Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : PEAUX-ROUGES Limoges
  • : Site d'information des Redskins de Limoges, collectif antifasciste informel et contre-culturel. Nous avons la conviction que si la première étape de la lutte antifasciste se joue bel et bien sur le terrain des idées, l'échéance suivante sera celle de la confrontation physique. Notre objectif est donc de sensibiliser les organisations et personnes à la nécessité de se préparer mentalement et physiquement contre le fascisme. mail: peaux_rouges@yahoo.fr
  • Contact

Radio

Liens locaux

  nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

Liens nationaux/Internationaux

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:54

 

Ce texte part de ce qui s'est passé dans le quartier de la Boucherie à Limoges, dans la nuit du dimanche 30 mars au lundi 1er avril aux alentours de minuit. L'évènement pourrait faire penser à une très mauvaise blague qui coïnciderait avec la date, mais rien à voir avec le populaire poisson d'avril. Une attaque, qui semble bien préparée, de l'extrême droite locale avec ses pontes a bien eu lieu au bar le Duc Etienne cette nuit là. Cette attaque qui en étonne plus d'un-e, dévoilant qu'il y a bien aujourd'hui une extrême droite violente à Limoges, n'est en réalité que le point d'orgue d'une situation qui s'aggrave depuis plusieurs mois, et à laquelle notre collectif, premier de leurs cibles, est quotidiennement confronté, subissant pressions, violences physiques et morales.

 

L'attaque du Duc Etienne, de son personnel et de ses client-e-s, fait écho aux nombreuses descentes et tentatives d'attaque déjà perpétrées dans ce quartier, dans ce bar, par les néo-nazis et autres fachos locaux. Des militant-e-s antifascistes fréquentant le bar, ont déjà subi des violences physiques, blessures, pressions en ces lieux. N'en déplaise au secrétaire départemental du FN inculpé, qui tente d'écarter « la politique » de l'affaire, l'attaque du Duc Etienne n'est pas un hasard ! C'est bien l'ambiance et la fréquentation du Duc Etienne qui furent les motifs de cette attaque violente d'extrême droite, le but était de chercher et de casser du « rouge », casser de l'antifasciste.

 

En parallèle, dans le contexte national et européen, nous assistons à une poussée réelle des forces réactionnaires, conservatrices et populistes dans l'échiquier politique. Alors que le système capitaliste tente de détourner l'attention de sa crise par la mise en avant de l'insécurité (qu'il crée), donnant des voix aux partis d'extrême droite, les néo-nazis, les identitaires, les racistes, les néo-fascistes de tout poil ont le vent en poupe. Ils remplissent leur rôle de protecteurs et de purificateurs du système capitaliste bourgeois, en attaquant à la marge de leurs partis et organisations, en bandes armées, des militant-e-s ouvriers-ères et syndicalistes, des militant-e-s politiques opposant-e-s et des acteurs-actrices de la scène alternative limougeaude, des personnes de couleurs et des homosexuels.

 

C'est ainsi que nous pouvons retrouver, dans l'entourage du FN 87, les individus assurant les actions coup de poing et qui appartiennent à « Front des Patriotes », une organisation se revendiquant de l'héritage du nationalisme, du nazisme et du nationalisme-révolutionnaire ; mais aussi de « Lémovice », le plus tout jeune groupe de musique néo-nazi de Limoges qui organise les concerts nostalgiques à la gloire d'Adolphe Hitler et du Troisième Reich dans la région.

En effet, nous remarquons que ces individus sont bel et bien présent-e-s lors des diffusions de tracts, des collages de propagande du FN localement.

 

Devant cette violence forcenée, cette dangerosité évidente, les Redskins Limoges appellent à la vigilance de tou-te-s et à l'organisation pour arrêter ces voyous qui composent l'extrême-droite.

 

Barrons la route au fascisme !

L'insécurité, la délinquance, c'est l'extrême droite et le capitalisme !

 

REDSKINS LIMOGES

Attaque Duc-copie-2

 

 

Partager cet article
Repost0
26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 20:43

Article de Fatima Azzoug, publié dans L'Echo du 26 mars 2012.

 

Le projet porté par l'association de préfiguration du Pôle de ressources d'histoire sociale mutualiste et coopérative de Limoges et du Limousin n'a pas d'équivalence. En même temps, quoi de plus naturel sur une terre coopérative et mutualiste qui a vu nâitre la CGT ?

24limoges1.jpg

Réunis samedi pour leur assemblée générale, les adhérents de l'association de préfiguration du Pôle de ressources d'histoire sociale mutualiste et copérative de Limoges et du Limousin, ont évoqué la dernière phase, avant réalisation, de leur projet. Ce projet, comme l'explique Francis Juchereau, le président de l'association de préfiguration, n'a cessé d'évoluer. "L'initiative de ce projet porté par la CGT date de 2003", indique Francis Juchereau qui poursuit "l'idée première était de réhabiliter la salle des fêtes de la Maison du Peuple (bâtiment qui abrite les différentes composantes de la CGT) et d'y mettre en place un centre de la mémoire ouvrière". Un projet qui devait s'insérer dans le volet social du plan de relance économique du patrimoine lancé par l'Etat.  Les propositions du cabinet d'étude n'ont pas pu aboutir pour des raisons à la fois financières et parce que dans ce projet, les bureaux de la CGT n'y avaient plus leur place.

 

Mais loin d'abandonner la partie, les porteurs du projet initial ont mûri leur réflexion à travers des rencontres avec diverses associations, syndicats, mouvements mutualistes, coopératifs et universitaires dont le spécialiste français d'histoire sociale, Michel Dreyfus. Des rencontres qui ont permis de mesurer l'importance unique de l'histoire sociale régionale. "C'est lors d'une des réunions qu'en 2007 nous avons décidé de créer ce pôle de ressources" indique Francis Juchereau. L'association a déjà permis le retour des archives de la coopérative de l'Union pour ses 100 ans. Coopérative la plus importante du pays en 1912. "Le fonds a été ramené de Saintes grâce au travail de l'association pour le centenaire du théâtre de l'Union, lieu qui abritait avant la coopérative du même nom. Les archives sont considérables. Nous avons de projets en cours, dont la création d'un site internet, créé par des étudiants de Saint-Junien. Nous travaillons aussi avec des archivistes.

 

Le pôle n'a pas vocation à conserver des archives, mais à faire le lien entre les différents chercheurs et surtout à détecter des archives. Très peu de personnes s'intéressent à l'histoire sociale ouvrière, nous essayons donc de combler ce déficit", ajoute le président de l'association. Parmi ses projets, l'association souhaite faire l'inventaire de tous les fonds d'archive sous la forme d'un catalogue accessible en ligne.

Partager cet article
Repost0
6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 18:43

 

Au milieu de la crise capitaliste, d'une dépolitisation de la population qui se généralise suite aux échecs de la gauche réformiste et révolutionnaire à faire valoir une alternative sociale et populaire crédible, une organisation fasciste refait surface en France et fait parler d'elle : « 3ème Voie ».

 

Bien que cette initiative et ses activités ne rassemblent quasiment que des individus à l'apparence de CRS chauves qui suivent aveuglement leur messie historique Serge Ayoub, nous allons analyser leurs idées et prétentions confuses. Alchimie de bas étage, rocambolesque et dangereuse, mélange irrationnel et lamentable d'idées et de repères historiques digne d'un inconscient opportuniste, le nationalisme-révolutionnaire appartenant au mouvement solidariste s'accroche, survit auprès d'individus souvent très jeunes, désabusés, en manque de sensations fortes, en manque de connaissances historiques, politiques, économiques et culturelles.

 

Évidemment, tout ceci ne serait rien sans l'investissement de la figure emblématique et historique du milieu skinhead néo-nazi parisien Serge Elie Ayoub. Ce français « d'origine orientale » comme diraient ses petits camarades, bourgeois et intellectuel raté, galvanisant ses troupes par des allusions historiques et politiques confuses que la plupart ne comprend pas, entend revenir au devant de la scène après s'être rangé une quinzaine d'années suite à des condamnations répétées pour agressions racistes, préférant alors se tourner vers les gangs de motards et le trafic de stéroïdes.

Notre initiative de faire un article ne vient pas de notre volonté de leur faire de la pub mais de mettre en garde. Ne pas surestimer son ennemi mais surtout ne pas le sous-estimer.

 

Nous, descendant-e-s de résistant-e-s, de militant-e-s ouvriers-ères et d'immigré-e-s, ne connaissons que trop bien ce que le fait de les ignorer donna dans le premier tiers du 20ème siècle...

 

Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ! Et ces fachos, endurcis par l'expérience de leurs échecs précédents, espèrent bien qu'un jour cet Alzheimer se généralisera à toute la population pour pouvoir agir sereinement, sans plus personne en face d'autre qu'une minorité encore consciente mais devenue impuissante.

 

Notre volonté d'écrire un article apparaît également face à la volonté de nos petits fachos locaux, après avoir voulu rallier le Bloc Identitaire puis le FN, de lancer la section 87 de « Troisième Voie ».

