 mineurs et civils ont été tués, ainsi que 280 soldats et policiers espagnols.
Le Comité de Solidarité avec les Mineurs Espagnols (SMSC@talktalk.net) a déclaré son”admiration devant la détermination des grévistes de ne pas payer pour la crise du capitalisme causé par les financiers et les banquiers. Le chemin devant est long et difficile, mais nous ferons tout ce qui est possible pour vous soutenir parce qu’une victoire des mineurs espagnols serait une victoire pour nous tous travailleurs d’Europe.3
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Deux membres du Comité de Solidarité, dont le secrétaire Ian Lavery, ancien président du Syndicat Nationale des Travailleurs de la Mine, et Rick Summer, responsable national de “Justice pour les Travailleurs de la Mine”, visitent l’Espagne pour rencontrer et créer des liens avec les mineurs en grève. Ils emmènent avec eux ce message du cinéaste Ken Loach : “Ce n’est pas la première fois que ce sont les mineurs qui lutte au nom de tout le peuple ouvrier. Cette crise provoque une misère noire par le chômage de masse et les attaques contre les conditions de travail et le salaire socialisé. La responsabilité vient de la classe dirigeante qui défend un système intolérable et injuste”.
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 11:44

 La notion de grève générale est apparue au cours de la seconde moitié du XIXè siècle, mais fut plus particulièrement attachée au syndicalisme révolutionnaire du début du XXè siècle. Le syndicalisme révolutionnaire fut non seulement un courant militant, mais également philosophique. C’est sur cette théorisation philosophique de la grève générale que nous désirons revenir.

 

Les philosophes syndicalistes ou philosophes de la Nouvelle École, réunis autour de leur revue Le mouvement socialiste, entendaient partir des pratiques des militants syndicalistes révolutionnaires pour élaborer leurs théorisations philosophiques. En cela, on peut parler chez eux d’une démarche philosophique pragmatiste, dans la mesure où ils considéraient que c’est de la pratique militante que naît la pensée philosophique et non l’inverse, contrairement à ce que soutenait Lénine.

Parmi les philosophes de la Nouvelle École, c’est principalement Georges Sorel, puis Édouard Berth, qui s’attachèrent à théoriser philosophiquement la notion de grève générale.

 

- L’opposition aux intellectuels du socialisme

 

Les philosophes de la Nouvelle École s’opposent à ceux qu’ils appellent les intellectuels du socialisme: Jaurès, Guesde en France, Kautski en Allemagne...

Ils leur reprochent et/ou: 1) d’accorder trop d’importance au poids des forces productives et de considérer que la révolution ne peut être qu’un effet mécanique de leur transformation 2) d’accorder un primat à l’action du parti, et donc à l’action politique, sur l’action directe syndicaliste révolutionnaire et en particulier la grève.

 

- Le mythe de la grève générale

 

Georges Sorel, en 1908, dans Réflexions sur la violence, théorise la grève générale comme étant un mythe.

En cela, il entend insister sur le fait que la grève générale n’est pas un évènement inéluctable. Il n’est pas possible de déduire qu’elle se produira mécaniquement contrairement à la révolution telle que la présentent les “intellectuels du socialisme”.

Au contraire de ces théorisations intellectuelles, le mythe de la grève générale est un instrument pour l’action. L’appel à la grève générale galvanise les travailleurs dans leur actions de lutte quotidienne, leur ouvrant un horizon révolutionnaire qui dépasse les simples revendications d’améliorations immédiates.

Lors de chaque grève partielle, les syndicalistes se préparent à la grève générale insurrectionnelle. En effet, il est toujours possible qu’une grève partielle soit le facteur déclenchant de cette grève générale insurrectionnelle expropriatrice imprévisible.

Les philosophes de la Nouvelle École entendent donc remettre au coeur du marxisme, non un matérialisme historique accordant un primat aux structures productives, mais à la lutte des classes.

 

- La grève générale en son réseau sémantique

 

Édouard Berth s’attache pour sa part, dans Les méfaits des intellectuels(1914), a établir le réseau sémantique fait d’analogies et d’antonymies dans lequel prend place la notion de grève générale.

Analogies: à la lecture de Berth, il semble possible de distinguer trois instruments de reproduction d’un pouvoir inégalitaire dans nos sociétés: le concept est sur le plan intellectuel ce que l’État est sur le plan politique et ce que l'échange capitaliste est au niveau économique. A chacun de ces instruments correspond un acteur: l’intellectuel rationaliste dans les universités, l’homme politique - y compris l’intellectuel socialiste - au sein de l’État, le marchand au sein du système capitaliste. Il existe selon Berth une analogie profonde entre le concept et l’État. Le concept est à la connaissance ce que l’État est à l’organisation politique: pour l’un, une abstraction et une simplification de la vie, et pour l’autre, de la société. Berth prend ainsi le parti de Bergson contre Hegel. Antonymies: à cette série, s’oppose une autre.

 

Sur le plan intellectuel, les philosophes syndicalistes pragmatistes s’opposent aux théorisations des universitaires rationalistes (comme les durkheimiens, inspirés par le solidarisme) ou des socialistes intellectuels. Ils refusent le primat que ces derniers accordent au savoir des intellectuels et à leurs théorisations sur les hommes d’action que sont les syndicalistes et sur le savoir provenant de la pratique militante. A l’action des hommes politiques au sein des partis s’oppose l’action directe des syndicalistes - en particulier la grève - au sein des syndicats.

 

Dans l’ordre économique, la production des travailleurs s’oppose à l’échangisme des marchands. A la révolution comme coup d’État ou à la transformation sociale comme un ensemble de réformes impulsées par l’État s’oppose la révolution comme grève générale insurrectionnelle. Les syndicats seront d’ailleurs par la suite pour les syndicalistes révolutionnaires le mode d’organisation fédéraliste chargé de remplacer l’État et de réorganiser la production.

 

La notion de grève générale apparaît ainsi chez Édouard Berth comme un des éléments d’une théorisation philosophico-politique complexe. Mais au-delà d’une simple inspiration syndicaliste révolutionnaire, il est peut-être davantage influencé en définitive par Nietzsche, lorsqu’il affirme que la grève générale représente pour lui l’aspiration politique et esthétique à un ordre social plus proche de la fluidité de la vie contre l’ordre intellectualisé et figé instauré par l’Etat.

 

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Article de l'IRESMO (Institut de Recherche, d'Etude et de Formation sur le Syndicalisme et les Mouvements sociaux).

Source et annexes ici:

http://iresmo.jimdo.com/2010/10/17/la-gr%C3%A8ve-g%C3%A9n%C3%A9rale-un-mythe-en-action/

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 16:26

Afin de compléter l'article précédent, voici cet ensemble de concepts et de définitions schématiquement formulées, que Marx a mis en avant dans son oeuvre immense afin de comprendre les mécanismes de notre temps.

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Matérialisme Historique

Le matérialisme historique appréhende les sociétés à partir de leur « mode de production », c'est à dire de la relation entre les « forces productives » (compétences, technologies) et les « rapports de production » (propriété des moyens de production, direction et encadrement du travail, répartition du produit). A cette « infrastructure » correspond une « superstructure » politique, juridique et idéologique. Chaque nouvelle ère technologique tend à révolutionner les rapports de production établis, et par là aussi l'ordre social dans son ensemble.

 

Fétichisme

Dans le capitalisme, le marché, qui est une institution humaine, apparaît comme une loi transcendante devant laquelle les individus s'inclinent comme devant un fétiche. Soumis à lui comme à son ordre naturel, ils aliènent leur capacité de se concerter, ils se trouvent « réifiés », choses parmi les choses, ne percevant que des rapports entre marchandises là où il s'agit de la relation entre leurs travaux.

 

Plus-Value

Le salarié vend sa force de travail comme une marchandise, en fonction du temps socialement nécessaire à sa (re)production et des bien que son salaire lui permet de consommer. Travaillant plus longtemps que ne requiert la production de ces bien, il est « exploité ». Ainsi s'explique le profit, ou plus-value, qui est l'objet même de la production capitaliste. Celle-ci n'est donc pas tournée vers les choses concrètes qu'exige la vie de chacun, mais vers une « richesse abstraite », le profit, accumulable à l'infini, quelles qu'en soient les conséquences sur les humains et sur la nature. La toute -puissance du capitaliste, qui « consomme » à son gré la force de travail achetée, donne à cette exploitation son caractère d'asservissement et de déshumanisation.

 

Valeur-Travail

dans une pure économie de marché supposée, reliant entre eux des libres prestataires de travail, chaque acteur en concurrence tend à produire sa marchandise dans le moindre temps. Leur « valeur » s 'établit donc à l'équilibre entre l'offre et la demande en fonction du temps socialement requis pour produire la marchandise. Ce concept abstrait de « valeur-travail » a un objet fondamental mais limité: permettre de définir le processus économique capitaliste d'ensemble dans sa relation à la production et permettre la reproduction des rapports de classe. Pour l'analyse des processus concrets, Marx raisonne en terme de prix dits « de production ». c'est autour du taux de profit, et non immédiatement du temps de travail, que s'établit la concurrence qui gouverne ces prix.

 

Mode production capitaliste

Les rapports de production clivent la société en classes sociales: ceux qui possèdent ou contrôlent les moyens de production d'échange s'assurent une prééminence sociale et politique par rapport à ceux qui ne disposent que de leur force de travail. Dans le mode de production capitaliste, fondé sur la propriété privée et la production marchande, ce clivage s'établit à travers la relation d'exploitation salariale

 

Reproduction, Accumulation

Le clivage de classes se reproduit à travers le processus même de la production capitaliste, puisque, au terme de chaque période, le salarié se retrouve avec son seul salaire, alors que le capitaliste a pu par la vente des marchandises reproduire son capital et payer les salaires, et grâce à la plus-value assurer son existence et accumuler un profit qui lui permet d'élargir sa production. Via la concurrence entre capitalistes, les plus performants d'entre eux absorbent cependant les autres, et le capital se concentre en entreprises toujours plus grandes et moins nombreuses. Emerge ainsi, au sein de la fabrique, un nouveau mode de coordination du travail, qui n'est plus le marché, mais l'organisation planifiée.

 

Lutte des Classes

Dans ce contexte monte en puissance un nouvel acteur historique: la classe ouvrière, toujours plus nombreuse, instruite et unifiée par le procès même de la production. Elle est en mesure de prendre la relève historique de la bourgeoisie, de s'organiser non seulement pour revendiquer des droits, mais pour instaurer une propriété commune des moyens de production et établir un ordre économique et social démocratiquement concerté et planifié. Mais elle doit vaincre la puissance de l'idéologie bourgeoise. Si les idées dominantes sont celles de la classe dominante, c'est qu'elles contribuent fonctionnellement à la domination. La lutte des exploités requiert une science sociale analysant les mécanismes de domination de classe, les tendances et les contradictions du système.

 

Etat

L'Etat bourgeois est le corollaire de l'économie capitaliste. Il assure formellement les libertés individuelles fondamentales et le traitement égal de tous devant un ordre légal élaboré en commun selon le processus démocratique. Mais l'imposition du régime de la propriété privée et de l'appropriation capitaliste donne à la classe dominante les moyens de s'approprier l'institution étatique et d'en faire l'instrument de sa prééminence. La révolution visera donc « l'abolition de l'Etat » en vue d'une société « démocratique ».

 

Marché Mondial

Marx n'a pu réaliser son projet de parachever sa théorie par un traité du commerce international et du marché mondial. Il fait pourtant œuvre de pionnier en abordant l'économie politique, sur l'exemple type de l'Angleterre, non dans sa dimensions impériale. Le « pillage colonial » y apparaît comme perpétuation de la violence séculaire qui assura au capitalisme européen son « accumulation primitive ».

 

Crise

L'analyse marxienne des crises cycliques du capitalisme souligne que, pas plus que la « tendance à la baisse du taux de profit », elles ne mettent en danger le système, contribuant plutôt à le reproduire sur une plus vaste échelle. Les conditions d'une révolution sociale résident dans la tendance à la concentration du capital, qui fait émerger la classe ouvrière et les principes d'une organisation planifiée. Dans la critique du programme de Gotha, Marx explique cependant que ce n'est là qu'une première phase (celle que la tradition désignera comme le « socialisme »). Après l'abolition de la propriété privée et du marché, y prédomine la division entre « travail manuel » et « travail intellectuel », exécution et encadrement: le « communisme » proprement dit s'inscrit au-delà.

 

D'après le dossier "Marx, les raisons d'une renaissance", dans Le Magazine Littéraire N°479 en 2008.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 07:04
Excellent article de "Spike" sur le hadicap
 
 
INTRODUCTION: QU' EST-CE QUE LE HANDICAP?

