Site d'information des Redskins de Limoges, collectif antifasciste informel et contre-culturel. Nous avons la conviction que si la première étape de la lutte antifasciste se joue bel et bien sur le terrain des idées, l'échéance suivante sera celle de la confrontation physique. Notre objectif est donc de sensibiliser les organisations et personnes à la nécessité de se préparer mentalement et physiquement contre le fascisme. mail: peaux_rouges@yahoo.fr
Rencontre avec notre romancier social, un gallois local, qui a récemment commencé à écrire une trilogie parlant de la guerre d'Espagne, du camp de Mauthausen et de la condition féminine dans le système concentrationnaire franquiste après 1939. Le premier tome: Un plat de sang andalou est sorti fin 2008, le deuxième: Nos yeux maudits est sorti fin aout 2010, nous attendons avec impatience le troisième.
David, on le croise depuis 2001 aux concerts, aux manifs, dans la rue, au local Undersounds ou dans les lieux alternatifs, militants et contre-culturels de Limoges, il a tenu l'an dernier une conférence sur Mauthausen organisée par la CNT Supérieur Recherche 87.
Autant donc préciser qu'on le connait tous et toutes et que ses romans étaient attendus. Pour cerner le personnage et ses écrits, il faut comprendre un peu son parcours: Gallois, né en octobre 1959 et fils d'ouvrier, il devient marxiste à 17 ans sous l'influence de l'un de ses professeurs. Après quelques tours dans la tribune Manchester City, il entame des études supérieures où, rencontrant différents groupuscules se revendiquant « marxistes » mais « surtout grande gueules n'y comprenant pas grand-chose », il entame une maitrise de théorie politique marxiste: « Je voulais étudier le vrai du faux au milieu de toutes ces interprétations erronées ».
C'est au même moment que les grandes grèves minières britanniques de 1984 ont lieu et il va très fortement participer aux actions de solidarité étudiants-travailleurs. On le retrouve comme piquet de grève volant dans le Yorkshire pour faire face aux flics et aux jaunes devant les puits.
« Au bout de quelques temps, les mineurs m'avaient adopté comme si j'étais mineur moi-même, j'étais un des leurs, dans les commissions d'organisation, d'action et de liaisons avec les étudiants ». Il partage, se bat pour cette culture de classe, « cette classe ovurière qu'on détruisait devant nous. La population avait conscience du poids des mineurs et savait que l'Angleterre ne s'en relèverait pas ».
En 1986-1989, il par à Florence pour faire un doctorat sur les fascismes italien, français (les ligues d'extrême droite dans les années 1920-30) et allemand, et concilie de brillantes recherches sur la structure organique des camps de concentration et d'extermination nazis (notamment Mauthausen, seul camp classé en catégorie 3) et son activité ultra à la Fiorentina où on le retrouve dans les émeutes nocturnes qui opposent la Fiorentina à la Juventus: « Il y avait beaucoup de nazis à la Juv', mais pas à la Fiorentina ».
De retour en Angleterre, il est au chômage, c'est là qu'il devient romancier, voulant garder la classe ouvrière et le mouvement populaire comme thème dominant de ses écrits. Son premier roman social, Anger's Violin, arrive en 1998, il parle de la grève des mineurs et des dérives de la misère sur fond irlandais. L'éditeur le plaque car son bouquin est beaucoup vendu en Irlande, vertes, mais pas assez rentable dans les autres contrées britanniques, or, « seul le succès en Angleterre compte! ».
Il arrive en France en 2001 et passe une année à l'université de Limoges comme « lecteur en anglais » (il donne des cours de langue et culture anglaise), et écrit le premier roman de la trilogie en 2005, celui-ci ne paraît qu'en 2008, après 28 refus de différentes maisons d'édition.
Pourquoi le thème de la guerre d'Espagne pour tes écrits ?
« La guerre d'Espagne me fascine depuis longtemps, elle fut le théâtre expérimental de la guerre idéologique, de la guerre de classe. Puis ce thème me fait partager et retrouver des sentiments que j'avais éprouvé lors de mon expérience avec les mineurs en grève: sentiment d'incroyable liberté, d'insoumission, de force... puis tôt ou tard on t'impose le réveil, ceux d'en face ont quand même gagné. Ce thème me permet d'écrire également sur les Brigades Internatioanles ou tout du moins de volontaires internationalistes car comme j'étais passé par plusieurs pays et avais étudié dans les langues vivantes étrangères, je pouvais mettre en scène des personnages italiens, allemands, français... en tenant compte deleurs cultures, le histoire, expressions, etc. »
Parle-nous un peu de la trilogie
« Le premier tome se déroule pendant la guerre d'Espagne, des volotnaires communistes arrivent de différents pays pour prêter main-forte aux Républicains contre les fascistes, ils font connaissance dans la ville portuaire d'Almeria en Andalousie. Cette ville résiste tout au long de la guerre (« et c'est historiquement vrai ») du 21 juillet 1936 au 28 mars 1939. Évidemment comme dans tout roman, il y a une histoire d'amour, en l'occurrence là avec une anarchiste espagnole qui va suivre les trois-quatre camarades volontaires (personnages principaux) jusqu'à la fin de la trilogie mais également une histoire d'amour envers ce peuple insoumis, cette ville résistante.
Le deuxième tome "Nos yeux maudits", avec les mêmes personnages, traite de l'exil mais surtout du système concentrationnaire de Mauthausen, l'occasion pour moi de faire part de mes recherches dans ce domaine. J'y dévoile avec la réalité et la précision historique toute la structure, le plan, les possibilités d'évasion mais également tous les noms, grades et places qu'occupaient les nazis internes au camp qui eux n'ont jamais été jugé ou punis, pour que leurs noms pourrissent et l'on n'oublie jamais !
Ce deuxième tome est aussi l'occasion de se lâcher car j'y ai placé un scénario commando (toujours autour des personnages). En somme, on est au croisement de Karl Marx et des Douze Salpards ! (film de 1967 dont Inglorious Basterds, de Tarantino, s'est inspiré).
Le troisème tome portera sur le régime franquiste et otammen la condition des femmes républicaines, communistes, anarchistes dans les prisons fascistes espagnoles, souvent enceintes car violées par ces porcs de vainqueurs... J'y mets également en valeur le contraste entre la joie et l'euphorie; l'insoumission du premier tome et son opposé, avec ce dernier opus, parallèle au contraste enduré pendant les grèves minières britanniques. »
Ses bouquins sont disponibles chez www.quidamediteur.com