Sans-titre-1-copie.jpg

 

Nationalisme Révolutionnaire / Solidarisme: présentation

 

« Troisième Voie » se revendique comme étant une organisation « nationaliste révolutionnaire » et « solidariste ».

Le nationalisme révolutionnaire, « NR » en acronyme, est un mouvement intellectuel et politique dont la naissance officielle semble marquée par l'échec du mouvement « Algérie Française » et qui se crée lors de la « Réunion de Venise » en 1962, qui fixe pour une frange de l'extrême droite radicale le projet d'édifier pour l'ensemble des européen-ne-s une Europe blanche, unitaire, d'élite, débarrassée du « capitalisme libéral » et du « communisme égalitariste ». C'est pour cela qu'on appelle communément le nationalisme révolutionnaire « Troisième Voie ».

 

Ce mouvement a une vision nationaliste et différentialiste (racisme non pas biologique mais ethnique et culturel) du monde, et prétend avoir une vision « socialiste » de la société. Il se permet donc d'allier des thèmes traditionnels de la droite conservatrice à des thèmes de la gauche socialiste, se situant en marge de l'extrême droite électorale, afin de pouvoir récupérer tou-te-s les déçu-e-s et les écœuré-e-s du système.

 

Les parentés directes du NR sont le « national-bolchévisme », un mouvement hybride aberrant venu de Russie mêlant stalinisme et nazisme, ainsi que le national-syndicalisme venu de la Phalange Espagnole franquiste, d'obédience fasciste. On peut considérer que le NR est l'authentique doctrine d'un fascisme global d'héritage et de synthèse, la fusion entre le fascisme social mussolinien et le nazisme racial d'Hitler (nous y reviendrons après).

 

Sur le plan antisémite, il ne revendique pas d'apriori racial biologique concernant le peuple juif mais adopte une vision conspirationniste et politique. Le « juif » est vu comme étant « l'agent du cosmopolitisme et du mondialisme financier qui empêche l'édification du socialisme national ». Vous remarquerez l'usage volontairement inversé d'avec national-socialisme pour ne pas choquer directement.

 

Les NR soutiennent et défendent également les négationnistes qu'ils choisissent minutieusement pour créer de la confusion tel Roger Garaudy (ancien résistant communiste, condamné en 1998 pour incitation à la haine raciale, provocation raciale et contestation de crime contre l'humanité).

 

Mais d'un point de vue de continuité historique, le nationalisme révolutionnaire puise une grande partie de ses racines (et le revendique d'ailleurs parfaitement) dans le parti politique nazi d'Adolf Hitler (NSDAP). En effet, les militants nationalistes-révolutionnaires se revendiquent héritiers en partie des frères Otto et Gregor Strasser, dirigeants de « l'aile gauche » du nazisme. Expulsés du parti d'Hitler pour s'être proclamés les seuls « vrais national-socialistes », ils fondèrent en 1930 le « Front Noir », ou plus précisément la « Communauté de Combat National-Socialiste d'Allemagne » (NSKD) qui fut interdit en 1933. Ses membres, principalement les sympathisant-e-s et militant-e-s les plus « socialistes » du nazisme, furent en majorité déporté-e-s dans des camps de concentration. Le Furher veut être le seul maître de sa folie.

 

Le Front Noir avait comme symbole d'organisation un glaive et un marteau rouges croisés sur fond noir. Il figure aujourd'hui sur des drapeaux que nous pouvons retrouver dans les manifestations néo-nazies en Allemagne, en Europe du Centre et de l'Est aux côté de croix gammées, croix celtiques détournées et autres symboles ésotériques et occultes nazis. Plus proche de nous, on peut les retrouver dans les manifestations de 3ème Voie en France comme celle organisée à Lille le 8 octobre 2011. Le trident est un autre symbole contemporain de ce mouvement. La filiation avec le nazisme est donc bel et bien assumée.

Le solidarisme, sans véritable filiation avec le solidarisme pensé par le radical Léon Bourgeois en 1896, outre la volonté de se démarquer du libéralisme et du marxisme, est un mouvement presque synonyme de nationalisme révolutionnaire, apparut en 1975 autour de deux figures : Jean-Pierre Stirbois et Michel Collinot qui militent dans le Mouvement Jeune Révolution (MJR – crée en 1966 par des anciens de l'OAS – Organisation de l'Armée Secrète) et créèrent l'Union Solidariste en 1975. Ils furent tous deux des pontes dans le Front National. Les idées phares sont le refus du matérialisme et de l'impérialisme des blocs alors existants : américain / soviétique. On peut noter un attachement aux idées proudhoniennes anti-marxistes, sans réellement comprendre l'idéologie de Proudhon, autre que l'idée d'indépendance nationale.

 

Les organisations NR en France

 

Au niveau de l'existence organique en France, le nationalisme révolutionnaire est apparu sous la forme de plusieurs groupuscules constamment animés par les mêmes individus, tournant en rond :

 

« Réseau radical », (nous commençons par ce groupe de réflexion pour voir les différentes idées des chefs qui fondèrent les organisations NR). Pôle de réflexion nationaliste révolutionnaire et solidariste fondé en 2002 notamment par Christian Bouchet, ancien d'Unité Radical. Les références idéologiques oscillent entre l'eurasisme d'Alexandre Douguine (conception impérialiste et socialiste-nationaliste qui regroupe toute l'Europe jusqu'à la limite de l'Asie), fascisme lié à la pensée contemporaine de François Duprat, fascisme radical lié à Julius Evola et national-bolchévisme / national-socialisme lié à Jean Thriart, ancien de l'association des « Amis du Grand Reich Allemand », favorable à la collaboration et partisan de l'annexion européenne par les nazis.

 

« Jeune Europe », fondée en 1962 par Jean Thriart, issue du Mouvement d'Action Civique et de l'OAS.

 

« Groupe Union Défense », organisation étudiante d'extrême droite créée en 1968 par d'anciens militants du groupe Occident, reposant d'abord sur une idéologie du nationalisme français peu élaborée pour évoluer ensuite vers le NR.

 

« Groupes Nationalistes Révolutionnaires de Bases », fondés en 1978 par François Duprat qui structura à partir d'eux la tendance radicalement fasciste, pro-nazi, au sein du Front National.

 

« Troisième Voie », première génération. Fondée en 1985 par Jean-Gilles Malliarakis. Ce dernier se présente comme « néo-fasciste ». Troisème Voie fit beaucoup parler d'elle pour avoir intégrées et structurées les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR) sur Paris ,dont le chef de cette bande de « skinheads nazis » est Serge Ayoub, alias Batskin. Après l'éclatement de l'organisation en 1991, Malliarakis milite à la Confédération Européenne de Défense des Commerçants et Artisans (CEDCA).

 

« Nouvelle Résistance », fondée en 1991 par les anciens de Troisième Voie et des pro-nazis de Jeune Europe, animé par Christian Bouchet. L'organisation se transformera en « Union des cercles de résistance » lors de son troisième congrès en 1996. Puis donnera naissance à Unité Radicale.

 

« Unité Radicale », fondée en 1998 par le GUD, l'Union des cercles de résistance et Jeune Résistance. L'organisation fut dissoute suite à la tentative d'assassinat sur Jacques Chirac en 2002 par un de ses membres.

 

Etude et analyse de classe du Nationalisme Révolutionnaire et de Troisème Voie.

 

Nous l'avons vu le nationalisme révolutionnaire est clairement une composante du fascisme et du national-socialisme. Le fascisme peut se résumer par « c'est la petite bourgeoisie qui passe à l'action ». Dans son Histoire du mouvement fasciste, Gioacchino Volpe (lui-même proche du fascisme) rapporte que sur la liste des 308 éminents chefs fascistes italiens en 1920, 254 d'entre eux font partie ou sont issus de la petite et moyenne bourgeoisie. Le fascisme a été l'instrument de la réorganisation impérialiste des sociétés italienne et allemande, l'instrument de l'hégémonie du capital financier sur les autres secteurs du capital.

 

Regardons de plus près.

 

Confusion et révisionnisme historique pour pouvoir séduire

 

Le 8 mai 2011, lors de la manifestation nationaliste intitulée « La France est de retour! », on voit plusieurs cortèges d'extrême droite défilant avec la volonté de montrer une discipline ferme, rangée et organisée mais dont le résultat ferait pâlir de honte César devant ces « soldats politiques ». Alors, Serge Ayoub, tribun raté, désespéré, entend des voix et parle à Jeanne. Il lui apprend l'histoire depuis qu'elle est absente, et tous les évènements historiques marquant mettant en scène le peuple, « C'est Nous ! ».

 

Ainsi, prétend-il, depuis 1500 ans, le peuple français accompagne avec conviction et foi les folies conquérantes et guerrières de ses maîtres. Rien ne doit procurer plus de fierté ! Encore faut-il connaître l'histoire... En tout cas ces références sont le ciment idéologique et les repères historiques de son organisation.