Qu'est-ce que le handicap? Cette question qui semble au premier abord totalement légitime, ne l'est pas du tout en réalité. Tout d'abord parce que plusieurs études sérieuses ont déjà été menées sur le sujet et que selon les critères de classification et les catégories qui en découlent, le nombre de personnes handicapées en France fluctue entre quelques milliers et douze millions!
Ensuite parce que, définir une personne handicapée comme étant une personne ayant une déficience mentale ou motrice, c'est accepter l'idée qu'il existe des individus parfaitement sains et normaux, c'est faire l'impasse sur le vécu et les sensations personnelles que chacun de nous éprouve en vivant avec son handicap, et c'est également faire le jeu de ceux qui désirent nous ranger dans des cases sans que nous puissions en sortir. Non seulement cela permet de justifier toutes les idéologies fascistes, mais cela contribue à hiérarchiser l'espèce humaine et a briser la solidarité qu'il peut parfois exister.
Le handicap fait parti de nous, mais nous ne pouvons y être réduits. Nous ne sommes pas des anormaux. Nous sommes des variantes uniques du génome et de l'Humain et nous ne devons jamais oublier que les individus ne sont handicapés que par la vision d'autrui.

I-LE HANDICAP AU SEIN DU MODE DE PRODUCTION CAPITALISTE

Jours après jours le capitalisme laisse de plus en plus de gens sur le trottoir... Des exclus... des parias...
Aujourd'hui, les handicapés sont au rang de ceux là...
De ceux qu'on dit vouloir intégrés, mais qui ne seront jamais tout à fait comme les autres, et dont les conditions de vie sont finalement totalement niées.
Nous devons ainsi quotidiennement faire face aux regards accusateurs, aux jugements hâtifs et aux remarques blessantes rappelant les heures les plus sombres de notre histoire, nous ramenant ainsi au rang de sous-hommes. Mais finalement il n'y a rien de surprenant à cela, puisque cette attitude est cautionnée par l'Etat. En effet, avec un taux de chômage atteignant les 20% (1) nous constituons la population la plus touchée par celui-ci et nous sommes également les personnes les plus discriminées en France (2)!
  
Il ne faudrait pas non plus oublier que certains d'entre nous ne peuvent pas faire face à tout cela car les endroits où ils vivent ne sont pas adaptés pour qu'ils puissent se déplacer, ou bien parce qu'ils n'arrivent pas à affronter le regard des autres.
Alors bien sûr nous pouvons demander de l'aide... Une aide occasionnelle que nous trouvons lorsque nous voulons traverser un trottoir, ou encore retirer de l'argent au distributeur. Mais qui prendra le temps de faire notre connaissance et de nous aider pour aller voir un concert ou un film que nous avons envie d'aller voir? Plus grand monde... Sûrement par peur de ne pas savoir comment s'y prendre, peur des responsabilités que cela implique ou peur du regard des autres.
Ainsi, nous devons constamment faire appel aux même personnes au risque qu'elles soient lassées et épuisées. Mais vous êtes vous déjà demandé ce que ça fait de toujours devoir demander de l'aide, de toujours être discret afin que, malgré tout ce qu'on demande, on ne s'impose pas? Cette aide peut prendre différentes formes, car selon le types de handicap, il peut par exemple s'agir d' aide pour se déplacer ,manger, écrire, s'habiller, prendre une douche ou bien mettre en place une sexualité...

Aujourd'hui, la sexualité des personnes handicapées est un sujet tabou. Pourtant nous ne sommes pas des êtres assexués et nous avons également droit au plaisir. Il est indéniable qu'une sexualité épanouie permet de ce construire psychologiquement et humainement. Dans les réunions où la question de la sexualité des personnes handicapées est abordée, la seule réponse apportée est souvent celle de la prostitution.

Mais analysons concrètement la situation.

Selon l'article 1 du décret du 5 novembre 1947 de la loi Française, la prostitution désigne "l'activité d'une personne qui consent habituellement à des rapports sexuels avec un nombre indéterminé d'individus moyennant rémunération".
Ici le terme de "rémunération" peut être pris au sens large: argent mais également objets à valeur marchande ou même services (3). Bien qu'elle existait bien avant le Moyen-Age, la prostitution s'est considérablement développé avec l'avènement des sociétés marchandes (4). Dans celui-ci trois types de personnes différentes interviennent: les prostituées de sexe majoritairement féminin, les clients et les proxénètes de sexe essentiellement masculin. D'après l'article 225-5 du code pénal, (5) toute personne qui aide, assiste, protège, embauche des personnes, exerce une quelconque pression à des fins de prostitution ou tire profit d'actes sexuels rémunérés, est considéré comme proxénète. Cependant en France, malgré sa démarche abolitionniste, la prostitution n'est pas interdite et les proxénètes continuent à exploiter les prostitué(e)s.
Mais, depuis le milieu des années 70, des collectifs de prostitué(e)s se sont constitués afin de contrer le discours abolitionniste qui fait d'eux et d'elles des victimes, et ainsi faire entendre leurs voix. Cependant, ces collectifs affirment ne pas être consultés, ni par le gouvernement ni par les associations abolitionnistes, lorsqu'une décision qui les concernes est prise.
Ces collectifs, tel le STRASS (Syndicat des TRAvailleurs du Sexe) en France, réclament que la prostitution soit reconnue comme un métier à part entière, que les travailleurs(euses) du sexe ne soient plus considéré(e)s comme des inadapté(e)s sociaux(ales) et qu'ils et elles puissent bénéficier de tous les droits inhérents à l'exercice de leur profession, qu'un titre de séjour soit délivré à tou(te)s les prostitué(e)s étrangers(ères) victimes d'exploitation, la multiplication des campagnes de prévention contre le Sida et autres IST, ainsi que l'abolition des lois sur le racolage passif et le proxénétisme qui, non seulement ne mettent pas fin au "proxénétisme d'exploitation" (ou "de contrainte"), mais qui de plus criminalise encore davantage les prostitué(e)s. Néanmoins, ces collectifs ne nient pas que la traite des femmes et la prostitution forcée existent et se battent justement pour l'indépendance des prostitué(e)s et la criminalisation des proxénétisme de contrainte (6).
Mais le monde de la prostitution est un monde complexe qui nécessiterait une étude beaucoup plus approfondie...
Au premier abord, l'assistance sexuelle peut ressembler à de la prostitution mais en y regardant de plus près on s'aperçoit qu'il n'en est rien.
Une enquête menée en 2009 par la sexo-pédagogue Anne Doat montre qu'en France la demande pour la mise en place d'aidant(e)s sexuel(le)s est très importante:

Questionnaire (7)
 
Question Oui  Non Ne sais pas
Pensez-vous que cette fonction peux-être utile en France? 90% 0% 10%
Etes vous favorable à l'organisation d'une association en France?
90% 0% 10%
Pour vous, cette fonction d'assistant sexuel est ce de la prostitution?
10% 70% 20%
 
Une forte majorité des personnes interrogées lors de cette enquête disent que l'assistance sexuelle n'est pas de la prostitution. Or, le lieu commun est de croire que la plupart des prostitué(e)s sont exploité(e)s par des proxénètes.
Mais à l'image de ceux mis en place en Suisse, en Belgique, en Allemagne et en Hollande, les assistant(e)s sexuel(le)s français(es) seront des personnes volontaires, travaillant essentiellement dans le milieu médical, ce qui garantira leur indépendance financière et qui connaîtront ainsi les pathologies liées au handicap. Ainsi, l'argent ne sera donc pas l'élément de motivation premier des assistant(e)s sexuel(le)s qui bénéficieront également d'une formation médicale de 500 heures, concernant les besoins sexuels des personnes handicapées. Du fait que l'argent généré par l'assistance sexuelle ne constituant pas les principaux revenus de ces personnes, l'argent pourrait être supprimé. De plus cette assistance ne s'adresserait qu'aux personnes très lourdement handicapées.
Ces quelques précisions permettent de différencier la prostitution de l'assistance sexuelle. Cependant si à ce jour les partisans de l'assistance sexuelle demandent une exception à la loi, ce n'est pas pour rapprocher l'assistance sexuelle de la prostitution, mais bien parce qu'aujourd'hui tout intermédiaire entre la personne handicapée et l'assistant(e) sexuel(le) est considérée comme proxénète.
S'il est vrai que la demande pour une assistance sexuelle est essentiellement masculine et s'adresse donc en priorité aux femmes, ce qui reproduit le schéma de l'exploitation patriarcale, il me paraît absurde d'en tenir les personnes handicapées pour responsables, car la grande majorité d'entre nous, du fait du combat quotidien qu'ils et elles doivent mener pour survivre au sein du capitalisme, ne sont pas politisés.
 
Cependant l'absence de l'affirmation des besoins sexuels féminins peut être éclairée par plusieurs éléments, car en plus de devoir, comme toute les femmes, faire face au sexisme régnant dans nos sociétés et qui s'exprime dans la publicité, les magazines, les religions, le monde du travail ou les insultes , la femme handicapée doit affronter "la tyrannie de la norme et de la normalité" (8), qui voit en elle une femme diminuée incapable d'avoir des enfants et de s'en occuper. S'il est communément admis qu'en France une femme sur dix est victime d'agressions sexuelles ou de maltraitance dans son milieu familial, ce qu'on sait moins par contre c'est qu'une femme handicapée sur trois doit faire face à ce type de violence au sein de sa famille et il en est de même dans les institutions (9). Ces violences familiales et institutionnelles peuvent s'expliquées de différentes manières: du fait de leur handicap ces femmes sont souvent plus fragile et plus dépendantes que les autres ce qui mène souvent à la surprotection, ainsi elles n'ont pas appris à dire non et se sentent coupables de ce qui arrivent.
La dépendance induite par le handicap est également souvent retourné contre ces femmes par les personnes qui abusent d'elles et, ayant une mobilité considérablement réduite, elles ne peuvent pas agir aussi aisément que les femmes valides, aussi bien physiquement que juridiquement, contre les actes de leurs agresseurs car elles ne sont pas prises au sérieux par les autorités compétentes (10). Malheureusement, le mépris et la violence envers la sexualité des personnes handicapées existent aussi dans d'autres pays...(11)
 
Bien évidemment l'assistance sexuelle ne remplacera jamais une relation amoureuse dans laquelle chacun se donne pleinement l'un à l'autre, mais elle pourrait permettre d'éveiller des sentiments inconnues pour des personnes pour qui la construction d'une vie affective est compliquée, car pour nous, personnes handicapées, s'il est évident que chacun fait ce qu'il veut de sa vie sentimentale, on a parfois l'impression que personne handicapée ne peut pas être un(e) partenaire potentiel, et derrière chaque refus subsiste le doute d'être rejeté à cause de notre handicap, ce qui est extrêment culpabilisant.
Cependant, afin d'éviter toute confusion entre prostitution et assistance sexuelle, il me semble préférable que celle-ci soit assurée bénévolement. Mais l'assistance sexuelle n'est qu'une réponse parmi d'autres auxquelles il nous faut réfléchir. Cependant, bien qu'il soit théoriquement illégal d'interdire toute personne handicapée d'avoir des rapports sexuels (12), cette pratique est violemment réprimée par les institutions...
Mais la violence envers les femmes handicapées au sein des institutions spécialisées ne s'arrête pas là puisque derrière la négation de leur sexualité se cache aussi la peur et la négation de leur maternité. C'est ainsi que les femmes handicapées y sont stérilisées de force (13).

Les différentes structures pouvant accueillir les personnes handicapées peuvent être classées en deux catégories (14):

-Les établissements pour enfants:




• IME (Institut médico-éducatif )


• IEM (Institut d’éducation motrice)

• SESSAD (15)(Service d’éducation spéciale et de soins à domicile )

• CAMSP et CMPP (Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) et Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP))

• Etablissements pour enfants et adolescents polyhandicapés


• ITEP (Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique)


• Institut d'éducation sensorielle


• CAFS (Centre d’accueil familial spécialisé)




Réadaptation professionnelle
Etablissement de réadaptation/rééducation professionnelle pour adultes handicapés Sous cette appellation sont regroupés les centres de préorientation qui proposent, à partir d'un diagnostic préalable, l'orientation des personnes handicapées notamment dans les centres de réadaptation professionnelle. Ils sont dotés de moyens techniques d'apprentissage et de formation générale. Ils ont pour objectif de faciliter la réinsertion sociale du travailleur handicapé en vue de l'exercice d'une profession en milieu protégé ou en milieu ordinaire de travail.


