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  • : PEAUX-ROUGES Limoges
  • PEAUX-ROUGES Limoges
  • : Site d'information des Redskins de Limoges, collectif antifasciste informel et contre-culturel. Nous avons la conviction que si la première étape de la lutte antifasciste se joue bel et bien sur le terrain des idées, l'échéance suivante sera celle de la confrontation physique. Notre objectif est donc de sensibiliser les organisations et personnes à la nécessité de se préparer mentalement et physiquement contre le fascisme. mail: peaux_rouges@yahoo.fr
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 19:53

L’Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) est une association de gauche, créée en 1917 (réunissant dans l’entre-deux-guerres des militants socialistes de la SFIO, mais surtout communistes du PCF et syndicalistes de la CGT-U, anciens combattants).

Ce qui va le plus nous intéresser ici c’est la période autour de 1926, quand l’ARAC lance le 19 mai les « Groupes de Défense Antifasciste » (GDA) en même temps que son corollaire les « Jeunes Gardes Antifascistes » (JGA) sont fondées par les Jeunes Communistes au sein de l’ARAC. Le contexte s’y prête, il y a de la tension dans l’air depuis quelques années. Le Faisceau de Georges Valois se crée en novembre 1925,  son unité paramilitaire « faisceau des combattants » qui regroupe alors 5000 membres connait un développement rapide et atteint 60 000 membres fin 1926, ce qui inquiète la gauche et les syndicats. Des piquets de grève, des meetings de gauche et syndicaux se font attaquer par des nervis d’extrême-droite, l’agitation des jeunesses patriotes et des camelots du roi est à son apogée. Les syndicalistes révolutionnaires ripostent et appliquent les consignes de l’Internationale Syndicale Rouge (ISR) qui consistent à « préparer la confrontation physique avec le fascisme »,  « assurer l’autodéfense ouvrière » et « prendre possession de la rue » (résolutions du 4ème congrès). En réponse donc aux exactions fascistes, des meetings d’extrême-droite se font attaquer un peu partout comme à Epinal le 21 novembre 1925, à Loche le 5 décembre et à Saint-Etienne le 7 février 1926.

C’est dans ce contexte, avec la prise de conscience de la montée du fascisme et de sa violence politique, et dans le souci de répondre à l’appel de l’ISR et de l’Internationale Communiste (dont les consignes sont données dès septembre 1924) que l’ARAC, forte de 20 000 anciens combattants, se dote d’une structure paramilitaire de lutte contre l’extrême droite : les Groupes de Défense Antifasciste. Ils font leur première apparition et présentation fin mai 1926, salle Huygens, devant une tribune où siège Jacques Duclos. La présence dans la salle d’un représentant du Rotfrontkampferbund (« Front de Combat Rouge », troupes paramilitaires lancées par le Parti Communiste Allemand) est également à remarquer. Une centaine d’hommes alignés militairement, vêtus de vestes bleus ou blousons de toiles vert kaki avec béret noir orné de l’insigne de l’ARAC prennent place. Très vite ils se font remarquer dans des manifestations comme celle du souvenir de la Commune où ils défilent à près d’une centaine en rang devant le Mur des Fédérés et font de même quelques jours plus tard au cimetière Montparnasse. L’organisation annonce 1500 membres GDA en région parisienne. Georges Beaugrand, militant syndicaliste révolutionnaire et communiste, ancien responsable du CSR des abattoirs de la Seine, devient d’ailleurs responsable de la lutte militaire ARAC-GDA dans la région. On estime à près de 5000 les activistes GDA en 1927.

 

Si les GDA et l’ARAC affichent clairement leur proximité avec le Parti Communiste, Jacques Duclos (alors dirigeant de l’ARAC avec son frère) entend bien rallier toutes les bonnes volontés antifascistes venant du syndicalisme de classe et du parti socialiste. Il faut bien comprendre qu’en 1926, il ne s’agit pas encore de la dérive à la fois social-démocrate et gauchiste du PCF des années 34-36 avec la constitution des « fronts populaires » et alliances républicaines. Le PCF est encore fortement marqué par l’héritage syndicaliste révolutionnaire, la grande majorité des dirigeants et figures militantes sont issues des Comités Syndicalistes Révolutionnaires (créés dans les années 1920-21), et la stratégie du front unique antifasciste et de classe est encore de rigueur. Jacques Duclos l’explique d’ailleurs lors d’un discours au meeting de l’ARAC à Paris le 5 janvier 1926 : « c’est dans l’union de tous les antifascistes au sein de l’ARAC, dont les ouvriers et les paysans révolutionnaires constituent l’ossature, que peut se poursuivre notre bataille contre le fascisme ».