C'est vrai, ce peuple mythifié, idéalisé, dont à cette époque la moitié sud n'est pas franque mais occitane, dont l'ouest n'est pas franc mais breton, est fier de se faire marcher dessus par ceux et celles qui règnent sur lui, par ces rois francs « étrangers » aux terres celtes romanisées d'Occitanie et de Bretagne. Ces rois francs mérovingiens et capétiens « étrangers » qui envoient en première ligne le peuple autochtone se faire massacrer pour leurs intérêts de riches propriétaires. Ces terres ne sont conquises qu'au prix du sang des autochtones, au prix de l'esclavage des serfs. C'est vrai que ce peuple français fut bien content et fier de mourir pour agrandir la puissance et la richesse de ses bourreaux royaux et religieux qui l'ont envahi et l'exploitent.

 

C'est vrai que ce peuple français fut fier d'obéir à l'appel de la guerre de succession, pour la bataille de Malplaquet en 1709 sous Louis XIV, pour des intérêts qui ne furent pas les siens mais juste ceux de ce Roi soleil qui laissait mourir de faim la population et réprimait les jacqueries paysannes pour oser réclamer plus de justice; et qui préférait se goinfrer lors de banquets à répétition en endettant considérablement le pays.

 

C'est vrai que ce peuple s'est levé en masse pour chanter la Marseillaise contre une Europe royale coalisée contre la France (dont le Roi Louis XVI fut complice). Ce qui, soit dit en passant, représente déjà un antagonisme de mentalité entre cette période et celle précédemment citée. Ce peuple dévoué corps et âme à la monarchie jusqu'à se lever pour la bataille de Malplaquet se retourne subitement contre son suzerain 80 ans plus tard pour instaurer la « République et la Liberté ». N'est-ce là qu'une notion de patriotisme transmise depuis Charlemagne qui motive ces évènements et la volonté populaire, ou bien est-ce du matérialisme historique, c'est à dire que les évènements historiques sont influencés par les rapports sociaux en particulier les rapports entre les conditions et les classes sociales ?

 

Mais c'est vrai que le nationalisme révolutionnaire est contre le matérialisme pour pouvoir détourner les évènements à son profit.

Mais la suite est encore mieux! On passe de la République à l'Empire, puis aux Communes révolutionnaires socialistes sans faire acte des réalités psychologiques, politiques, historiques et sociales qui animent les différentes parties du peuple au cours de ces périodes antagoniques. Non, Serge ne voit que par la transmission des valeurs patriotiques françaises. Tous les évènements historiques de la France ne sont motivés que par l'élan et la conscience patriotique de son peuple contre les corruptions, les oppressions, les injustices.

 

Mais c'est curieux que ton histoire s'arrête à la première guerre, avec la bataille de la Somme où c'est dis-tu « Encore Nous ! ».

 

Alors, Serge, une petite question. Vu que tu ne veux pas aller plus loin, et ça se comprend : tes camarades monarchistes du Renouveau Français présent-e-s à ton discours, ça a dû leur glacer le sang d'entendre de ta bouche revendiquer l'héritage des communards... donc dis-nous, le régime collabo et anti-patriote de Vichy, « Toujours Nous » ?

 

Pourquoi la confusion ?

 

Ce qu'il faut maintenant analyser c'est ce qui pousse les mouvements et organisations fascistes à se réapproprier l'histoire pour que ça leur serve de base idéologique et donc de crédibilité. Eux qui se targuent d'être identitaires, d'être les pur-e-s, sont en fin de compte les seul-e-s à ne pas avoir d'identité. Ils sont obligé-e-s, comme les parasites, de se greffer sur quelque chose de pré-existant pour pouvoir exister et se développer.

 

La volonté de semer la confusion et de réviser l'histoire à leur profit, prenant par-ci par-là des thèmes, des repères comme à droite : la tradition, la famille, la spiritualité, l'ordre... et à gauche : le social, l'action, la masse, la révolte contre l'injustice et l'oppression... colle en fait à leur stratégie de développement et d'accession au pouvoir.

Il est important de rappeler que le fascisme naît et se développe dans une société mondiale caractérisée par la concentration du capital, que nous pouvons qualifier d'impérialiste. C'est à dire que les monopoles se substituent à la libre concurrence. Le marché national est saturé par le développement des forces productives et contraint à une expansion économique vers l'étranger. Ceci se réalise à travers la conquête de marchés et d'investissements. La concentration du capital, caractéristique de l'impérialisme, implique le développement du rôle économique de l'État.

 

Le fascisme est une réponse politique à la paupérisation de certaines classes sociales, la réponse à leurs déclassement. C'est pourquoi les bases sociales de celui-ci émanent surtout de la petite et moyenne bourgeoisie. Ainsi, les cadres du NSDAP allemand, comme du Parti National Fasciste italien, ses dirigeants, mais également les larges secteurs de la base sont issus de la petite bourgeoisie (petits propriétaires terriens, artisans, fonctionnaires intellectuels, commerçants, petits patrons...) qui est frappée par l'évolution de l'économie : la concurrence des grandes entreprises entraine une paupérisation, voire une prolétarisation, c'est-à-dire que les paysans, les commerçants sont contraints d'abandonner la propriété de leurs moyens de production pour aller se salarier.

 

Le fascisme critique donc dans un premier temps le grand capital. Son discours peut apparaître comme « anticapitaliste », « révolutionnaire », n'ayant pas honte de se réapproprier des héritages du monde ouvrier socialiste comme le blanquisme ou la Commune de Paris 1871. Mais en analysant de plus près il est évident que le fascisme vise simplement à la réforme du capitalisme, à protéger les intérêts des classes moyennes fortement représentées dans ses rangs.

Le fascisme fait tout son possible pour attirer la classe ouvrière à lui. Il se construit autour d'une image qu'il veut alternative et révolutionnaire, car il faut bien pour être « révolutionnaire » conquérir la classe capable de faire la Révolution. D'ailleurs Mussolini tenta de compromettre des dirigeants ouvriers de corporations. Le programme des « faisceaux de combat » de 1919 en Italie révèle un aspect socialisant pour séduire la classe ouvrière, par exemple le « vote des femmes, la séparation de l'Église et de l'État ainsi que la saisie de tous les biens religieux, salaire minimum, journée de 8h, désarmement général, gestion des industries publiques par les organisations prolétariennes » (qui en réalité sont des organisations corporatistes où patrons et travailleur-euse-s sont main dans la main comme dans le syndicalisme jaune).

 

Le fascisme apparaît d'abord donc comme une force pleinement autonome, comme un ennemi déclaré du grand capital tout en se disant ennemi de la lutte de classes et de l'internationalisme : une « troisième voie ».
Cependant, le fascisme ne peut accéder au pouvoir sans alliance. Or nous allons voir qu'une alliance ne peut être passée avec le prolétariat.

 

 

Contre la classe ouvrière

 

 

Le fascisme et le national-socialisme (et donc leur continuité aujourd'hui, le NR) forment l'idéologie bourgeoise d'action sociale. La petite et moyenne bourgeoisie est une classe frustrée de ne pas avoir le total contrôle économique et de ne pas avoir le rôle de transformation révolutionnaire politique dans la société. C'est pourquoi, dans la crise capitaliste, en phase d'être bousculée par l'une des deux classes sociales (capitaliste-encadrement et ouvrière), qui ont le rôle dirigeant de changement économique et politique, la petite bourgeoisie décide de passer à l'action pour maintenir son contrôle et son rang dans la société que les révolutions bourgeoises nationales lui ont donné. C'est la raison pour laquelle Serge Ayoub, dans ses discours, et dans les écrits de Troisième Voie, défend une continuité historique hautement patriotique, une communauté de destin inébranlable dans sa conscience patriotique qui passe allègrement au delà des antagonismes idéologiques et de classe. Cette communauté de destin, c'est la petite et moyenne bourgeoisie, car en tant que couche moyenne, les classes sociales de la petite et moyenne bourgeoisie ont tendance à se percevoir comme l'élément unifiant de la nation, celui qui utilisera l'État afin de mener une politique de cohésion sociale, d'où le rejet de la lutte des classes et du matérialisme historique.

 

 

Dans la lutte des classes, la petite et moyenne bourgeoisie peut, selon les intérêts qu'elle a à y gagner, se rallier :

 

- soit au prolétariat qui regroupe les personnes qui n'ont pas de capital et sont contraintes de vendre leur force de travail pour subsister;

 

- soit aux capitalistes, la bourgeoisie d'encadrement, qui possède le capital et dispose ainsi des moyens de faire travailler autrui à son profit en pesant sur le cours d'achat de la force de travail.

 

 

Devant les notions de collectivisation, de socialisation des révolutions ouvrières, il est normal que la bourgeoisie décide de se rallier à la classe dominante capitaliste contre la classe ouvrière, opérant alors une contre-révolution, car elle a tout à y perdre : ses privilèges, sa place, son existence.