• ESAT (Etablissement et service d’aide au travail)


• Entreprise adaptée (EA)


• SAVS (Service d’accompagnement à la vie sociale


• Foyer de vie ou occupationnel


• Foyer d'hébergement


• FAM (Foyer d’accueil médicalisé)


• MAS (Maison d’accueil spécialisée)

Si le placement de la majorité d'entre nous dans l'un ou l'autre de ces lieux d'accueil dépend, de notre âge, de notre autonomie et de nos capacités physiques et intellectuelles, le regard que nous portons sur les institutions où nous avons grandis semble unanime: si une solidarité et une fraternité face à l'adversité et la différence naissent souvent au sein de ces lieux de vie que sont les IEM ou IME, ces structures sont aussi et surtout des lieux où nous sommes mis à l'écart du monde extérieur, et où nous n'avons aucun pouvoir de décision sur tout ce qui régit nos vies.
 
Ces institutions permettent notre scolarisation et ont également l'avantage de regrouper une équipe médicale spécialisée qui nous encadre et qui répond aux besoins qu'occasionnent nos handicaps. Mais, en plus de ne pouvoir choisir quelles personnes nous voulons pour notre accompagnement, comme toute personne choisit ses médecins, la distance mise entre nous et les encadrants (médecins et éducateurs), au nom de de la professionnalisation, nous empêche de créer des relations véritablement amicales. Dans certains de ces établissements se trouve un internat, parfois également ouvert le week-end et une partie des vacances, dans lequel, les règles de vie qui sont adoptées sont parfois tellement éloignées de celle de la société qu'elles rendent encore plus difficile la confrontation avec le monde réel. Certains alors, y passe la semaine car leur famille étant domiciliée trop loin, ils ne pourraient être scolarisés et d'autres, dont la famille n'arrive plus à affronter le handicap y passe leur vie...(16)

Il existe aujourd'hui plus de 2000 établissements en France (environ 1450 ESAT et 650 EA) pouvant spécifiquement accueillir des travailleurs handicapés (17).
Suite à la loi du 11 février 2011, les Etablishments et Services d'Aide par le Travail (ESAT) ont remplacés les Centres d'Aide par le Travail (CAT). Si le nom a changé, les conditions d'exploitations sont sensiblement les même.
Les ESAT sont des structures médico-sociales ouvertes à tous types de handicap. Cependant les places au sein de ces institutions sont prioritairement destinées à ceux d'entre nous qui ne peuvent pas travailler, à temps plein ou à temps partiel, de manière indépendante, ni dans une entreprise ordinaire ou adaptée, ou bien travailler à domicile. Ceux qui y sont acceptés sont âgés d'au moins vingt ans et ont une capacité de travail inférieur ou égale à 33%. L'orientation en ESAT se fait par l'intermédiaire de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) et plus particulièrement au sein de la Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) (18).
Après une période d'essai de 6 mois qui a pu être renouvelée une fois, le ou la travailleur(euse) handicapé(e) signe un contrat d'aide et de soutien par le travail, contrat qui le lie à l'ESAT pendant un an. Mais le travailleur(euse) n'acquiert pas pour autant le statut de salarié et si cela lui permet en théorie de ne pas être mis(e) à la porte, en cas de litige cela affaiblit considérablement ses moyens de défense: pas de comité d'entreprise, pas de syndicats, pas de délégué du personnel, mais uniquement un conseil d'établissement, et impossibilité de recourir aux prud'hommes en cas de renvoi (19).
 
Bien qu'une des premières missions de l'ESAT soit de développer les capacités de ceux d'entre nous qui y travaillent pour qu'ils puissent peu à peu travailler en milieu ordinaire, en analysant la situation, on s'aperçoit que, pour les rares qui parviennent à s'extirper du monde particulier des ESAT, grâce à une "mise à disposition" pour une entreprise ordinaire qui ne peut excéder une durée de 2 ans par contrat, ces établissements deviennent souvent des lieux de replis après un licenciement qui peut être notamment dû à un manque de productivité, un manque d'autonomie etc... Cependant les ESAT sont des entreprises en parti subventionnées par l'Etat, et comme toutes entreprises ils ont des obligations de rendement et de productivité, sous peine de voir leurs subventions baissées et, à plus long terme, de devoir fermer (20). En travaillant 35 heures par semaine, la personne handicapée perçoit une "rémunération garantie", qui n'est pas considérée comme étant un salaire et ne cotise donc pas au chômage.
 
 
Cette rémunération garantie est comprise entre 55% et 110% du SMIC et se compose d'une part financée par l'ESAT, qui ne peut être inférieur à 5% du SMIC, et d'une "aide au poste" versée par l'Etat, qui ne peut être supérieure à 50% du SMIC. Si le financement du travailleur(euse) handicapé(e) par l'ESAT est comprise entre 5% et 20% du SMIC alors l'aide au poste sera égale à 50% du SMIC. Si la rémunération de ce(tte) travailleur(euse) par l'ESAT est supérieure à 20% du SMIC, alors l'aide de l'Etat diminue de 0,5% à chaque fois que la subvention de l'ESAT augmente de 1%. Ainsi, ceux et celles d'entre nous qui travaillent en ESAT bénéficient généralement d'une rémunération allant de 70 à 90% du SMIC, qui est complétée par une Allocation Adulte Handicapé (AAH) qui permet d'arriver au montant du SMIC. Lorsqu'une personne travaille à temps partiel, la "rémunération garantie" est réduite proportionnellement (21).
Les Ateliers Protégés devenus depuis 2005 les Entreprises Adaptées (EA), sont des structures devant employer au moins 80% de personnes handicapées qui sont elles aussi subventionnées par l'Etat qui verse une "aide au poste" égale à 80% du SMIC brut par mois. Mais, contrairement aux ESAT, au sein des EA le code du travail est en vigueur et tout salarié dispose de toutes les conditions de représentation ordinaires (CE, syndicats etc...). Lorsqu'il travaille dans ce type d'entreprise, le ou la salarié(e) handicapé(e) ne peut être payé en-dessous du SMIC, mais sa rémunération ne peut excéder 130% du SMIC (22).
Pour autant il faut également savoir que lorsqu'une personne handicapée, travaillant en ESAT, en EA ou en milieu ordinaire, gagne un salaire supérieur au SMIC, l'Allocation Adulte Handicapée lui est purement et simplement retirée!

Mais la vie à l'extérieur n'est pas beaucoup plus facile. Que l'on ait ou non passé plusieurs années dans des institutions, il est toujours difficile de ne pas être infantilisé et de se faire respecter, surtout quand on a constamment besoin d'aide. Faire appel à un(e) Auxiliaire de Vie Sociale (ou Scolaire tout dépend des besoins) (AVS), c'est faire entrer dans nos vies une ou plusieurs personnes qui nous sont totalement inconnues et leurs dévoiler une partie de notre intimité matérielle et physique et perdre ainsi presque toute vie privée. Ces personnes sont de plus en plus souvent recrutées parmi les chômeurs de longue durée et connaissent donc extrêmement mal le handicap et toutes ses variations. Or ce métier demandant un engagement énorme et beaucoup de temps afin de mieux comprendre la personne handicapée et ses besoins, ne peut pas être accomplit dans une démarche uniquement alimentaire. Mais c'est pourtant ce qui arrive et nous sommes alors réduit à l'état de simples objets. Plusieurs causes peuvent expliquer cette attitude méprisante: le manque de formation professionnelle, le minutage général de la prestation, les tâches ingrates qu'il faut parfois effectuer, la peur du handicap, le fait que ce travail soit sous-payé... Les trop faibles moyens qui leurs sont alloués et le fonctionnement interne de ces entreprises font qu'il est difficile de répondre à toute la demande existante. Ainsi, pendant une journée un(e) AVS voit un grand nombre de personnes et ne peut donc pas construire des relations amicales allant au-delà du handicap avec les personnes dont elle s'occupe. Et même avec ce service qui devrait nous mener vers plus d'autonomie, tous nos besoins vitaux, comme se lever, manger, se laver, se coucher, dépendent de la disponibilité des AVS (23).

On se rend finalement compte que la personne handicapée n'a pas sa place au sein du néolibéralisme et de son corollaire économique le capitalisme, car elle ne répond pas aux normes morales, nous sommes souvent infantilisés et débilisés par le regard des autres, physiques, car certains d'entre nous ont besoin d'aide pour tous les gestes de la vie quotidienne, esthétiques à cause des traces que laisse le handicap sur nos corps et économique puisque, quand nous ne sommes pas au chômage, notre faible niveau d'instruction nous destine à des emplois précaires et que notre force de travail est généralement plus faible que celle d'un autre travailleur, nous sommes donc moins rentables pour la société. Or, si notre situation financière est souvent critique, nous avons besoin de moyens considérables pour nos soins supplémentaires (kiné, hospitalisation), notre vie quotidienne (Auxiliaires de Vie Sociales, fauteuil roulant manuel ou électrique) et notre autonomie (voiture adaptée, accessibilité de notre logement etc...). Par le social-darwinisme économique qu'il impose et sur lequel il est construit, le capitalisme nie les besoins élémentaires de millions d'hommes et de femmes et fragilise encore davantage des personnes déjà affaiblies par leur situation physique, psychique ou économique. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre que des parents ont attenté à la vie de leur enfant handicapé car il ne supportaient plus le poids du handicap. En brisant toutes les possibilités de vie décente et d'autonomie, la société capitaliste fait de nous des "assistés". Mais qui sont les plus assistés: les personnes handicapées qui vivent avec 720€ par mois ou les banques du monde entier qu'on a renfloués à grands coups de milliards d'euros?
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II-HANDICAP ET REVOLUTION

Aujourd'hui le handicap est entouré de tabous. La sexualité en est un, la scolarité en est un autre et le handicap dans son ensemble peut aussi en devenir un. Mais ces tabous, tout comme le mensonge de la normalité, ont été créés par la bourgeoisie conservatrice et c'est elle qui par sa vision des choses détermine ce qui nous est possible et ce qui nous est impossible, ce qui est vivable et ce qui ne l'est pas. En effet, lors de la révolution industrielle l'arrivée des machines dépeupla les campagnes et mit fin aux entreprises artisanales familiales dans lesquelles les personnes handicapées avaient leur place. Ainsi, l'ouvrier chargé de la production des machines ne devait avoir aucune déficience qui l'empêcherait d'utiliser ces machines. Puis, l'exigence grandissante de productivité, les cadences de travail et les normes de production finirent par totalement exclure les personnes handicapées du processus de production (24).

Ainsi, le capitalisme est la cause première de notre handicap et le combat quotidien que nous devons y mener pour survivre est épuisant et ne nous laisse donc que peu de temps pour développer une conscience révolutionnaire. Parfois, le handicap réduit ainsi considérablement l'accès à la culture puisque beaucoup d'ouvrages essentiels sont tous simplement introuvables en caractères agrandis, en braille ou sur CD. Enfin, l'influence des oeuvres caritatives religieuses, n'est probablement pas négligeable dans la non politisation des personnes handicapées. Pourtant, comme je l'ai précédemment montré avec les 220 méthodes d'action non violente (25), nous avons totalement notre place dans le processus révolutionnaire. En période révolutionnaire nous pourrons être impliqués dans toutes actions de soutien moral et pratique envers ceux qui en auront besoin et nous pourrons assurer la formation des nouveaux militants. Il nous faut donc détruire le capitalisme pour bâtir un monde nouveau dont les bases ont été pensées il y a plusieurs siècles.

Au sein du capitalisme nous sommes une force productive, le plus souvent imposée au patronat par les quotas de 6% de personnes handicapées obligatoire dans toute entreprise d'au moins cents salariés, qui est fortement précarisée (manque de formations, chômage) et exploitée (salaire inférieur au SMIC dans les ESAT). Dans la grande majorité des cas nous vendons notre force de travail à des entreprises et nous ne possédons pas les moyens de production sous forme de biens. Nous faisons donc parti du prolétariat. En tant que prolétaires nous faisons donc parti de la classe ayant tout intérêt dans la révolution.

Or jusqu'à ce jour les institutions réformistes fortement bureaucratisées nous ont toujours laissé que des miettes, se souciant beaucoup plus de leurs intérêts personnels que de ceux du peuples et des personnes handicapées. Au contraire, les grands bouleversements sociaux et culturels, et ce dans tous les domaines, ont toujours été le fait de révolutions.

Aujourd'hui que ce soit dans la vie quotidienne ou dans nos combats face au capitalisme nous sommes isolés car les rares luttes impulsées dans le domaine du handicap sont le plus souvent menées pour les personnes handicapées et non pas par les personnes handicapées.
Actuellement beaucoup de personnes handicapées sont affectées par la solitude. mais la réflexion personnelle et collective, le partage, la solidarité, l'entraide et l'amitié que nous retrouvons dans des groupes d'action et de formation ainsi que dans le syndicalisme révolutionnaire, permettent de se construire petit à petit au contact des autres tout en combattant l'emprise quotidienne du capitalisme en reprenant peu à peu le contrôle de nos vies.