Les dirigeants GDA de l’association ARAC assument à ce moment la filiation entre « anciens combattants » et structure militaire de lutte contre l’extrême droite. Même s’il n’est pas forcément nécessaire d’être ancien combattant pour adhérer aux GDA, il s’agit néanmoins de remobiliser ces anciens combattants, encore dans un cadre militaire, mais cette fois au profit de la lutte du prolétariat contre la réaction fasciste, de protéger les institutions de la classe ouvrière (locaux syndicaux, coopératives, Bourses du Travail, Maisons du peuple etc…) et les manifestations du mouvement ouvrier. D’après un rapport de police sur le discours du dirigeant GDA Desphelippon, ce dernier déclare : « Il existe à l’ARAC une discipline militaire qui doit être maintenue pour faire la révolution, 100 hommes organisés en valent 500 non-organisés ». Ce n’est pas sans rappeler l’exemple des Arditi del Popolo, scission antifasciste des associations « Arditi » (anciens combattants et troupes de choc de l’armée italienne pendant la première guerre mondiale) qui cinq ans auparavant menèrent la vie dure aux fascistes mussoliniens. Des anciens combattants qui s’arment de nouveau, mais cette fois, pour la défense de la classe ouvrière, pour le socialisme et contre le fascisme, voilà qui a de quoi faire grincer des dents… ce qui amènera Albert Sarraut, ministre de l’intérieur de l’époque, à prononcer la fameuse phrase : « le communisme… voilà l’ennemi ! ».

L’action des GDA n’est pas pour autant aussi significative et efficace que leurs prédécesseurs Arditi ou que le RotFront. Ils font leur première action à Reims à l’occasion d’un rassemblement du Faisceau le 27 juin 1926. Les 9000 membres du Faisceau présents sont vus comme la tentative d’une marche sur Paris, à l’image de la marche fasciste sur Rome en 1922. Une contre-manifestation communiste réunissant 4000 personnes s’affronte aux fascistes. Des GDA sont venus de Paris pour participer à la démonstration, et leur rôle de sécurité des manifestants au moment de l’affrontement est crucial. Duclos parle de cet évènement comme d’une victoire. En septembre 1926, les GDA assurent la protection d’un meeting antifasciste à Montreuil. En décembre, ils assurent le service d’ordre d’un meeting du comité de défense des victimes du fascisme et de la terreur blanche à la Grange-aux-Belles (maison des syndicats).

Le problème numérique va très vite se poser en raison de l’incapacité à devenir une organisation de masse, et les GDA vont n’avoir que deux années d’apogée (1926-1927). Plusieurs facteurs expliquent ceci. Premièrement, le gouvernement Poincaré mène une certaine « vigilance républicaine » contre la menace montante d’extrême droite, ce qui amène certaines organisations politiques de gauche (parti socialiste-SFIO et radicaux) à adoucir leurs craintes et à ne pas envisager l’adhésion à une auto-défense armée comme les GDA. Deuxièmement, le Faisceau de Valois n’est qu’éphémère, les divergences internes trop grandes concernant la ligne du Faisceau provoquent une disparition aussi rapide que sa constitution. Dans le même temps, les Jeunesses Patriotes cessent leur activisme forcené. Troisièmement, le PCF et la CGT-U (et une frange des libertaires) sont les deux seules organisations qui semblent conscientes de la nécessité d’user de la force contre la montée du fascisme à ce moment-là. Les socialistes SFIO, les radicaux, et la CGT rejettent la proposition de Front Unique de défense antifasciste du PCF et de la CGT-U à Belfort en 1926.

 

Les GDA disparaissent fin 1927, lorsque la direction du PCF (sous la pression de Moscou) décide de créer le « Front Rouge », une nouvelle organisation paramilitaire détachée de la tutelle de l’ARAC et entièrement aux mains du parti, détruisant ainsi le projet de Front Unique. Les quelques GDA restant en 1928 se fondent dans le Front Rouge, mais ce dernier n’aura qu’une existence précaire d’un an, laissant place à l’Organisation des Groupes d’Autodéfense interne au PCF, qui réussira à mener avec les TPPS-SFIO de Marceau Pivert des actions radicales dans la rue contre les fascistes.

Affiche GDA 1926

Affiche GDA 1926

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