 

Le fascisme apparaît donc avec cette notion de survie pour la petite et moyenne bourgeoisie. Elle se transforme alors en bras armé, passe à l'action pour à la fois défendre son rang mais également gravir les échelons sociaux de contrôle en écrasant la classe ouvrière. C'est pourquoi le fascisme, le national-socialisme et le nationalisme révolutionnaire, en terme de « socialisme » ne vont pas plus loin que la volonté de nationaliser les secteurs économiques, productifs et financiers. C'est-à-dire que les secteurs anciennement sous le joug du capitalisme mondialisé tombent sous contrôle de la bourgeoisie nationale concentrée dans l'État. C'est pourquoi l'État est si important pour les fascistes, il est l'arme de réappropriation et de contrôle politique et économique par et pour cette bourgeoisie. L'intérêt général devra être géré par un État fort, voire un homme providentiel. Le fascisme s'inspire d'un ancien régime mythique qui aurait existé et où chaque individu aurait respecté sa fonction sociale suivant ses capacités naturelles. Ainsi, plus le développement capitaliste est avancé et plus l'État peut apparaître comme le facteur de résorption de la crise.

 

Le Front des Patriotes (groupuscule qui regroupe les nazis de Lemovice et nationalistes radicaux de Limoges), rallié tout récemment à Troisième Voie, nous le démontre avec un de ses autocollants « Contre les bankesters et les financiers apatrides, nationalisation de toutes les banques! ».

 

D'ailleurs, le programme de 1920 du NSDAP, le plus « gauchiste », demande la nationalisation des sociétés par action mais pas leur socialisation. Les entreprises seront allouées. Il n'y aura donc pas disparition de l'exploitation capitaliste, juste un renouvellement du personnel aux commandes. Il serait plus juste de parler de « retour » car le fascisme se réfère à une économie mythique, une économie corporatiste où les classes coexisteraient dans l'harmonie et dans l'intérêt général, au travers de cadres culturels naturels qui forment la nation. Donc le fascisme et le nationalisme révolutionnaire n'ont rien de « révolutionnaire » pour les travailleurs-euses. D'ailleurs le manifeste de Troisième Voie stipule que « nous défendons la liberté d'entreprendre comme droit fondamental (...) le marché doit obéir à des lois au service du peuple ». Donc non seulement le capitalisme n'est pas abolit, il n'y a pas de socialisme, mais en plus ici, le peuple, bien que donnant l'illusion d'être au centre de la problématique n'a en fait aucun contrôle sur les événements vue qu'une force supérieure à lui se chargera de son bonheur, de le servir: l'Etat et les lois. Ni le peuple, ni les travailleurs-euses ne sont acteurs. Il y a donc au travers de Troisième Voie la réelle volonté d'établir un système autoritaire bureaucratique et élitiste.

 

Mais rien ne vaut l'exemple historique pour démontrer que le fascisme, et donc aujourd'hui le nationalisme révolutionnaire et son organisation Troisième Voie, sont des mouvements contraires aux intérêts de la classe ouvrière.

 

Italie 1920. Le déchainement de violence commence à Bologne et en Emilie-Romagne qui sont le cœur du contre-pouvoir socialiste. La population est invitée le 21 novembre à fêter la victoire des socialistes aux municipales. Les fascistes attaquent, font dix mort-e-s et une dizaine de blessé-e-s pour le plus grand bonheur des propriétaires terriens de la région qui se plaignaient d'occupation de leurs terres par les paysans en révolte.

 

Le 20 décembre 1920, deux mille fascistes convergent de toute la province et attaquent un meeting socialiste de Ferrare. Deux ouvriers perdent la vie mais également trois fascistes. En représailles, les fascistes se rendent dans chaque bourgade de la province pour détruire les locaux syndicaux et politiques ouvriers, dans les habitations des militant-e-s grâce aux renseignements de la police, tuant, violant les femmes qui s'interposent.

 

Au nord, en février 1921, à Trieste, les armateurs, banquiers et assureurs financent les fascistes qui saccagent la Bourse du Travail. Les ouvrier-ère-s décrètent alors une grève générale et s'arment. L'armée investit la province et les isolent pendant que les fascistes ont alors les mains libres pour détruire méthodiquement les sièges des organisations ouvrières, leurs journaux, leurs lieux de rencontre et de sociabilité, les cercles culturels.

 

L'offensive brune gagne toute la plaine du Pô. Après Modène en Emilie-Romagne, c'est à Mantoue en Lombardie, le 20 avril, que sont détruits le Cercle cheminot, l'Université Populaire, les Bourses du travail. Les patrons profitent de l'intimidation pour mener leur offensive sur les acquis ouvriers. La moindre résistance de la part des travailleurs-euses est sévèrement réprimée.

 

L'association agraire, patronale, n'embauche plus que des paysans adhérents aux Faisceaux fascistes. A San Giovanni del Dosso, la journée de travail passe de huit à dix heures. A Ostiglia, les fascistes donnent un délai d'un mois à la grande coopérative pour fermer ses portes. Toujours en avril, la région de Parme est entièrement dévastée. La coopérative vinicole de Pacenza est saccagée après que les carabiniers aient investi les lieux revolver aux poing, ouvrant la voie aux fascistes.

 

A Reggio d'Emilie, les coopératives et services municipaux socialistes de production et d'alimentation sont détruits. A Crémone, en Lombardie, se déchaînent les troupes de Roberto Farinacci. En mai 1921, les agrariens de Vénétie refusent de reconduire les anciens contrats agricoles arrivant à échéance. Les fascistes s'emparent de la région et liquident les organisation ouvrières.

 

A Florence en mai 1921, l'imprimerie coopérative est incendiée. Le leader communiste Lavagnini est assassiné. Deux jours après, la maison du peuple à Sienne est incendiée par les fascistes avec l'essence fournie par les grands propriétaires du Consortium agraire, aidés des carabiniers et des forces armées.

 

A la fin du mois de février, les fascistes attaquent Bari dans les Pouilles.

 

Ce sont plus d'un millier de sièges d'organisations prolétariennes qui sont détruits au cours du seul premier trimestre 1921: ligues paysannes, cercles de culture populaire, universités populaires, coopératives ouvrières et paysannes, journaux et imprimeries, sièges de sections politiques, bibliothèques, locaux syndicaux, Bourses du Travail... S'y ajoutent le bannissement ou l'assassinat de leurs responsables, les démissions forcées des « municipalités rouges », les milliers d'expéditions punitives aux domiciles des militant-es ouvriers-ères, le saccage et l'incendie de leurs habitations...

 

Il s'agit bien là d'une liquidation systématique de toute forme d'organisation ouvrière et paysanne. L'éradication de toute prétention pour le prolétariat à renverser l'ordre établi. Il s'agit donc bien d'une contre-révolution orchestrée par la bourgeoisie et le capital mondialisé.

 

Inutile de faire la même énumération des faits concernant l'Allemagne nazie ou encore l'Espagne franquiste, c'est exactement les mêmes pratiques et le même résultat !

 

 

La suite logique des évènements

 

Donc nous avons vu que le fascisme se construit premièrement comme force autonome, tentant de rallier à lui la classe ouvrière, comme la volonté de Serge Ayoub et de Troisième Voie de créer un vaste mouvement de national-syndicalisme, un fascisme ancré chez les travailleurs-euses. Mais comme nous l'avons vu, le fascisme ne remet pas en cause l'exploitation capitaliste et il ne peut faire illusion bien longtemps avec son verbiage gauchiste. Le fascisme n'empiète que très difficilement sur le mouvement ouvrier et le combat violemment.

 

Ne peut s'en suivre donc qu'une instrumentalisation du fascisme. Et nous voyons d'ailleurs petit à petit les thèmes récurrents de l'extrême droite devenir des thèmes au sein des forces traditionnelles républicaines, même à gauche. Le fascisme est d'actualité, car comme par l'expérience passée, il peut ouvrir de nouvelles perspectives politiques pour le grand capital qui est confronté à une crise idéologique et structurelle du système. Les gouvernements se succèdent mais n'arrivent pas à enrayer la crise économique, la contestation sociale et les conflits entre les différentes fractions du capital. Car ce n'est pas n'importe quelle fraction du capital qui s'allie au fascisme : c'est la grande bourgeoisie industrielle et bancaire.

 

Il faut dire que le discours fasciste facilite le compromis avec les classes dirigeantes. Rappelons que leur « anticapitalisme » est plus que flou. C'est davantage la mauvaise gestion du système qui est dénoncée que le système en tant que tel. Le manifeste de Troisième Voie le revendique d'ailleurs clairement: « l'ultralibéralisme mondialisé revendiqué comme l'alpha et l'oméga du bonheur du monde n'a de libéral que le nom. Il est en réalité un système totalitaire marchand. Une mécanique qui asservit l'homme au lieu de le servir ». Il suffit donc de substituer aux vielles castes politiciennes corrompues, des hommes neufs et sincères. En outre, les fascistes savent varier leur discours en fonction des classes sociales auxquelles ils s'adressent. Cette transformation des partis fascistes rend possible leur arrivée au pouvoir, soutenue par le grand capital.

 

  tre frecce striscia

 

Partager cet article
Repost0
29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 22:16
Clarifications et précisions concernant l'histoire et notre utilisation des trois flèches

 

Les trois flèches sont un des symboles que nous arborons sur notre site et dans la rue. Des camarades nous ont fait remarquer à plusieurs reprises que nous arborions un « symbole de la SFIO » et donc en profitent pour nous qualifier de « sociaux-démocrates ». Nous n'entendons pas nous justifier de l’utilisation des trois flèches par le présent article, mais apporter quelques précisions et quelques pistes de réflexion. Nous entendons dépasser et dénoncer le jugement manichéen des gauchistes : « méchant » ou « gentil », qui va de pair avec le jugement avant-gardiste qui attribue bons et mauvais points à tout va, tout en méconnaissant les contextes et l’histoire.