Mais pour que nous renversions le capitalisme lors de la révolution, nous devons construire une organisation de masse. Pour que cette organisation soit véritablement unitaire, il faut qu'elle fédère tous les courants de pensées révolutionnaires traversant le prolétariat tout en préparant la gestion socialiste de la société par les travailleur(euse)s eux (elles)-même sans justifier l'existence d'une avant-garde pouvant s'avérer contre-révolutionnaire.. Cette organisation ne peut donc être le parti politique, même révolutionnaire, car il nécessite l'adhésion à une idéologie précise. Il faut donc que cette organisation soit indépendante de tous partis politiques. Or, historiquement cette organisation c'est le syndicat. Mais aujourd'hui le mouvement syndical est divisé. Cependant pour instituer un rapport de force favorable à notre classe nous devons être unis, ce qui implique la réunification de toutes les structures syndicales portant un projet révolutionnaire: CGT, SUD, CNT, FO, FSU et autres syndicats oppositionnels afin de construire le front unique révolutionnaire.

Pour renforcer cette unité les différentes professions seront regroupées par syndicat d'industrie (26) qui en plus d'empêcher le corporatisme, enrayera efficacement la stratégie de division des travailleurs en empêchant leur mise en concurrence, leur permettra de connaître l'ensemble du fonctionnement de leur branche et facilitera la reprise en main de l'économie par les travailleur(euse)s lors de la révolution. Quant à nous, nous pourrons alors créer des liens de camaraderie et trouver une place dans la reconstruction de la société, tout en menant nos luttes avec des valides à nos cotés et ainsi mettre fin à la barrière valides / handicapés qu'il peut parfois exister.
De part sa nature polymorphe, le handicap se trouve au point de rencontre entre différents corps de métiers: les transports, le bâtiment, le médical... Grâce à sa dimension interprofessionnelle, aboutira à une meilleure coordination des différents secteurs d'activité où le handicap doit être pris en compte et facilitera également notre regroupement afin de porter nos revendications d'une seule voix.

Cette solidarité naissante sera renforcée par la redynamisation des Bourses du Travail (27) au sein desquelles les prolétaires sont organisés au niveau local, ou nous pourront commencer à mettre en pratique nos principes en mettant en place des services d'entraide socialisés tels que des formations professionnelles, des écoles, des cantines collectives, etc qui courcircuiteront celles de l'Etat et ainsi permettre l'édification d'une contre société ouverte au plus grand nombre et ce, dans toutes ses activités: loisir, travail, éducation... Nous pourrons ainsi développer des liens avec des camarades géographiquement proches de nous ce qui rendra encore une fois possible une meilleure appréhension du handicap (28).

III-LE HANDICAP EN SOCIETE ANARCHISTE

La société libertaire étant ouverte à tous, nous y trouveront naturellement notre place. C'est alors seulement que nous serons l'égal de tous et que nous pourront pleinement prendre les décisions nous concernant. Pour que cela soit possible, nous devrons sensibiliser toute personne au handicap er cette sensibilisation, même partielle, pourra dissiper une peur éventuelle et être décisive dans certains domaines comme l'accessibilité des bâtiments.
Ainsi, tous les lieux devront être accessibles aux plus handicapé(e)s d'entre nous, car tout endroit qui nous sera accessible le sera aussi à toute personne n'ayant aucune difficultés. La mise en commun de nos expériences respectives du handicap sera alors nécessaire lors de la rénovation ou de la construction de nouveaux bâtiments, ou l'utilisation d'ascenseurs et de rampes d'accès devra être systématique.

Alors qu'aujourd'hui prendre les transports en communs relève du parcours du combattant, ils pourraient tous nous être accessibles si tous les arrêts étaient munis d'un ou plusieurs ascenseurs en état de marche, si l'accès à la rame nous était favorisé par une construction au ras du sol et proche du quai et si les places handicapées étaient plus nombreuses. En effet, là où aujourd'hui il n'y a que deux places accessibles par TGV ( dont une seule destiné à un fauteuil), la multiplication des places adaptées, une trentaine par rame, 20 avec des sièges pour les personnes handicapées pouvant se transférer et qui pourraient être utilisées par des valides lorsqu'elles ne sont pas nécessaires, et 10 réservées pour les personnes ayant un handicap plus lourd, devraient nous permettre de vivre de façon plus spontanée en facilitant grandement notre autonomie.

La disparition de l'argent, en plus de mettre fin à la hiérarchie entre riches et pauvres, garantira une plus grande égalité entre les hommes en remettant les besoins humains au centre de la société. Cela mettra également fin à la prostitution telle que nous la connaissons et la question de l'assistance sexuelle serait résolue, puisque les personnes assurant cette activité, le ferait uniquement par plaisir ce qui permettra de construire une relation sur de véritables sentiments
Ainsi, l'aide qui nous sera quotidiennement apportée naîtra à partir de relations d'entraide plus saines envers les personnes handicapées, car elles ne seront plus guidées par un quelconque rapport à l'argent. De ce fait, cette aide serait assurée par une ou plusieurs personnes qui nous voient évoluer au quotidien et qui appréhenderaient jours après jours, les changements physiques et psychologique de notre handicap. Une confiance mutuelle et une connaissance de l'un et de l'autre, se construirait alors entre nous et les personnes désirant nous aider.

Tout individu étant petit à petit sensibiliser au handicap, nos besoins et nos envie seront de mieux en mieux compris(es) et respecté(e)s et nous pourront bénéficier du temps nécessaire à notre apprentissage et à la découverte de nouvelles choses. Alors qu'aujourd'hui un enfant handicapé scolarisé en milieu ordinaire n'a le choix qu'entre la négation de son handicap, parce qu'après tout "c'est un enfant comme les autres", ou le regard misérabiliste renvoyant l'image du "pauvre handicapé", au sein de la société libertaire les enfants valides et handicapés seront constamment mélangés, non pas comme c'est le cas aujourd'hui, pour faire disparaître la peur du handicap chez ceux qui n'y sont pas confrontés mais bien pour que chacun puisse s'épanouir pleinement au contact de l'autre. Alors qu'aujourd'hui une très faible proportion d'enfants handicapés sont scolarisés en milieu ordinaire (29), dans la société libertaire tout enfant, quelque soit son handicap, aurait droit à une scolarisation aux côtés des valides. Mais le partage des connaissances ne subira aucune limite d'âge, puisque toute personne désirant approfondir ses compétences dans un domaine ou en découvrir d'autre pourra effectuer une formation.

L'éducation parentale pourrait être assurée par plusieurs personnes afin de soulager une éventuelle famille pour qui le handicap de leur enfant devient trop lourd en tenant compte des envies de l'enfant et des personnes qui souhaitent s'engager. Ceci permettrait une meilleure connaissance du handicap dans l'ensemble de la société.
Enfin, afin que toute personne handicapée autonome puisse vivre là où elle le souhaite, il faudrait que toute habitation soit de plein pied. Pour les actes les plus difficiles (coucher, douche, etc...) qui peuvent nécessiter de l'aide, nous pourrions créer une "équipe de veille" constituée de volontaires, dont les membres changeraient plusieurs fois par jour et que les personnes handicapées pourraient contacter à chaque fois que cela est nécessaire. Cette aide ponctuelle pourrait également être facilité si certains moments de la vie quotidienne, repas notamment, se déroulaient les uns avec les autres.

SEULE UNE REVOLUTION SOCIALE PERMETTRA L'ENTIERE EMANCIPATION DES PERSONNES HANDICAPEES, ET CETTE EMANCIPATION SERA L'OEUVRE DE L'ENSEMBLE DE NOTRE CLASSE!!

Merci à toutes les personnes ayant participées de près ou de loin à l'élaboration de cet article et à toutes celles qui prendront le temps de le lire.

 

 

 
(1): http://www.inegalites.fr/spip.php?article549&id_mot=90
(2): http://www.slideshare.net/gduboz/les-discriminations-envers-les-handicaps
(3): http://www.sosfemmes.com/sexwork/sexwork_droit.htm
(4): Claudine LEGARDINIER : "La Prostitution" ed. Milan p.6,7
(5): http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=3A3D35740171211C13424AC9D0C6A8A3.tpdjo14v_3?idSectionTA=LEGISCTA000006165301&cidTexte=LEGITEXT000006070719&dateTexte=20111013
(6): http://site.strass-syndicat.org/wp-content/uploads/2011/06/dossier_de_presse_penalisation_clients.pdf
(7): http://www.quelsexe.com/article.php?ar=21
(8): Expression emprunté au livre de J. Vanier et J Kristeva Leur Regard Perce Nos Ombres ed. Fayard 2011
(9): http://informations.handicap.fr/art-news-handicap-2010-683-3278.php
(10): http://www.haxy.be/610/
(11): http://www.handicaps.ca/index.php?option=com_content&view=article&id=260:statistiques&catid=37:handicaps-plus&Itemid=187
(12): http://www.rue89.com/rue69/2011/04/09/pas-de-ca-chez-nous-le-sexe-interdit-aux-handicapes-mentaux-197981
(13): http://www.feministes.net/sterilisation_handicapees.htm et http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/984001636/0000.pdf
(14): Pour de plus amples informations sur les différentes structure existantes vous pouvez consulter la page: http://www.mdph77.fr/le-glossaire-des-etablissements
(15): Le SASSAD ainsi que les CMPP / CAMSP sont ici mentionnés à titre purement indicatifs, car on ne vit pas dans ces deux institutions.
(16): A lire par exemple sur le sujet: Alexandre Jolien: Eloge De La Faiblesse ed. PUF 1999
(17): http://www.handeco.org/
(18): cf Guide du handicap mars-avril 2010, ed. ESF p.95 à 100
(19): http://www.atoute.org/n/forum/showthread.php?t=117309
(20): http://www.cat-lebocage.com/index.php?page=PRESENTATION/UN ESAT/Unesat2.php
(21): http://adapeiardeche.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=17&Itemid=81
(22): http://www.unapei.org/article/le-milieu-adapte-de-travail-les.html et http://etapes2.pagesperso-orange.fr/handicap/handicap_droit.htm
(23): http://blog.van-proosdij.fr/2011/06/14/sante-service-quand-les-protocoles-ignorent-lhumain-ou-histoire-de-la-degradation-des-soins-fondamentaux/
(24): http://quefaire.lautre.net/archives/article/marxisme-et-handicap
(25): http://anarchietotale.free.fr/220methodesnonviolence.html
(26): Le syndicalisme d'industrie consiste à rassembler l'ensemble des métiers d'un même corps de métiers par branches professionnelles plutôt que par entreprise, et ce quelques soit le niveau de professionnalisation des travailleur(euse)s, ce qui permet une plus grande solidarité.
(27): A propos des Bourses du Travail, voir la fiche de formation n°1 du CSR ou l'article des Redskins Limoges: http://redskins-limoges.over-blog.org/article-les-bourses-du-travail-57321477.html
(28): Pour en savoir plus sur les stratégies syndicalistes révolutionnaire, voir le site du CSR: http://syndicaliste.fr/
(29): http://www.webcastors.net/icom/fiches/avis_scolarisation.pdf
 
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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 12:02

Article de "Libération Irlande": http://liberationirlande.wordpress.com/fascisme-britannique/

 

Cet article est une analyse du fascisme britannique passé et présent, en tant que lié aux intérêts des classes dominantes et chapeauté par les services de l’appareil d’Etat britannique. Le fascisme made in UK n’est pas une importation allemande, son cœur c’est la contre-révolution, qui s’exprime sous la forme particulière du loyalisme. L’article est signé Chris Ford, un républicain d’Ecosse, du Republican Workers’ tendency.

 

Tout à leur effort de falsification historique, les historiens de la gauche et de la droite anglaise ont posé une étiquette italienne sur le mouvement fasciste. Celui-ci mérite plutôt un label britannique. Le premier mouvement fasciste du XXè siècle émergea en 1910 pour imposer l’unité du Royaume-Uni.

C’était une époque de luttes ouvrières militantes et de résurgence du nationalisme irlandais. La crise relative à la question nationale divisa la classe dominante britannique. Son aile libérale promouvait un partage des pouvoirs dans le cadre de l’Union, qui s’appelait alors « Home Rule ». Son aile la plus réactionnaire, qui ne possédait pas de majorité au parlement, disposa ses forces d’avant-garde sur la question irlandaise.

Le conservateur unioniste Sir Edward Carson, mit en ordre de bataille 80.000 hommes de l’UVF [Ulster Volonteer Force] « pour la défense de l’Empire » et contre les « socialistes anti-patriotes » et les « nationalistes papistes ». Deux décennies avant que les généraux allemands ne se rangent derrière le national-socialisme, les généraux britanniques soutenaient l’UVF, en tant que force de ralliement au service de la contre-révolution au Royaume-Uni. La réaction orangiste est là pour diviser de façon sectaire [confessionnelle, NdT] la classe ouvrière. C’est ainsi que s’établit la forme générale des temps à venir, dans l’Europe toute entière.