 

PS: il est vrai que cet article ne porte pas réellement sur la critique de la social-démocratie mais nos avis sur cette question n'en sont pas moins tranchés. Nous ne cautionnons pas la vision et la stratégie de la social-démocratie et le réformisme via cet article, au contraire. Il s'agit uniquement d'une maigre fresque historique dans les courants modérés comme radicaux sociaux-démocrates. Nous n'avons pas pris l'initiative de la critique, simplement parce que ce n'est pas à nous de faire le bilan de l'échec des SPD et consor. Le bilan doit être tiré par les organsiations de classe.  Nous ne reconnaissons dans notre utilisation des trois flèches que sa vocation pratique historique de barrer les croix gammées.

 

    presto-regoleremo-i-conti-copia.gif

Quelques points historiques et de contexte.

 

La grande famille du Socialisme se divise en plusieurs petites familles rassemblées autour de stratégies différentes pour arriver à la destruction du capitalisme et instaurer le socialisme et l'émancipation individuelle et collective du peuple. Deux grands groupes se font alors face : les « révolutionnaires » et les « réformistes » (nous nous attacherons d'abord à ces derniers).

 

Bien loin du cliché d'aujourd'hui où chacun qualifie de « réformiste » tout ce qui est plus modéré que ce qu'il pense, le réformisme historique est un véritable courant socialiste de transformation sociale et d'inspiration marxiste. Il a pour stratégie le passage au socialisme par étapes et dans un processus pacifique. Il entend ainsi éviter un affrontement avec la bourgeoisie. Cette vision de la construction du socialisme par étape a conduit les réformistes à privilégier la conquête des institutions, celles-ci devant se mettre au service de réformes destinées à réduire le pouvoir de la bourgeoisie au profit du prolétariat.

C'est pourquoi les partis et organisations se définissant aujourd'hui comme « révolutionnaires », « anticapitalistes », ou encore « d'extrême-gauche », mais qui en même temps se présentent sur une quelconque liste pour des élections, à commencer par l'échelle locale ou municipale, ne sont en aucun cas « révolutionnaires » : ils sont réformistes, au sens historique du terme. Le réformisme a échoué par son manque d'action pour faire naitre une contre-société prolétarienne. Pire, plus il s'est engouffré dans la collaboration avec la bourgeoisie libérale sur le plan institutionnel pour des alliances contre des forces plus réactionnaires sur le même échiquier, et plus son « socialisme » s'est transformé en libéralisme, pour tenter de créer un « capitalisme à visage humain ». C'est le cas aujourd'hui de tous les « partis socialistes » européens.

 

La vraie crise du réformisme intervient d'ailleurs en 1973 avec le coup d'Etat de Pinochet au Chili. Le président Salvador Allende et son parti socialiste authentiquement réformiste pensaient abattre le capitalisme par une succession de réformes mises en œuvre par l'Etat et appuyées par le peuple. Lors du coup d'Etat militaire, le gouvernement refusa de donner les armes au peuple et condamna ainsi son régime, et son peuple, au massacre et à la dictature.

 

Opposés à la stratégie réformiste, les « révolutionnaires », qui sont eux-mêmes divisés en plusieurs groupes selon deux configurations stratégiques et organiques : les révolutionnaires d'organisations politiques - partis (marxistes, libertaires) et les syndicalistes révolutionnaires (dont les Redskins Limoges se sentent les plus proches).

 

Création du symbole des trois flèches

 

Origine

 

Revenons donc à nos trois flèches. Même si on ne sait pas précisément d'où elles viennent, Serge Tchakhotine en a revendiqué la paternité. Ce menchevique (marxiste-réformiste russe) s'exile de Russie vers l'Allemagne suite à la prise du pouvoir par les bolchéviques (léninistes - révolutionnaires de parti). Membre du SPD (Parti Social-Démocrate Allemand), il en devient vite le théoricien pour ce qui est de la psychologie de masse. Il tient aussi ce rôle au sein de la classe ouvrière elle-même, car le SPD bien que réformiste était un authentique parti ouvrier. Il est le premier dans cette théorie à étudier et analyser le choc et l'influence psychologique que le nazisme a sur les masses via la symbolique (issue notamment des mythologies guerrières germanique, scandinave et romaine).

Évidemment, avant lui, des expériences similaires ont déjà été pratiquées au sein du mouvement ouvrier (notamment en Italie contre les fascistes de Mussolini). Des groupes prolétariens armés, les « Arditi del popolo », ont utilisé une symbolique ouvrière guerrière comme leur symbole de tête de mort ornée d'une couronne de laurier et le glaive rougeoyant entre les dents (symbole que nous avons également repris).

 

Serge Tchakhotine est donc l'un des initiateurs de la propagande moderne dans un contexte très tendu de guerre idéologique entre révolutions socialistes et réactions fascistes.

A partir du début des années 1920, l'Allemagne est plongée au cœur de la propagande nazie, copiée sur le modèle fasciste italien. Cette nouvelle propagande, issue du mouvement artistique « futuriste » italien, frappe les sens et empêche la réflexion critique d'individus immergés dans une symbolique paramilitaire (uniformes, défilés, drapeaux, hymnes, propagande guerrière antique...).

Tchakhotine est convaincu que si le prolétariat veut assurer la victoire finale contre le capital et son bras armé fasciste, il faut contrer Hitler et les nazis sur leur propre terrain : la sollicitation émotive des masses. C'est là que des symboles sont créés pour contrer les croix gammées et les autres symboles ésotériques nazis. Les trois flèches deviennent le plus populaire d'entre eux, car elles forment un symbole simple à faire, en ayant vocation à barrer de trois traits sur les murs la propagande nazie.

Dans le même élan, le SPD et le KPD (Parti Communiste Allemand) créent leurs propres organisations ouvrières d'autodéfense armée et paramilitaires : la Reichbanner et le Rotefrontkampferbund (« front de combat rouge ») comprenant de multiples sections locales et régionales coordonnées, comme le « Front d'Airain », pour se protéger des agressions.

 

C’est un succès immédiat. Les nazis commencent à subir des raclées dans les rues, les locaux syndicaux et prolétariens défendent chèrement leur peau face à leurs assaillants. Mais le Parti Social-Démocrate, bien qu'engagé sur ce terrain armé, maintient en parallèle sa vision réformiste malgré la situation grave qui est en train de se jouer. Les dirigeants refusent d'appliquer à l'échelle du parti les procédés de contre-propagande conseillés par Tchakhotine, isolant petit à petit les groupes ouvriers qui se battent dans la rue et laissant la victoire au nazisme mieux structuré et plus convaincu qu'une fois que les rues sont contrôlées c'est toute la société qui l'est.

Tchakhotine organisa avec ses propres ressources, contre l'avis de son parti, la propagande dans certaines régions d'Allemagne ; c'est là où les trois flèches furent les plus utilisées, par des sections dissidentes du SPD partisanes des conseils de Tchakhotine et de l'action armée. Comme il y avait encore en parallèle des élections, ce sont ces régions où le SPD fut largement devant le NSDAP (Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands).

Les trois flèches, devenues populaires dans le combat antifasciste, furent alors reprises et généralisées par le SPD pour maintenir les sections « opposantes » (celles fidèles aux préceptes de Tchakhotine) au sein du parti.

 

La signification

 

Bien que créées par un social-démocrate, les trois flèches n'ont pas été LE symbole de la social-démocratie, elles ont été imaginées pour pouvoir être utilisées massivement dans la rue par tout militant opposé au nazisme. Simples à faire et à comprendre, elles servaient à barrer rapidement la propagande nazie.

Outre cette vocation, elles avaient un sens particulièrement psychologique : leur orientation allait d'en haut à droite frappant en bas à gauche. Tchakhotine voulut sans doute créer ce symbole pour montrer à la classe ouvrière, et au peuple en général, qu'un pouvoir supérieur au nazisme, plus organisé, plus discipliné, pouvait l'anéantir.

Les trois flèches constituent donc un symbole guerrier marquant un combat frontal et violent, loin de l'image pacifiste du réformisme. On peut aussi y associer des mots d'ordres ternaires comme « Pain, Paix, Liberté », ou alors souvent arboré « Unité, Activité, Discipline », ou encore aujourd'hui avec notre mouvance « Liberté, Egalité, Solidarité ».

 

Malgré l'éloignement de Tchakhotine, dénonçant la passivité de la direction devant les évènements, le SPD s'est réapproprié le logo des trois flèches sur des affiches de propagande électorale, dont une célèbre où l'on voit une flèche frappant la royauté et l'empire, la deuxième le nazisme, et la troisième le marxisme-léninisme (plus exactement le stalinisme, même si le symbole marteau-faucille arboré n'est pas le symbole de Staline). Car il faut rappeler que Staline était alors à ce moment bien installé sur son trône autoritaire.

 

Concernant la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière)

 

A propos de la SFIO maintenant, qui arbora également les trois flèches dans les années 30 via les exilés socialistes et communistes allemands. Il faut savoir que ce n'est pas non plus la tendance la plus modérée de la SFIO qui importe et diffuse ce logo, mais la plus radicale, celle qui se définit comme marxiste mais anti-stalinienne.

 

Tchakhotine, après avoir quitté l'Allemagne, s'exile au Danemark, puis arrive en France au printemps 1934 où il adhère à la SFIO, dans la fédération de la Seine. C’est là qu’il rencontre Marceau Pivert et ses militants qui forment la tendance la plus radicale au sein de la SFIO. Ces derniers deviennent très vite adeptes des conceptions de Tchakhotine concernant l'autodéfense armée pour le prolétariat. La SFIO, très majoritairement réformiste, est mise devant le fait accompli suite à l'émeute fasciste de février 1934. Les pivertistes poussent à la création de milices ouvrières de défense et de services d'ordre armés. Les TPPS (« Toujours Prêts Pour Servir ») voient le jour suite à ça, ne respectant pas les directives du parti et se chargeant de nettoyer le département en attaquant les meetings, les défilés et les apparitions publiques de l'extrême-droite, aux côtés des jeunesses communistes et des militants de la CGTU. C'est d'ailleurs ce qui concrétisera en partie le rassemblement des différentes forces de gauche, en 1936, impulsé par les sections jeunes activistes antifascistes des différentes organisations se retrouvant lors d'actions coups de poing.

 

Le logo des trois flèches se généralise donc dans et par la Fédération de la Seine, qui signe avec ce symbole les affiches et les tracts sous influence de Marceau Pivert. Ce dernier crée en 1935 la tendance « Gauche Révolutionnaire » à l'intérieur de la SFIO et est élu dirigeant de la fédération départementale. Les trois flèches deviennent en France le symbole de la tendance pivertiste. Celui-ci dénonce la stratégie électorale du Front Populaire et préconise un Front fondé sur le combat social et les organisations ouvrières.

Suite à la victoire du Front Populaire en juin 1936, il exhorte Blum à rompre avec le capitalisme, mais ce dernier, réformiste, est méfiant vis-à-vis du monde ouvrier et de cette grève générale qui est en train de l'obliger à prendre directement les mesures sociales d'exception promises lors de sa campagne.

 

Déçu par la politique trop modérée de Blum, Marceau Pivert rompt avec la SFIO en 1937 et crée le PSOP (Parti Socialiste Ouvrier-Paysan). On peut trouver une certaine ressemblance avec le BOC catalan (Bloc Obrer y Campesino – Bloc Ouvrier et Paysan) créé par les Comités Syndicalistes Révolutionnaires espagnols, qui donnera le POUM (Partido Obrero de Unificación Marxista – Parti Ouvrier d'Unification Marxiste). D'ailleurs, beaucoup de militants du POUM exilés d'Espagne suite à la défaite contre les franquistes rejoindront en France le PSOP de Pivert qui oscille entre marxisme anti-autoritaire et réformisme radical (sans compromis). Le parti sera interdit et dissout sous le régime collaborationniste de Vichy en 1940.

 

Notre utilisation aujourd'hui

 

Après ce petit côté historique des trois flèches, nous en arrivons donc à notre utilisation aujourd'hui.

Tout d'abord, les Redskins Limoges sont d'orientation révolutionnaire et anti-autoritaires. Seulement « d'orientation », parce que nous ne nous considérons pas comme une fin en soi. Nous n'avons pas la prétention comme d'autres collectifs ou groupes antifascistes de se revendiquer « anticapitalistes », tout simplement parce que ce n'est pas notre rôle.

Etre « anticapitalistes », c'est être organisés dans une structure de classe qui peut assumer et assurer la lutte de classes au quotidien avec comme objectif la destruction du capitalisme. Nous ne sommes qu'une petite structure informelle et activiste temporaire, notre but étant au travers de notre engagement dans les organisations de classe, de gagner celles-ci à la nécessité de s'organiser en force de combat massive antifasciste et de classe.

Nous nous sommes réappropriés le logo guerrier des trois flèches, non pas pour saluer les idées social-démocrates de Tchakhotine, mais pour saluer ses initiatives dans le domaine de l'autodéfense prolétarienne, parce qu'il est le premier à l'avoir structurée et propagée massivement. Nous revendiquons cet héritage des Arditi del Popolo et des formations prolétariennes d'autodéfense contre le fascisme et le capital ; il est donc important pour nous que les trois flèches ne tombent pas dans l'oubli et ne soient pas uniquement vues par l'apport réformiste de l'organisation qui se les est appropriées. Les trois flèches sont en dehors de l'idéologie de celui qui les a créées, un moyen simple, rapide et efficace de contrer la propagande fasciste et réactionnaire dans les rues.

 

De plus, les sections redskins/RASH qui utilisent le plus ce symbole aujourd'hui sont le RASH Bogota et le RASH Roma, largement composées de militant-e-s anarchistes, léninistes et marxistes-léninistes, c'est à dire opposé-e-s à la stratégie social-démocrate. On ne peut donc comparer l'utilisation des trois flèches aujourd'hui à de la propagande SFIO ou « social-démocrate ». Ces organisations se les sont appropriées à une époque donnée, les trois flèches sont tombées dans l'oubli, à nous aujourd'hui de les remettre au devant de la scène avec nos propres valeurs suivant les conseils de Tchakhotine en matière d'antifascisme.

 

  tre_frecce_striscia.jpg

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 16:23

Après plusieurs tentatives de vouloir créer différents groupes nationalistes et néo-fascistes pour pouvoir apparaitre publiquement et faire de la politique (en vain), nos fachos locaux ont trouvé de nouveaux petits larbins en manque de sensations et de repères pour espérer relancer l'extrême droite dans la région de Limoges.

Cette nouvelle génération très manipulable et ignorante se regroupe principalement autour d'une bande de jeunes qui se fait appeler LF « La Familia ». A leurs heures de sortie ils s'amusent à s'identifier au hooliganisme dans les boites de nuit, persécutant, agressant, harcelant de jeunes personnes issues de l'immigration et ne correspondant pas à leur « critère blanc » et « d'identité européenne ». C'est là que la connexion s'est établi avec les « vieux » de l'extrême droite radicale locale, notamment les néo-nazis du groupe « Lemovice » et leur association satellite « Front des Patriotes ».

Après un court moment d'affiliation au « Bloc Identitaire », organisation néo-fasciste, raciste et xénophobe calquée sur le modèle transalpin de la Ligue du nord, les voilà qui rejoignent le Front National. Ils en reviennent donc aux fondamentaux avec l'arrivée des prochaines élections présidentielles et ne lésinent pas sur les moyens : des diffusions de tract sur les marchés, des collages de propagande ont déjà été effectués dans Limoges et ses alentours.

 

Même si les médias tendent à nous faire croire que Marine Le Pen et son parti ont quelque peu changé, évolué, en améliorant l'image, la prestation, la composition de ce dernier, il n'en demeure pas moins que les grandes lignes réactionnaires, populistes, xénophobes et bourgeoises sont maintenues avec en plus une dimension sioniste. Et pour exemple, n'oublions pas cette photo de 2006 montrant Marine Le Pen posant entre de deux skinheads néo-nazis (« boneheads ») Lyonnais de « Lyon Dissident » et « Bunker Korp » – photo pour laquelle elle tenta de se justifier en assurant qu'elle ignorait leurs sympathies pour le nazisme même si l'un d'eux portait une croix gammée sur le tee-shirt–.

N'oublions pas que ceux qui ont diffusé des tracts du FN au marché de Panazol et à Saint-Pardoux cet été et qui continuent leurs activités, arborant le slogan FN pour les présidentielles « les gars de la Marine », sont les mêmes qui organisèrent le concert néo-nazi au titre de soirée privée mais intitulé « Deuxième Festival du Front des Patriotes » dans une salle de Saint Léonard de Noblat ce 3 septembre 2011. Concert qui fit du bruit dans les journaux locaux car on pouvait y voir les groupes phares de la scène néo-nazie et nationaliste française avec la présence pour l'organisation et la sécurité de militants venant du réseau nazi paramilitaire « Blood and Honour » européen, fiché comme « organisation terroriste » dans tous les pays où elle est présente pour des meurtres collectifs et individuels à répétition et des attentats à caractères raciaux et politiques.

 

Bref, nos « gars de la Marine », même s'ils font acte de civisme en public pour sauver l'image d'un FN maintenant « tolérant » et « républicain » selon les ordres de la chef pour les présidentielles, ont bien une activité parallèle qui nous confirme que le FN ne suit pas l'évolution décrite par les médias bourgeois. Il est bon d'ailleurs de savoir que cette situation n'est pas propre au Limousin.