 

Révolution internationale et contre-révolution

 

Le Soulèvement de Pâques 1916, suivi un an plus tard par l’insurrection d’Octobre dirigée par les Bolcheviks, sonnèrent le clairon de la prmière vague révolutionnaire, qui dura jusqu’en 1921. Au milieu du massacre de la Première Guerre mondiale, des millions d’ouvriers et de paysans se sont redressés pour défier l’oppression sociale et nationale. Déraciner le capitalisme et construire une société communiste n’était plus une utopie lointaine, mais une possibilité vivante. Le fait que c’est à ce moment de l’Histoire qu’émergea un mouvement aussi barbare que le fascisme n’a rien d’une coïncidence. Le capitalisme mondial déchaîna tout son arsenal pour empêcher le communisme et maintenir sa domination.

La Société des Nations « démocratique » lança une croisade contre le bolchévisme. Les communistes de l’époque voyaient le fascisme comme inséparable de l’offensive générale du capital. Au moyen de l’Etat, la classe capitaliste sponsorisait les fascistes de mille et une façons dans les différents pays, pour atteindre ses buts. En Italie, la droite parlementaire plaça Mussolini au sommet de l’Etat, en Hongrie, les fascistes étaient la seule force capable d’écraser la République des Soviets de Hongrie. Toutefois, c’est en Allemagne que le fascisme joua un rôle à ce point important dans les batailles décisives de la révolution en Europe.

Le Royaume-Uni n’échappa pas à la vague révolutionnaire mondiale, et la classe ouvrière n’échappa pas non plus au contrecoup fasciste. Bien que le fascisme soit un mouvement indépendant, le facteur décisif qui détermine l’étendue de son pouvoir et de son influence réside dans l’Etat. Au Royaume-Uni, la myriade de forces fascistes qui apparurent à cette époque étaient presque toutes engendrées par les services de sécurité étatiques.

Des organisations comme le BEU menaient leurs activités contre le mouvement ouvrier, ils cassaient des grèves, lançaient leurs escouades de gorilles et faisaient du travail de renseignement. Ils eurent 10 députés au parlement.

Lorsque le Duc du Northumberland forma les Fascistes Britanniques en 1923, ils bénéficièrent de l’assistance du MI5. Grâce à un soutien étatique direct, les fascistes de la première heure propagèrent l’idée d’une « croisade anti-bolchévique ».

Le directeur de la Ligue Economique, James White, admirait les Fascistes Britanniques pour « une réussite que personne ne leur a attribuée : avoir forcé le Parti Communiste à abandonner la majeure partie de son activité militante ».

 

Les Six Comtés, le fascisme en action

 

Ce fut néanmoins la révolution irlandaise qui fut la cible principale du fascisme britannique. Les directeurs des services de sécurité étatiques qui coordonnaient les activités en Angleterre, en Ecosse, au Pays de Galles dans le cadre de la vague révolutionnaire internationale considéraient leurs actions comme étroitement liées à la continuation de la contre-révolution en Irlande.

En 1921, après avoir imposé un accord de partition sur les forces du républicanisme irlandais désormais divisées, ils se mirent au travail dans les « Six Comtés ». La gauche britannique traditionnelle a complètement échoué à saisir la connexion entre le fascisme et cet épisode tragique.
Le maréchal Wilson mit sur pied les « Specials », une force de 48.000 hommes, prélevés dans l’ancienne UVF et dans les Cromwell Clubs. Lloyd George les décrivait comme les homologues des « fascisti en Italie ».

Dans les années 1920-22, ces fascistes britanniques forcèrent 23.000 personnes à quitter leurs maisons, et ils en tuèrent 400 dans une campagne de « nettoyage ethnique ». Après avoir imposé la partition, Wilson et compagnie portèrent leurs regards au-delà des horizons irlandais, vers le reste du Royaume-Uni, et virent la possibilité de former « un vrai parti conservateur ». La réaction ourdie par les « Vrais Conservateurs »(un nom qui conviendrait à l’extrême droite des conservateurs d’aujourd’hui, avec leurs alliés dans les services de sécurité, parmi les unionistes d’Ulster et le British National Party) se matérialisa, mais ne s’étendit pas au-delà des Six Comtés.

Bien que l’existence de Wilson fut stoppée net par une balle de l’IRA, il y a de plus amples raisons qui expliquent l’échec de la première vague du fascisme britannique, et d’importantes leçons à en tirer. L’Irlande était le seul endroit du Royaume-Uni où la classe dominante était défiée par des masses insurgées exigeant la libération nationale et sociale. Le Soulèvement de Pâques avait démoli le projet libéral d’autonomie [Home Rule] sous la Couronne, en proclamant la République.

Dans le reste du Royaume-Uni, le bouleversement de l’après-guerre prit une autre direction, ouvrant la voie à une autre solution de la part de la classe dominante britannique. Parmi les communistes, seul John McLean posa la question d’un affrontement sérieux avec l’Etat. Avec le développement de la rupture avec l’Empire et l’Etat britannique, il joignit la revendication d’une République des Travailleurs d’Ecosse aux slogans « Vive l’Irlande! » et « Vive l’Inde! » et commença à dresser des plans d’insurrection.

Toutefois, la majorité du mouvement ouvrier restait enchaînée au travaillisme, et la majorité des communistes restait enchaînée au combat syndicaliste. Il n’y eut pas d’affrontement avec l’Etat capitaliste pour le pouvoir.

La collaboration de classe du travaillisme et de la bureaucratie syndicaliste donna une solution à la classe dominante britannique à l’intérieur du cadre de la démocratie parlementaire. La couronne continuait de pourvoir les services de sécurité en moyens permettant de sponsoriser le fascisme, qui utilisait la force militaire ou qui brisait les grèves en fonction de ce que demandaient les situations.

L’histoire du fascisme d’avant la Deuxième Guerre mondiale montre que l’opposition entre la démocratie parlementaire et le fascisme n’est pas quelque chose d’absolu. Le gouvernement de Sa Majesté institua la terreur fasciste en Irlande pour préserver l’Etat du Royaume-Uni et sa façade démocratique-parlementaire put ainsi rester intacte.

 

Le nationalisme britannique au service du renforcement de l’Etat britannique

 

Dans le passé, les surprofits de l’Empire britannique tenaient ensemble les nations constitutives du Royaume-Uni et unifiaient une classe dominante dans la « nation britannique ». Avec la perte de l’empire et la concurrence de plus en plus rude, le Royaume-Uni a l’air d’une grande puissance, mais se trouve dans la phase terminale de son déclin.

Le vingtième siècle a vu la destruction des Etats multinationaux, avec en tête l’URSS et la Yougoslavie. Là-bas, les classes dominantes autrefois unies ont opéré un retrait vers le nationalisme grand russe ou grand serbe. Un tel nationalisme, même s’il est ignoré par la gauche britannique, est une donnée persistante au Royaume-Uni. Le nationalisme britannique est en train de muter sous plusieurs aspects en une bête encore plus dangereuse, car la seule possibilité pour que la Grande-Bretagne soit « toujours grande », c’est de faire retour vers le pire chauvinisme, le racisme et le contrôle autoritaire.

Il ne s’agit plus du nationalisme ayant accompagné la construction de l’Empire avec sa « grande mission blanche », mais du nationalisme accompagnant la décadence d’un système social et visant la préservation de l’Etat britannique lui-même. C’est ce chauvinisme national qui a justifié les attaques contre les républicains irlandais et les communautés noires, ouvrant la voie aux attaques contre la classe ouvrière dans son ensemble.

 

Loyalisme et fascisme

 

Dans les années 1990, le manifeste du BNP déclarait ceci : « Nous nous engageons à maintenir l’unité du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l’Irlande du Nord. Nous nous opposons à toute menée visant un partage des pouvoirs, menaçant de desserrer les liens entre les composantes du Royaume-Uni. » Ils se placent dans le droit fil du fascisme britannique qui a toujours reflété cette britannicité des classes dominantes, qui se manifeste par le placement de son avant-garde sur la question de l’unité de l’Union.

Tout comme aux premières années du fascisme, les forces les plus réactionnaires du nationalisme britannique se concentrent sur la question irlandaise. Les « communautés de résistance » irlandaises, qui se sont formées dans les années 1970 ont édifié des institutions politiques, sociales et militaires à l’intérieur même du territoire de l’Etat du Royaume-Uni, mais contre cet Etat. Ce faisant, elles ont dû faire face à la férocité de la classe dominante britannique et, comme par le passé, du fascisme britannique.

L’aile loyaliste du fascisme britannique ne se réduit pas au territoire des 6 comtés. Le loyalisme a été actif pendant des années en Ecosse et en Angleterre. L’Ordre d’Orange Indépendant en Ecosse est le plus grand groupe fasciste d’Ecosse, il travaille ouvertement en liaison avec l’UDA [Ulster Defence Association]. Il a mené une collaboration étroite avec le BNP, dont la base est largement anglaise, principalement pour des activités anti-républicaines. En Angleterre, l’activité loyaliste va de la mobilisation contre la marche pour les Martyrs de Manchester, contre la marche de commémoration du Bloody Sunday à Londres, à des complots clandestins pour briser des grèves, comme cela a eu lieu dans le lock-out de Laings.

La gauche traditionnelle, tout à sa recherche du fascisme en swastikas, n’a pas réussi à voir que ces symboles appartenaient au nationalisme allemand. Des groupes comme l’Anti-Nazi League, filiale du SWP [Socialist Workers' Party, trotskiste]aiment insister sur le caractère essentiellement étranger du fascisme, n’en peignant qu’un portrait allemand des années 1930. Ils ratent complètement la réalité du fascisme britannique, qui se nourrit du nationalisme britannique. De telle sorte que finalement ce nationalisme devient compatible avec l’antifascisme, dans l’esprit des Canons de Navarone, du Jour du Débarquement et du « Nous avons gagné la guerre ».

Quels sont les symboles du nationalisme britannique? L’Union Jack, l’écharpe orangiste et le tambour de Lambeg [gros tambour utilisé dans les marches orangistes]. Tels sont également les symboles que le fascisme britannique tente d’utiliser. Nous courons un grand danger à ignorer cela.

 

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 13:19

Les assos ferment, le Samu social est en crise ; pour les femmes SDF, violences, prostitution et viol continuent.

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Catherine dort dehors (Illustrations Champagne-Volpi)

« Ils ferment, ils ferment, ils ferment », déplore Marion, 24 ans, à la rue depuis sa majorité. « Il n'y a aucun centre sur le point de rouvrir. » Catherine, 48 ans, a renoncé à appeler le 115. Elle se prépare pour une nouvelle nuit dehors et troque sa robe longue contre un pantalon informe qui « passe un peu plus inaperçu ». Elle dormira dans un recoin de la gare de Lyon.

L'été n'arrange rien pour Catherine, Marion et les autres. De nombreuses associations ferment jusqu'en septembre. La mortalité est la même qu'en hiver, pourtant les distributions alimentaires et les soins médicaux se raréfient.

Alors que le Samu social de Paris faisait déjà état dans son dernier bilan de son incapacité à répondre à 10 601 demandes de mise à l'abri, le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, annonçait le 20 juillet au JT de France 2 la fermeture prochaine de 4 500 places supplémentaires.

Les femmes et les familles sont les plus touchées

Le Samu social est en crise. Son directeur et fondateur Xavier Emmanuelli vient de claquer la porte. Financée à 92,5% par l'Etat, l'institution accuse une restriction budgétaire de 25% alors que le dispositif est déjà en complète saturation.

En 2010, le Samu Social a attribué 1 930 000 nuitées, soit 24% de plus qu'en 2009. Alors que le nombre de personnes en famille – 11 200 – vient de dépasser le nombre de personnes isolées – 10 300 – , la coupe budgétaire annoncée touche de plein fouet l'hébergement en hôtel, principalement dédié aux femmes et aux familles à la rue.

Les centres d'hébergement collectif ne sont pas épargnés non plus. L'été dernier, le Centre pour jeunes femmes à la rue Apaso a mis la clé sous la porte. Fin juin, le centre Yves Garel a fermé à son tour. Une solution de remplacement a été trouvée pour les 57 lits qui étaient réservés aux hommes, mais pas pour les 38 places pour femmes.

Le nombre de femmes à la rue augmente toujours. Elles représentaient 13,3% des appels quotidiens au 115 en 1999, et 16,7% des appels en 2009.

« Il y a très peu d'hébergement pour femme. Donc peu sont prises au 115. Pour le reste, c'est difficile. D'autant que certaines ont des problèmes psychiques ou psychiatriques », commente Solange Gomis, du centre d'accueil la Halte Femmes :

« Quand vous restez pendant 1h30 avec la musique lancinante du 115 au bout du fil et qu'on vous demande de rappeler à 21 heures, c'est dur. »

A la Halte Femmes, des jeunes et des vieilles

La Halte Femmes est un accueil de jour pour femmes situé derrière la gare de Lyon (XIIe arrondissement de Paris). C'est l'un des rares lieux ouverts 365 jours par an, de 9 heures à 21 heures. Ces temps-ci, son chef de service, Rodrigue Cabarrus, remarque que contrairement aux années précédentes, les femmes sont à peine moins nombreuses qu'en hiver.

En arrivant là-bas, Catherine file se débarbouiller au lavabo. Comme elle, Marion vient presque tous les jours et donne une participation d'1 euro par repas quand elle peut. Mais les repas sont comptés. En raison d'un budget serré, leur nombre est passé de 70 à 55 cette année.

A la Halte, on croise aussi bien des primo-arrivants que des filles de l'Est, des jeunes et des vieilles. Certaines se retrouvent dehors à cause de problèmes de dépendance – drogue ou alcool –, de fragilités psychologiques, ou de surendettement. D'autres ont fui le domicile pour des histoires de violences conjugales ou familiales ou se sont fait mettre à la porte de chez elles. Certaines, comme Catherine, sont des mères de famille.

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A la Halte Femmes (Illustration Champagne-Volpi)

Dans la rue, pour les femmes, une « dimension sexuelle »

Ici, chacune a son histoire, mais toutes en ont commun une même préoccupation : trouver un endroit sûr pour passer la nuit. Pour Rodrigue :

« Une femme à la rue est bien plus en danger qu'un homme. La rue est un milieu violent en règle générale mais pour les femmes, la dimension sexuelle intervient. »

Tous les jours à la Halte, on sent poindre l'angoisse à mesure qu'approche la fermeture.

Le premier danger qui guette les femmes à la rue, c'est le viol. En 2009, Catherine s'est fait agresser :

« Il était 3 heures du matin et je ne me suis pas rendu compte que j'étais dans un coin dangereux. Des jeunes sont arrivés. L'un d'eux a voulu porter mes valises. Une fois qu'il marchait devant avec mes trois énormes bagages, j'étais obligée de le suivre.

Au bout du compte, il m'a poussée dans une allée, il voulait un rapport sexuel et il a sorti son couteau. J'ai réussi à m'en sortir en laissant deux de mes valises mais il m'a ouvert les deux mains. Ça aurait pu plus mal tourner. »

Catherine n'a pas porté plainte : « Pour ce genre de criminalité, la police ne fait pas d'enquête. »

Des stratégies pour survivre

Selon elle, un des moyens les plus sûrs d'échapper au viol est d'atténuer son aspect féminin. Solange soupire :

« Quand certaines partent d'ici, on dirait des petits fantômes. »

L'animatrice résume très simplement les choses :

« Etre une femme à la rue, c'est être une proie. Donc la première chose qu'elles font en général, c'est de se mettre à côté d'un groupe d'hommes pour chercher protection. » (Ecouter le témoignage de Solange et Rodrigue)

Rodrigue poursuit :

« Et même dans cette situation-là, ça reste fragile parce que les bonnes intentions de départ peuvent évoluer vers des situations difficiles à gérer. Il peut y avoir des risques de viol dans un groupe. Même en étant protégée par le groupe. »

A deux pas de la Halte se trouvent la gare de Lyon et la place Henri-Frenay, qui lui est attenante. La journée, la place vit au rythme des restaurants, des voyageurs et des fans de rollers mais « après 22 heures », explique Solange, « on déconseille aux femmes d'y rester. Il y a beaucoup de monde place Frenay, et aucune sécurité ».

De nombreux groupes d'hommes extrêmement alcoolisés y dorment tous les soirs. Solange ajoute :

« On leur explique qu'elles sont plus en sécurité devant un commissariat ou à l'hôpital. Il y a l'hôpital Saint-Antoine juste à côté. Il est préférable qu'elles passent la nuit aux urgences. Elles sont assises sur une chaise mais au moins, elles ne sont pas dehors. »

Mais « avec les beaux jours, les hôpitaux sont moins tolérants avec les SDF », modère Catherine.

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Les petits Fantômes (Ilustrations Champagne-Volpi)

A l'abri en échange d'une prostitution informelle

Depuis qu'elle vit dehors, Marion, 24 ans, se méfie des bandes et des amitiés de rue qui tournent mal : « Avoir des amis, c'est pas la peine, si c'est pour qu'ils deviennent tes ennemis… » Elle évite la place Frenay comme la peste et préfère dormir dans les bus de nuit.

La jeune femme ne jure que par son « amoureux », un Afghan rencontré dans un centre social il y a un an :

« Lui a mis six ans pour venir en France. Il est venu à pied. »

Depuis qu'elle l'a rencontré, il est devenu son protecteur.

Marion s'estime plus chanceuse que bon nombre de ses copines qui, la nuit venue, se mettent à l'abri en échanges de faveurs sexuelles.

Pour Solange, la logique est élémentaire :

« C'est une sorte de protection : je suis à l'abri et je ne suis pas dehors, je dois payer cette protection. […] Il y a des femmes qui nous disent qu'elles préfèrent ça plutôt qu'être à la rue. » (Ecouter le témoignage de Rodrigue et Solange)

Marion l'a constaté sur certaines de ses amies, cette prostitution informelle s'accompagne souvent de blessures morales et d'une image de soi calamiteuse :

« Il y en a qui se sont laissées aller et qui couchent. Y en a qui s'en fichent de leur vie. Qui se disent “Autant que je fasse le trottoir pour gagner un peu d'argent. J'ai plus rien à gagner ni à perdre dans cette vie.” […] Il y en a certaines que ça blesse. Pour une fille, ça la salit. » (Ecouter le témoignage de Marion)

De nombreuses femmes se contentent de jongler avec leurs connaissances pour dormir à l'abri. Rodrigue observe :

« C'est toute une stratégie qu'il faut pouvoir mettre en place. Souvent, les femmes qui en sont capables sont celles avec qui on peut essayer de construire des choses. »

« Je tiens pour mon copain »

Marion, elle, trouve la force de tenir grâce à son amoureux. A court de crédit sur sa carte prépayée, elle cherche des téléphones portables à emprunter pour le joindre. « Mon homme m'interdit de faire la manche. » Il paie aussi quelques nuits d'hôtel et lui donne 5 euros quand elle n'a plus de quoi manger. Parfois, il lui est impossible de la « dépanner », alors elle retourne mendier à son insu.

« Je tiens pour mon copain. On compte se marier. C'est lui qui m'a remonté le moral. J'avais perdu confiance en moi, je voulais me tuer et puis je l'ai rencontré. […] Sinon, à 24 ans, je serais comme les clochards qui puent et qui ne font plus attention à leur vie » (Ecouter le témoignage de Marion)

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Source: Rue89

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 12:02
En cette période estivale, pas toujours synonyme de vacances, nous rappelons les obligations des employeurs et les recommandations pour protéger les salariés des effets de la canicule. Voir ci-dessous des extraits de la fiche du "plan canicule 2011" concernant les travailleurs (Source : Ministère de la Santé ).

 

Les employeurs sont tenus, en application des articles L 4121-1 et suivants du Code du travail, de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs-euses de leurs établissements, en tenant compte des conditions climatiques :

 

- Évaluer le risque « fortes chaleurs » lié aux ambiances thermiques (température, hygrométrie…), actualiser le « document unique » (article R 4121-1 du code du travail) et établir un plan d’action de prévention de ce risque ;

 

- Depuis le 1er janvier 1993, les constructions nouvelles devant abriter des locaux affectés au travail, doivent permettre d’adapter la température à l’organisme humain pendant le travail, compte tenu des méthodes de travail et des contraintes physiques supportées par les travailleurs (article R.4213-7 du code du travail) ;

 

- Prévoir l’installation d’un local, l’utilisation d’un local existant ou des aménagements de chantier pertinents pour accueillir les travailleurs du chantier lors des pauses liées aux interruptions momentanées de l’activité (article R 4534-142-1 du code du travail) ;

 

- Solliciter le médecin du travail pour qu’il établisse un document, à afficher dans l’entreprise en cas d’alerte météorologique, rappelant les risques liés à la chaleur, les moyens de les prévenir et les premiers gestes à accomplir si un salarié est victime d’un coup de chaleur ;

 

- Des documents (brochures, affiches, dépliant « travail et chaleur d’été »…) sont mis en ligne par l’INRS sur son site Internet www.inrs.fr. L’accès au site est gratuit et les documents sont téléchargeables. Brochures et affiches destinées aux entreprises peuvent également être demandées aux services prévention des Caisses régionales d’assurance maladie (CRAM), à l’OPPBTP et autres organismes de prévention. Voir également les documents élaborés par l’INPES (« fortes chaleurs et canicule ») ;

 

- Afficher les recommandations à suivre, prévues au niveau du plan d’action ;

 

- Dans les locaux à pollution non spécifique, c’est à dire ne faisant pas l’objet d’une réglementation spécifique, l’aération doit avoir lieu soit par ventilation mécanique, soit par ventilation naturelle permanente ;

 

- Prévoir une organisation du travail permettant de réduire les cadences si nécessaire, d’alléger les manutentions manuelles, etc ;

 

- Prévoir une organisation du travail permettant au salarié d’adapter son rythme de travail selon sa tolérance à la chaleur ;

 

- Vérifier que les adaptations techniques permettant de limiter les effets de la chaleur ont été mises en place ;

 

- Vérifier que la ventilation des locaux de travail est correcte et conforme à la réglementation ;

 

- Prévoir des aides mécaniques à la manutention ;

 

- Prévoir une surveillance de la température ambiante des lieux de travail ;

 

- S’assurer que le port des protections individuels est compatible avec les fortes chaleurs ;

 

- Informer et consulter les Comités d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et les autres institutions représentatives du personnel sur les recommandations à mettre en oeuvre en cas d’exposition aux fortes chaleurs ;

 

- Prévoir éventuellement des mesures correctives sur des bâtiments ou locaux existants (stores, volets, faux plafonds, rafraîchissement d’ambiance, ventilation forcée de nuit, films antisolaires sur les parois vitrées etc..)

Plus particulièrement PENDANT UNE VAGUE DE CHALEUR, ils doivent :

- Informer tous les travailleurs des risques, des moyens de prévention, des signes et symptômes du coup de chaleur (document établi par le médecin du travail notamment) ;

 

- Mettre à la disposition des travailleurs de l’eau potable et fraîche pour la boisson (article R.4225-2 du code du travail) ;

 

- Dans les locaux fermés où le personnel est amené à séjourner, l’air doit être renouvelé de façon à éviter les élévations exagérées de température, les odeurs désagréables et les condensations (article R.4222-1 du code du travail) ;

 

- Pour ce qui concerne les postes de travail extérieurs, ceux-ci doivent être aménagés de telle façon que les travailleurs soient protégés, dans la mesure du possible, contre les conditions atmosphériques (article R.4225-1 du code du travail) telles que les intempéries (prévoir des zones d’ombre, des abris, des locaux climatisés…) ;

 

- Sur les chantiers du BTP, les employeurs sont tenus de mettre à la disposition des travailleurs trois litres d’eau, au moins, par jour et par travailleur (article R. 4534-143 du code du travail) ;

 

- Sur les chantiers du BTP, l’employeur met à la disposition des travailleurs un local permettant leur accueil dans des conditions préservant leur santé et leur sécurité en cas de survenance de conditions climatiques susceptibles d’y porter atteinte. A défaut d’un tel local, des aménagements du chantier doivent permettre la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs dans des conditions équivalentes (article R. 4534-142-1 du code du travail) ;

 

- Mettre à la disposition des personnels des moyens utiles de protection (ventilateurs d’appoint, brumisateurs d’eau minérale, vaporisateurs d’humidification, stores extérieurs, volets…) ;

 

- Adapter les horaires de travail dans la mesure du possible : début d’activité plus matinal, suppression des équipes d’après midi… ;

 

- Organiser des pauses supplémentaires et/ou plus longues aux heures les plus chaudes, si possible dans une salle plus fraîche ;

 

- Inciter les travailleurs à se surveiller mutuellement pour déceler rapidement les signes ou symptômes du coup de chaleur et les signaler à l’employeur et au médecin du travail ;

 

- Installer des sources d’eau potable fraîche à proximité des postes de travail et en quantité suffisante ;

 

- Vérifier que les adaptations techniques permettant de limiter les effets de la chaleur ont été mises en place et sont fonctionnelles ;

 

- Fournir des aides mécaniques à la manutention ;

 

- Surveiller les ambiances thermiques des lieux de travail (température…).