 

Guoingouin-copie-2.JPG

Même si le FN se présente maintenant comme un parti respectable parmi les autres, et même s'il semble vouloir évoluer par rapport à son passé virulent d'extrême droite radical raciste, il reste un parti profondément conservateur et réactionnaire ancré à la droite de la droite, du côté des puissants et des oppresseurs. Son orientation populiste qui l'amène à flirter et à vouloir appâter le prolétariat et la classe ouvrière n'est qu'une illusion quant aux changements en matière sociale. Ce n'est pas pour rien si le FN a tenté d'instrumentaliser le combat syndical dans plusieurs confédérations et d'opérer un travail d'entrisme, de noyautage dans la CGT, laquelle a su à temps régler le problème sans concession ni compromis.

 

Même repeinte à « la couleur Marine », l’exploitation par le FN des peurs et de la précarité sociale engendrée par les politiques en vigueur demeure la même et trouve sa source selon lui dans une cause principale : « l’étranger ». L’immigré comme le français qui n’est pas « de souche » sont ainsi présentés comme les responsables de tous les maux.

Cela a comme conséquence de détourner l’attention des véritables causes de l’exploitation dont les travailleurs-euses, quelque soit leur origine, sont victimes et donc de contribuer à entretenir le système tant décrié. N'oublions pas que Jean-Marie Le Pen fut patron d'une grande filiale du Bâtiment et que nombre des cadres du parti sont également des patrons.

D'ailleurs, régulièrement, le FN se place du côté du patronat et des classes possédantes pour condamner les grèves des travailleurs-euses et les luttes ouvrières comme le 22 octobre 2010 où Marine Le Pen affirme que « les syndicats [...] jettent la France dans la chaos » et que « la tolérance zéro doit être appliquée » ; ou encore Bruno Golnisch (second du FN) qui prétend que « les grèves sabotent l'économie française ».

 

Et oui... c'est le vieux discours patronal et bourgeois entretenu depuis que l'industrialisation et le rôle économique des classes sociales existent, contre les travailleurs-euses qui ont commencé à s'organiser pour faire face aux abus, à la misère, à l'exploitation et aux attaques qu'ils subissaient. Le FN est bien du côté des dominants et du capitalisme !

 

Les Redskins Limoges, collectif de vigilance et d'action contre le fascisme dans la rue, mettent donc en garde contre cette résurgence de l'extrême droite locale. La peur est la meilleure arme entretenue par ceux et celles qui nous dirigent pour pouvoir mieux nous diviser. Organisons-nous, défendons-nous et passons à l'offensive !

tre frecce striscia

Partager cet article
Repost0
8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 17:05

Analyse et critique de la réappropriation de l'occitanisme par les identitaires

 

    C'est avec indignation et consternation que nous assistons à la réappropriation de la crotz occitana (croix occitane), la langue et la culture occitane par les identitaires provençaux des groupes « Nostra Revolta » et « Reconquista ».
Pour nous, qui sommes sur la terre occitane limousine et qui partageons une certaine idée de l'occitanisme, les identitaires ne sont que les descendants des bouffons des rois de France. Ils se réclament « occitans » mais les contradictions ne se font pas attendre pour ces personnes n'ayant aucune idée ni notion de ce qu'ils veulent paraître.
Calqués sur le modèle transalpin de la Ligue du Nord, un parti xénophobe, raciste, traditionaliste et régionaliste, ils tentent de donner une nouvelle dimension pragmatique au fascisme et à l'extrême droite en général, abandonnant stratégiquement le terme de « nationalisme » au profit de « l'identité » pour pouvoir se refaire une santé auprès d'une population qui n'a plus de conscience occitane. 

Ainsi nous pouvons voir dans leur texte de présentation que ce « régionalisme occitan », ce fameux « réveil de l'identité », n'est bien qu'une façade publicitaire bonne pour touristes, puisque ce qui est mis en avant c'est avant-tout une France et une Europe blanche et catholique de tradition: « fierté Languedocienne, Française et Européenne ».
Ainsi ces révisionnistes ont surement oublié que la base de l'Occitanie c'est: à la fois le métissage et l'émancipation culturelle contre l'ordre moral, social et politique d'une église d'occident obscurantiste et intransigeante pendant des siècles; et une vision contestataire originale de la société qui puise ses origines dans la lignée des comtés de Toulouse qui furent les seuls à accueillir dès les 11ème et 12ème siècles les différents courants de pensée intellectuelles et libres, des arabes, des juifs, des prêtres en rupture, les parfaits cathares,... jusqu'à vouloir même une République fédérative occitane, avec séparation des pouvoirs et contrôle populaire, contre la monarchie française au 16ème siècle.
Ces bouffons pseudo-régionalistes n'ont d'ailleurs pas peur des raccourcis pour pouvoir vendre plus facilement leur soupe (au cochon) empoisonnée. N'éprouvent-ils aucune honte lorsqu'ils se parent d'un fantasme guerrier cathare qu'ils déconnectent de l'histoire pour faire un parallèle actuel anti-immigration... et bien non ! C'est pourtant une erreur et une insulte historique ! Les cathares ont bien lutté contre l'envahisseur, c'est vrai... mais cet envahisseur c'était avant tout les français et les catholiques !

Les identitaires ne sont que des imposteurs et des hypocrites au service du pouvoir de colonisation culturelle de l'Etat français. Ils n'hésitent pas d'ailleurs à l'affirmer clairement en revendiquant le fait qu'être occitan, français et européen c'est complémentaire. Ils reprennent fièrement le statut donné par l'envahisseur français pour détruire le sentiment indigène comme marque souveraine de l'identité régionale: le « Midi ». Ainsi, nous voyons bien que leur identité occitane n'est qu'une vitrine marchande pour faire de l'adhésion auprès d'une population qui a encore une certaine conscience autochtone après plus de 8 siècles de massacres, d'oppression et d'occupation. Le « Midi » désigne la position par rapport à Paris, c'est le terme imposé au XIXème siècle par l'Etat français pour considérer l'annexion aboutie des terres d'Oc, la victoire définitive sur les révoltes populaires courantes dans cet espace insoumis.

 

reds-oc---Copie.png

 

    Nous le voyons bien, les identitaires sont finalement les seuls à ne pas avoir d'identité, ils sont frustrés et se croient obligés de détourner tout ce qui pourrait leur donner de la crédibilité. Mais ne nous y trompons pas, ces agneaux déguisés restent des loups ! Leur occitan n'est qu'un prétexte, il est aussi pauvre que leur existence, c'est d'ailleurs pour cela qu'à aucun endroit de leurs sites, à aucune de leurs apparitions, nous voyons chez les identitaires provençaux l'estello (étoile à 7 branches) symbolisant l'unification des terres d'Oc et de leurs dialectes. Ils ne sont donc que localistes et se foutent bel et bien de l'occitanisme.
Nous le répétons, l'identité géographique de l'Occitània c'est qu'elle est une terre nord méditerranéenne ! Ce n'est en aucun cas une terre sud européenne ! C'est d'ailleurs pour cela que les révoltes populaires depuis le 10ème siècle sont très fréquentes: parce que les occitans ne voulurent jamais être pris dans les conflits qui n'étaient pas les leurs: guerre de Cent Ans, guerres religieuses, guerres européennes.

Ainsi nous condamnons et condamnerons avec force ces fachos et leurs réappropriations insultantes. Nous combattons et combattrons avec détermination ces racistes qui veulent faire de l'occitanie se qu'elle n'est pas: une terre fermée et d'exclusion. Nous rappelons que son histoire n'existe que parce qu'elle fut et reste métisse et ouverte !
Si nous nous considérons comme occitans et occitanistes ce n'est pas par goût d'un patriotisme ou régionalisme mal placé ou d'un quelconque nationalisme exacerbé, c'est parce que les luttes de libération nationale et les luttes d'indépendance participent à la réappropriation d'un pouvoir populaire dans un espace donné, ce sont des luttes pour la souveraineté. Nous sommes néanmoins vigilants et adoptons une analyse de lutte de classe et internationaliste.
L'internationalisme, c'est la solidarité internationale de la classe travailleuse et exploitée, c'est aussi en perspective révolutionnaire le partage des richesses tant matérielles que culturelles. Nous considérons que l'internationalisme n'aura de valeur qu'en préservant les cultures (comme l'occitan) pour pouvoir les faire partager.
Nous affirmons que l'indépendance et l'idée de libération ne passent pas par l'installation d'une classe bourgeoise au pouvoir (qu'elle soit française, occitane ou autre) mais par la réorganisation de la vie sociale et de la production vers la satisfaction des besoins exprimés par les classes populaires exploitées. Le pouvoir doit revenir à la classe qui crée les richesses et les services en Occitanie comme ailleurs !

 

Occitània tèrra de mesclanha !

Occitània Antifascista !

 

PEUS-ROGES LIMOTGES

Partager cet article
Repost0
8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 09:57

Ils étaient hostiles au régime de Vichy : après avoir été internés dans les camps haut-viennois, ils ont été déportés en Algérie. Un épisode méconnu. Un hommage indispensable.

Le 1er mars 1941, ils sont alignés en gare de Pierre-Buffière (Haute-Vienne).