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 19:27

Défilé en honneur du Maquis dans la manifestation du 14 Avril 2011

 

Honneur au Maquis

Le 10 mars dernier, on célébrait les 46 ans de la mort de José Castro Veiga, et l'on considère cet assassinat comme marquant la fin de l'action des maquis, bien qu'ils aient pratiquement disparus dès 1952, après que le PCE (Parti Communiste Espagnol, ndlr) révisionniste de Carrillo et de la Pasionaria (Dolores Ibarurri, ndlr) ait trahi ceux qui luttaient en les obligeant à se replier sans presque plus aucun appui. Ces gens qui luttaient furent capables de développer des activités révolutionnaires pendant plus de 25 ans.

Des gestes héroïques comme l'invasion du Val d'Aran resteront dans la mémoire révolutionnaire de notre peuple, l'opération baptisée « Opération reconquête de l'Espagne », représenta ce qui s'est fait de plus brillant et de plus héroïque dans l'histoire de la lutte de notre peuple contre le fascisme.

Rappelons quelques uns des noms de ces révolutionnaires héroïques : Manuel Girón, Marcelino de la Parra, Quico Sabaté, Ramón Vila, José Castro Veiga, et nous pourrions continuer jusqu'à nommer des milliers d'antifascistes qui participèrent à l'AGE et à l'invasion du Val d'Aran. Nous ne pouvons pas oublier leur lutte, nous devons nous en souvenir, les honorer et apprendre de leur expérience.
Comme nous ne pouvons pas non plus oublier les miliciens, les soldats et les civils qui furent perdus dans les entrailles de la guerre national-révolutionnaire contre le fascisme, en mettant en évidence ce qui nous touche de plus près, la défense de Madrid.

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Ensuite, il est nécessaire de se souvenir des camarades qui laissèrent leur peau dans la lutte clandestine contre la dictature, comme par exemple José Humberto Baena, José Luis Sánchez Bravo et Ramón García Sanz, du FRAP (Front Révolutionnaire Antifasciste et Patriote, ndlr); et Juan Paredes Manot et Ángel Otaegui, de la gauche indépendantiste basque. L'image de ces camarades est celle de révolutionnaires exemplaires, une image qui jure avec celle que l'on essaye de nous vendre dans les médias bourgeois del típico “melenas progre” qui se manifeste par la démocratie et contre la violence; et « réussit » dans ce qui s'appela la Transition, finissant même par accepter publiquement le drapeau sang et or comme le sien. Ceux-là même qui sortirent avec le drapeau sang et or, renonçant à toute notre histoire de lutte, n'étaient rien de plus que des traitres à la classe ouvrière.

Mais nous ne voulons pas nous en tenir au passé comme simple revendication commémorative, la lutte révolutionnaire doit continuer de se nourrir des expériences passées. Car le système qui nous opprime est toujours le même, le capitalisme, et l'état espagnol est la suite de la dictature. La transition ne fut pas la rupture qu'elle aurait dû être, au contraire, elle supposa le triomphe du « continuisme », preuve en est que nous continuons avec le même système économique capitaliste, et même si la conscience du peuple n'est plus au même niveau qu'auparavant, ils continuent de réprimer de manière brutale les forces populaires; il n'y a qu'à regarder la situation en Euskal Herria (Pays-Basque, ndlr), la répression des conflits sociaux et l'existence de prisonniers politiques communistes.

Aujourd’hui le 14 Avril, à l'intérieur de la manifestation pour la IIIème République, nous allons réaliser un défilé en Honneur du maquis, mais pas seulement commémoratif, nous le faisons dans la perspective d'honorer et de continuer leur lutte, la lutte de la classe ouvrière.

 

HONOR Y GLORIA A LOS COMBATIENTES

 

(Traduit du site Reconstruccion Comunista: http://reconstruccioncomunista.blogspot.com/)

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 13:33

Communiqué du Courant syndicaliste Révolutionnaire.

 

Les résultats électoraux du FN après les élections cantonales laissent présager une possible présence du FN au second tour des présidentielles de 2012. De nouveau, on nous appellera au « sursaut républicain », à « l’Union sacrée pour défendre la démocratie ». De nouveau, les syndicalistes sont désemparés : comment est-ce possible ? Que doit-on faire ?

De nouveau, il faut rappeler les évidences : la montée du vote FN parmi les classes populaires résulte de la situation sociale, conséquence des politiques de tous les gouvernements qui, depuis 30 ans, ont appliqué des mesures faites pour faciliter l’exploitation maximale des travailleurs-euses par les classes bourgeoises.

Nouvelle stratégie syndicale du FN : l’entrisme ?

Ces élections ont aussi été l’occasion pour le FN de mettre en avant sa nouvelle stratégie syndicale. Après les échecs de création dans les années 90 de syndicats estampillés « FN », après l’échec de candidatures FN aux élections prud’homales de 2008, ce parti a décidé de mettre en avant des militants ayant des responsabilités syndicales.

C’est un choix délibéré, en sachant parfaitement les réactions que cela allait provoquer : des exclusions. Le but est double : mettre au devant de la scène médiatique le FN et sa présidente avant les élections ; faire apparaître le FN comme un parti proche des travailleurs, doté d’un programme social.

Les réactions dans le syndicalisme

Les exclusions des syndicats de militants du FN se dévoilant publiquement, voire des syndicats qui les cautionnent sont salutaires. Elles montrent au FN qu’il aura des difficultés pour construire une tendance « frontiste » dans le mouvement syndical actuel. Son association : le Cercle National de Défense des Travailleurs Salariés ne réussira pas à peser sur le salariat, et ne pourra se transformer en syndicat. Toutefois le syndicalisme de classe se doit d’être intransigeant face à l’utilisation de ce cercle comme embryon d’une tendance intersyndicale.

Notre première réaction doit donc être dirigée contre les militants FN et autres groupes d’extrême droite tentant de faire de l’entrisme. La seconde réaction doit être de sensibiliser les syndiqués qui, de plus en plus nombreux, partagent la thèse centrale du FN, celle de la préférence nationale. Elle consiste à « former les adhérents », « leur expliquer que le FN est l’ennemi des travailleurs »,… Cela dit, l’état des forces du syndicalisme actuellement rend impossible la formation de masse de ses adhérents, sans parler des millions de salariés non syndiqués. Cette orientation, certes nécessaire, risque d’être inefficace car elle ne s’attaque pas au fond de la question.

Redonner une perspective politique anticapitaliste au syndicalisme

C’est fondamentalement la désespérance et l’absence de perspective politique qui expliquent cette montée et un possible enracinement du FN parmi les travailleurs. C’est l’échec de la politique électoraliste des organisations politiques anticapitalistes qui ont eu une base de masse dans le prolétariat, comme le PCF, ou une présence bien moindre pour d’autres (l’extrême gauche : LO, NPA, POI,…). Et c’est au final l’échec du syndicalisme de classe qui a sous-traité depuis 90 ans aux partis politiques, censés représenter les travailleurs-euses, son projet politique d’origine inscrit dans la Charte d’Amiens de la CGT en 1906 : le syndicalisme comme outil, non seulement de lutte quotidienne pour améliorer le sort des prolétaires, mais aussi d’émancipation pour construire une société socialiste à l’échelle mondiale.

 

OUI, le syndicalisme de classe est légitime pour défendre une véritable perspective politique, strictement à l’opposé de la cuisine électorale. Cela veut dire qu’il est légitime pour poser la question centrale de toute société : quelle est la classe sociale qui doit diriger ? Celle qui crée les richesses et qui représente l’immense majorité de la population ou celle minoritaire qui l’exploite (les capitalistes et les élites sociales bourgeoises) ?

 

OUI, le syndicalisme de classe est légitime pour affirmer qu’il dispose, étant la seule organisation naturelle des travailleurs-euses, des outils nécessaires pour construire cette société socialiste et anticapitaliste, pour détruire l’exploitation, la domination, les guerres, pour empêcher la destruction de l’environnement,…

 

Ces outils, il les a construits depuis plus d’un siècle :

- ses bourses du travail que sont aujourd’hui les unions locales et départementales. Elles représentent la solidarité interprofessionnelle des créateurs de richesses. Elles sont les outils pour gérer localement la répartition des richesses, les services publics et décider du développement d’activités utiles au plus grand nombre (coopératives, activités de sociabilités autonomes à la société de consommation,...).

- ses syndicats locaux de branche : solidarité des travailleurs de la même branche mais d’entreprises différentes, afin d’en finir avec le "patriotisme d’entreprise". Unis dans leurs fédérations nationales de branche, leur but final est de gérer les entreprises et les services publics en tenant compte des intérêts de l’immense majorité. En coopérant avec les fédérations de branche d’autres pays, ils pourront décider de la répartition de la production des richesses au niveau mondial. Ils pourront ainsi garantir la solidarité internationale de tous les travailleurs, quelque soit le pays dont ils viennent, et quelque soit le pays où ils travaillent, garantissant les bases de l’égalité.

- recréer et renforcer des organisations qui s’occupent de la vie des travailleurs en dehors du travail : la santé, le logement, la culture, le sport, la consommation, l’entraide,… Ces organisations permanentes (mutuelles, associations de consommateurs et de locataires, clubs populaires sportifs, coopératives, sécurité sociale…) doivent permettre de combattre les effets du capitalisme dans tous ces domaines, de construire une contre-culture et un autre type de vie que le "tout consommation". C’est possible si elles sont en relation permanente avec les unions locales, les syndicats et les fédérations de branche. Elles permettront alors de créer des liens sociaux anticapitalistes, redonnant de l’espoir par la solidarité quotidienne.

- une confédération syndicale de classe coordonnant le tout pour planifier la production et la répartition des richesses. Il reviendra alors aux travailleurs, avec ces outils, de décider : que produire ? comment le produire ? avec quoi le produire ? où le produire ?

 

Sur ces bases, qu’il n’aurait jamais dû quitter, le syndicalisme de classe sera alors capable d’assurer l’unité des travailleurs. En effet, conscients que l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, nous devons construire nos propres outils pour qu’enfin le socialisme ne soit pas un vain mot exploité et dévoyé par des groupements politiques, philosophiques et religieux.

La bataille pour l’unification du syndicalisme de classe est bien une priorité pour redonner une perspective anti-capitaliste. Ainsi, le désespoir et l’absence de perspective d’une vie meilleure seront alors combattus avec autre chose que des mots ronflants et des déclarations de larmoyantes. Cette orientation, l’auto-organisation pour notre projet politique, le Socialisme, nous donnera les outils pour mener la véritable bataille contre l’extrême droite. Les partis qui portent le slogan de la préférence nationale, arme de guerre contre tous les travailleurs, trouveront un ennemi de taille capable de les abattre car menant l’affrontement sur son propre terrain et ayant sa propre stratégie.

Tous ces outils d’émancipation, le syndicalisme de classe les possède déjà, même s’ils sont en plus ou moins bon état. C’est au renforcement et à l’amélioration de ces outils, dans une seule confédération de classe, que nous devons nous atteler sans tarder.

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 14:49

Comité de Solidarité avec le Peuple Basque: http://cspb.unblog.fr/

 

151 + 600 = 751 prisonnières et prisonniers politiques basques

(soit environ 15000 à l'échelle de l'Etat français)…

Gramont

 

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- STATUT POLITIQUE :

- Non à la torture et aux traitements cruels : Non à l'isolement et non aux raclées!

- Droit à la santé : liberté pour les prisonniers souffrant des maladies graves.

- Droit à la communication : pas d'intervention et pas de limitation !

- Droit à la langue : Droit de vivre en euskara.

- Droit à l'éducation : non aux obstacles pour pouvoir étudier.

- Droit au regroupement en Euskal Herria.

- Droit à s'organiser.

- Reconnaissance de l'interlocution.

- Droit à avoir des contacts avec les différents agents.

- Droit à prendre part dans tous les débats et accords politiques.

 

ETAT FRANÇAIS

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AIX LUYNES

Maison d’arrêt

13085 Aix-en-Provence Cedex

Lopez Anta, Angel 63 067

 

ARLES

M.A. - rue Nicolas Copernic - BP 241

13637 Arles Cedex

Elorrieta Sanz, Ibon 54

Lopez de Bergara Astola, Iñaki 52

 

BOIS D’ARCY

MA Bois-d’Arcy 5 bis rue Alexandre Turpault

78390 Bois-d’Arcy

Esparza Ortega, Iker 75 515

Garate Galarza, Luis Enrique 75 738

Garitagoitia Salegi, Iurgi 75 707

Iparragirre Galarraga, Iker 72 281

Iriondo Yarza, Aitzol 74 735

Saavedra Martinez, Albert 67 294

 

BORDEAUX - GRADIGNAN

MA Bordeaux - Gradignan, 17, rue de Chouiney -

BP 309 - 33176 Gradignan

Agudo Manzisidor, Joseba 68 663

Alcantarilla Mozota, Peio 61 041

Eizagirre Uranga, Julen 68 626

Sagarzazu Gaztelumendi, Ramon 59 579

MAF

Aramendi Landa, Marian 68 622

 

CHATEAUROUX

MA. de Chateauroux - 8, rue Alfred de Musset

B.P. 549 - 36021 Chateauroux Cedex

Negrete Ortega, Mikel 6 960

Saint Pee, Jean Marie 7 854

 

CLAIRVAUX

CP - 10 310 Ville-sous-la-Ferté

Figal Arranz, Agustin 10 249

Kortazar Garcia, Aitor 10 455

Oiarzabal Txapartegi, Asier 10 420

 

DRAGUIGNAN

C.P. - 395 Av Pierre Brossolette - BP 297

83008 Draguignan cedex

Campo Barandiaran, Jose Luis 23 899 (CD316)

 

FLEURY MEROGIS

MA- Allée des Peupliers

91705 Sainte-Geneviève-des-Bois Cedex

Agirre Goñi Ekaitz 359 054 B - D2

Aguirrebarena Ibai 374 469 G - D2

Akarregi Casas, Alex 371 856 S

Alkalde Etxeandia, Gotzon 347 264 M-D5

Almandoz Erbiti, Mikel 348 629 V-D2

Aranibar Almandoz, Joseba Antton 359 055 C- D5

Arozena Eizagirre, Haimar 355 661P-D5

Arruabarrena Carlos, Jabi 374 360 -D5

Astiz Arangoa, Ugaitz 369 790W- D2

Bengoa Lopez de Armentia, Asier 362 959 - D5

Beyrie Xan 378 848 -D1

Bilbao Aresti, Eneko 353 998 F-D5

Cardaño Reoyo, Aingeru 359 053 A - D1

Elizaran Aguilar, Aitor 376 473 K - D1

Errasti Goni, Zuhaitz 376 615 Q-D5

Estevez Paz, Juan Carlos 331 354 T-D2

Etchegaray Eneko 374 470 H-D1

Etxaburu Artetxe, Aitzol 375 338B-D2

Garcia Gonzalez, Jose Juan 359 242 F-D2

Garmendia Lakuntza Alberto 372 208 Z-D1

Igartua Etxeberria, Igor 358 542 V-D1

Iribarren, Iñaki 377 897 H-D2

Larretxea Mendiola, Joanes 376 298 V

Lopez de Lacalle Gauna, Alberto 366 502 X-D1

Lopez Peña, Xabier 366 077 K-D1

Lorente Bilbao, Aitor 360 507 F-D2

Palacios Aldai, Gorka 325 327 S-D1

Rubenach Roiz, Jon 326 926 E-D5

Salaberria Sansinea, Jon 366 076 J-D2

Sansebastian, Beñat 355 143 A-D1

Suberiola Zumalde, Igor 366 075 H-D5

Zeberio Aierbe, Josetxo 329 423 U-D2

MAF

Alkorta Zabaleta, Ekai 377 340 E

Areitio Azpiri, Alaitz gei Eihar umea 358 367 E

Bernado Bonada, Marina 353 922 Y

Comes Arranbillet, Olga 367 529 P

Cornago Arnaez, Galder Bihotz 359 557 Y

Chivite Berango, Mercedes 329 018 D

Etxeberria Simarro, Leire 353 837 F

Garmendia Marin,Ohiana 374 359 N 4F

Goirizelai Gonzalez Christina 355 112 S

Legorburu Madinabeitia, Itxaso 372 882 G

Lopez Zurutza, Leire 372 041

Ozaeta Mendikute, Ainhoa 366 074 G

Plaza Fernandez, Itziar 374 574 W

San Vicente Saez de Zerain, Oihana 376 472

 

FRESNES

Maison d’arrêt - Allée des Thuyas

94261 Fresnes cedex

Abad Urkixo, Patxi 911 846 D2

Albisu Iriarte, Mikel 929 159 D3

Eskizabel Urtuzaga, Peio 941 682

Ezeiza Aierra, Asier 938 938 D3

Gainza Salinas, Urtzi 923 022 D2

Garro Perez, Zigor 928 123 D2

Gonzalez Gonzalez, Jon 912 051 D2

Goyty, Gilen 944 346 D2

Iruretagoiena Lanz, Luis 933 266 D3

Mateo Esparza, Ibai 944 477 D1

Matxain Beraza, Alberto 945 144 D1

Mendinueta Mintegi, Iurgi 946 103 D2

Mendizabal Mugika, Ekain 928 122 D3

Merodio Larraona, Zigor 925 110 D1

Olza Puñal, Mikel 940 707-D1

Rodriguez Aretxabaleta, Liher 932 189 D2

Salsamendi Abad, Zorion 935 755 D1

Sueskun Gonzalez, Ibai 946 078

MAF

Aramendi Jaunarena, Alaitz 942 466

Gil de San Vicente Gurrutxaga, Kiskitza 925 109

Iparragirre Genetxea, Marixol 929 121

Madaras Orueta, Oihana 944 475

Mendizabal Mujika Idoia 921 125

Uruburu, Eder

Zaldua Iriberri, Miren Itxaso 936 417

 

JOUX-LA-VILLE

Centre de détention - La Poste aux Alouettes

89 440 Joux-la-Ville

Aginako Etxenagusia, Asier 10 156

Beyrie, Lorentxa 10 141

Coello Onaindia, Aitziber 10 142

 

ILE DE RÉ

Maison centrale - La Caserne (E2)

17410 Saint Martin de Ré

Esnal, Jakes 14 207

Illaramendi Zabaleta, Mikel 14 309

Karasatorre Aldaz, Juan Ramon 14 337

Letona Biteri, Igor 14 322

Saez de Egilaz Murgiondo, Carlos 14 231

 

LA SANTE

MA- 42, rue de la Santé

75014 Paris

Aspiazu Rubina, Garikoitz 290 191- D1

Garcia Justo, Aitor 280 234- D1

Gutierrez Elordui, Borja 289 244 - D2

Maiza Artola, Juan Cruz 288 704 J

Mendizabal Cubas, Iker 288 666 D1

Preciado Izarra, Jon Kepa 282 097 D2

Sarasola Yarzabal, Andoni 291 268 D2

Sirvent Auzomendi, Ekaitz 290 744

Ugartemendia Isasa, Jose Manuel 285 039 D2

 

LANNEMEZAN

CP- Rue des Saligues -BP 166

65307 Lannemezan Cedex

Agerre, Didier 1 993

Esparza Luri, Inaki 2 199

Fernandez Iradi, Ibon 2 157

Haranburu, Frederic 1 594

Lete Alberdi, Jose Ramon 2 030

Zabalo Bilbao, Armando

 

MARSEILLE LES BAUMETTES

213, Chemin de Morgiou

13009 Marseille

MAF

Gallastegi Sodupe, Lexuri

 

MEAUX-CHAUCONIN-NEUFMONTIERS

CP Meaux Chauconin - Route de Meaux

77124 Chauconin Neufmontiers

Arietaleaniz Telleria, Iñaki 6 779

Beristain Gutierrez, Iker 5 246

Goitia Abadia, Oier 4 744

Uriarte Cuadrado, Alexander 6039

Zubizarreta Lizundia, Urtzi 1187 MAD

 

MOULINS-YZEURE

Les Godets - BP 24

03401 Yzeure Cedex

KONDENATUAK (M.C)

Abaunza Martinez, Javier 13 007

Geresta Azurmendi, Ander 10 258

Lizundia Alvarez Iñaki 12 769

 

MURET - CD

CD -Route de SeyssesBP 312

31600 Muret

Parot, Jon 8 613

Rego Sebastian, Iñaki 8 739

 

MURET SEYSSES

Zone industrielle du Segla - rue Danielle Casanova

BP 85 - 31063 Muret cedex

Agudo Manzisidor, Joseba 14 877

 

NANTERRE

MA des Hauts de Seine- 13 av. Commune de Paris-

BP 1414 - 92014 Nanterre Cedex

Agirre Garcia, Harriet 32 988

Barandalla Goñi, Oihan 28 894

Borrero Toribio, Asier 32 256

Martitegi Lizaso, Jurdan 31 871

 

OSNY

MA du Val d’Oise-Rte Dép. N927 BP32 Osny

95524 Cergy Pontoise Cedex

Azpitarte Rejado, Gorka 47 099

Gisasola Olaeta, Arnaltz 42 130

Iurrebaso Atutxa, Jon 44 136

Martinez Bergara, Fermin 42 956

Segurola Kerejeta, Joseba 42 769

Soria Valdemarra, Inocencio 46 743

Suarez Huarte, Kepa 44 137

Zarrabeitia Salterain, Eneko 46 553

 

POISSY

Maison Centrale 17, rue de l’Abbaye

78300 Poissy

Gogorza Otaegi, Aitzol 11 165

Otxoantesana Badiola, Jon Aingeru 11 661

Segurola Maioz, Patxi 11 410

Vicario Setien, Gregorio 11 498

 

RENNES

MA Rennes - 56 Bd Jacques Cartier - BP 3106 -

35031 Rennes Cedex

Alberdi Zubirrementeria, Ane Miren 6 994

Gimon Lorentxa

Lopez Resina Maria Dolores 7 075

Perurena Pascual, Argi 6 411

Somoza Chamizo, Lorena 7 142

 

SAINT MAUR

Maison centrale - Bel Air

36255 Saint-Maur cedex

Atxura Egurola, Julen 4 116

Bienzobas Arretxe, Jon 4 411

Elizegi Erbiti Inigo 4 403

Ilundain Iriarte, Alberto 4 262

 

SALON de PROVENCE

CD - BP 369

13668 Salon de Provence Cedex

Altuna Ijurko, Haimar 9 078 T

Ginea Sagasti, Josu 8 176

 

CD TARASCON

Quartier Radoubs - BP 82

13155 Tarascon cedex

Aranguren Urroz, Asier 9 333

Martin Hernado, Txus 7 807

Saenz Olarra, Balbino 8 410

 

TARBES

M.A. - 17, rue Eugène Tenot - BP 1332

65013 Tarbes Cedex

Arano Urbiola, Jose Ramon 10 256

TOULON LA FARLEDE

Centre pénitentiaire - Route de la Crau

Quartier Castille - BP 543 - 83041 Toulon cedex 9

Orbe Sevillano, Zigor 5 902R

Sagarzazu Gomez, Candido 7 140

Troitino Ciria, Jon 6 456

 

VAL-DE-REUIL

C.D. Les Vignettes - Chaussée de l’Andelle

27107 Val-de-Rueil cedex

Esparza Ortega, Joseba 6 300

 

VERSAILLES

Maison d’arret - 28, Av de Paris

78000 Versailles

Juarros Ruiz de Gordejuela, Maite 9 532

Sanchez Iturregi, Saioa 10 403

 

VILLEFRANCHE-SUR-SAÔNE

CD - Rue Lavoisier - BP 482

69665 Villefranche-sur-Saône

Gonzalez Bilbatua, Oier 19 402

Vallejo Franco, Iñigo 20 465

 

VILLEPINTE

M.A. de Saint-Denis

93422 Villepinte cedex

Artetxe Rodriguez, Aitor 21 524

Larrañaga Altuna, Mikel 15 754

Mujika Andonegi, Ander 19 015

Ripoll Estarta, Iñigo 20 544

 

A LAMA

CP Monte Racelo, s/n

36 830 A Lama (Pontevedra)

Zabaleta Elosegi, Jose Javier (Baldo)

 

CADIZ

CP PUERTO I, Apartada 555 entrada de Jerez rota

km 5 - 11500 Puerto de Santamaria

Saez Arrieta, Arkaitz

 

CADIZ

CP PUERTO III - Aptdo 555 - Ctera Madrid-Cadiz-km 6

11500 El Puerto de Santa Maria

Gramont, David

Parot, Unai

 

DAROCA

Centro penitenciario de Cumplimiento de Daroca

Carretera de Nombrevilla - 50360 Daroca-Zaragoza

Zarrabe Elkoroiribe, Mikel

 

OCANA I

Centro Penitenciario - c/Mártires de Ocaña, 4

45300 Ocaña - Toledo

Gomez Larrañaga, Aratz

 

VALENCIA

CP Valencia II - Apdo 1002

Carretera N-340 km 225 - 46220 Valencia

Esnal, Juantxo

 

ZUERA

CP Carretera nacional 330 - km 539

50 800 Zuera (Zaragoza)

Arkauz Arana Josu

   

 

 

 

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