  

Syndicalistes ouvriers et paysans, communistes, libertaires, socialistes ou pacifistes. Non seulement leur combat contre le régime de Vichy leur a valu d’être internés à Nexon, Saint-Paul-d’Eyjaux et Saint-Germain-les-Belles, mais dans l’enceinte de ces camps de la honte, on a jugé leur militantisme à ce point dangereux qu’on les a classés « irréductibles » et qu’on a décidé de les exiler.

Direction Djelfa, au sud de l’Algérie. Dans un camp aux conditions de vie d’une extrême pénibilité. Les plus affaiblis ne s’en relèveront pas.

 

Ce 1er mars 1941, 281 internés – ils seront au total 500, dont six Limousins – sont montés dans le train pour Alger.

Les exilés limousins vers l’Algérie : Joseph Biogeaud et Jean-Baptiste Soulier de Brive, Marcel Bonnin, François Chatelus, Marcel Lenoble et François Roby de Haute-Vienne.

Les associations d’anciens combattants, résistants et déportés, des élus locaux et régionaux mais également beaucoup d’anonymes avaient tenu à être présents, hier, pour une cérémonie commémorative chargée d’émotion, 70 ans après les faits. « Un hommage un peu tardif peut-être, mais essentiel », insistait Yvonne Pacail, qui avait fait l’honneur de sa présence et accepté de dévoiler la plaque apposée sur la façade de la gare. Elle est en effet la fille de Marcel Pacail, qui fut interné dans un de ces camps haut-viennois.

 

(Source Le Populaire)

 

ain_srar3.jpg

 

(ce qu'il reste du camps de Djelfa).

Partager cet article
Repost0
5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 15:18

Voici le numéro 2 de notre bulletin:

 

  PR lgs

 

Première page : http://img822.imageshack.us/i/1erpage.jpg/
Deuxième page : http://img593.imageshack.us/img593/8589/page2c.jpg
Troisième page : http://img12.imageshack.us/i/page3ae.jpg/
Quatrième page : http://img199.imageshack.us/i/page4xr.jpg/

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 10:35

Les Redskins Limoges vous proposent une brochure sur l'autodéfense prolétarienne.

En 20 pages, elle fait part d'une étude historique et pratique de cette autodéfense dans la perspective révolutionnaire.

 

Elle comporte:

 

- Une introduction qui démontre la nécéssité de l'Autodéfense Prolétarienne aujourd'hui.

 

- Un chapite "Histoire - Mémoire et exemples passés de l'Autodéfense Prolétarienne" qui retrace à travers les Etats-Unis, la Russie, l'Italie, l'Allemagne et la France quelques groupes se revendiquant de cette défense organisée et armée du prolétariat.

 

- Un chapitre sur "L'organisation de l'Autodéfense Prolétarienne" avec un apport théorique des différentes formes d'autodéfense (groupes prolétariens de vigilance antifasciste, les services d'ordres...).

 

- Un chapitre "Schémas de Service d'Ordre et d'autodéfense" qui explique de manière pratique le rôle du service d'ordre (la circulation, la protection), l'attitude et la réaction face à la répression et aux attaques de nervis fascistes (chaînes et trinômes d'actions).

 

- Un chapitre sur "l'Autodéfense Juridique" qui est une synthèse des différents travaux faits par le SRA, le syndicat de la magistrature etc...

 

- Et enfin, une conclusion "Préparer la confrontation physique et morale... ou la subir tôt ou tard"

 

Brochure-Autodefense.gif

 

L'autodéfense prolétarienne, quand elle est utilisée de manière cohérente selon sa vocation, est la clé qui fait passer une situation pré-révolutionnaire à une situation révolutionnaire. Protéger le prolétariat dans sa lutte revendicative, dans son combat de lutte de classe, veiller à la victoire de notre rapport de force, c'est permettre au prolétariat d'avancer vers la Révolution Sociale et enfin d'arriver à son émancipation totale.

 

Nous contacter à: peaux_rouges@yahoo.fr si vous désirez en recevoir ou avoir des infos.

 

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 14:36

 

Rencontre avec notre romancier social, un gallois local, qui a récemment commencé à écrire une trilogie parlant de la guerre d'Espagne, du camp de Mauthausen et de la condition féminine dans le système concentrationnaire franquiste après 1939. Le premier tome: Un plat de sang andalou est sorti fin 2008, le deuxième: Nos yeux maudits est sorti fin aout 2010, nous attendons avec impatience le troisième.

 

David, on le croise depuis 2001 aux concerts, aux manifs, dans la rue, au local Undersounds ou dans les lieux alternatifs, militants et contre-culturels de Limoges, il a tenu l'an dernier une conférence sur Mauthausen organisée par la CNT Supérieur Recherche 87.

Autant donc préciser qu'on le connait tous et toutes et que ses romans étaient attendus. Pour cerner le personnage et ses écrits, il faut comprendre un peu son parcours: Gallois, né en octobre 1959 et fils d'ouvrier, il devient marxiste à 17 ans sous l'influence de l'un de ses professeurs. Après quelques tours dans la tribune Manchester City, il entame des études supérieures où, rencontrant différents groupuscules se revendiquant « marxistes » mais « surtout grande gueules n'y comprenant pas grand-chose », il entame une maitrise de théorie politique marxiste: « Je voulais étudier le vrai du faux au milieu de toutes ces interprétations erronées ».

 

C'est au même moment que les grandes grèves minières britanniques de 1984 ont lieu et il va très fortement participer aux actions de solidarité étudiants-travailleurs. On le retrouve comme piquet de grève volant dans le Yorkshire pour faire face aux flics et aux jaunes devant les puits.

« Au bout de quelques temps, les mineurs m'avaient adopté comme si j'étais mineur moi-même, j'étais un des leurs, dans les commissions d'organisation, d'action et de liaisons avec les étudiants ». Il partage, se bat pour cette culture de classe, « cette classe ovurière qu'on détruisait devant nous. La population avait conscience du poids des mineurs et savait que l'Angleterre ne s'en relèverait pas ».

 

En 1986-1989, il par à Florence pour faire un doctorat sur les fascismes italien, français (les ligues d'extrême droite dans les années 1920-30) et allemand, et concilie de brillantes recherches sur la structure organique des camps de concentration et d'extermination nazis (notamment Mauthausen, seul camp classé en catégorie 3) et son activité ultra à la Fiorentina où on le retrouve dans les émeutes nocturnes qui opposent la Fiorentina à la Juventus: « Il y avait beaucoup de nazis à la Juv', mais pas à la Fiorentina ».

 

De retour en Angleterre, il est au chômage, c'est là qu'il devient romancier, voulant garder la classe ouvrière et le mouvement populaire comme thème dominant de ses écrits. Son premier roman social, Anger's Violin, arrive en 1998, il parle de la grève des mineurs et des dérives de la misère sur fond irlandais. L'éditeur le plaque car son bouquin est beaucoup vendu en Irlande, vertes, mais pas assez rentable dans les autres contrées britanniques, or, « seul le succès en Angleterre compte! ».

 

Il arrive en France en 2001 et passe une année à l'université de Limoges comme « lecteur en anglais » (il donne des cours de langue et culture anglaise), et écrit le premier roman de la trilogie en 2005, celui-ci ne paraît qu'en 2008, après 28 refus de différentes maisons d'édition.

 

Pourquoi le thème de la guerre d'Espagne pour tes écrits ?

 

« La guerre d'Espagne me fascine depuis longtemps, elle fut le théâtre expérimental de la guerre idéologique, de la guerre de classe. Puis ce thème me fait partager et retrouver des sentiments que j'avais éprouvé lors de mon expérience avec les mineurs en grève: sentiment d'incroyable liberté, d'insoumission, de force... puis tôt ou tard on t'impose le réveil, ceux d'en face ont quand même gagné. Ce thème me permet d'écrire également sur les Brigades Internatioanles ou tout du moins de volontaires internationalistes car comme j'étais passé par plusieurs pays et avais étudié dans les langues vivantes étrangères, je pouvais mettre en scène des personnages italiens, allemands, français... en tenant compte deleurs cultures, le histoire, expressions, etc. »

 

Parle-nous un peu de la trilogie

 

« Le premier tome se déroule pendant la guerre d'Espagne, des volotnaires communistes arrivent de différents pays pour prêter main-forte aux Républicains contre les fascistes, ils font connaissance dans la ville portuaire d'Almeria en Andalousie. Cette ville résiste tout au long de la guerre (« et c'est historiquement vrai ») du 21 juillet 1936 au 28 mars 1939. Évidemment comme dans tout roman, il y a une histoire d'amour, en l'occurrence là avec une anarchiste espagnole qui va suivre les trois-quatre camarades volontaires (personnages principaux) jusqu'à la fin de la trilogie mais également une histoire d'amour envers ce peuple insoumis, cette ville résistante.

  

un-plat-de-sang-andalou-david-m-thomas.gif

 

Le deuxième tome "Nos yeux maudits", avec les mêmes personnages, traite de l'exil mais surtout du système concentrationnaire de Mauthausen, l'occasion pour moi de faire part de mes recherches dans ce domaine. J'y dévoile avec la réalité et la précision historique toute la structure, le plan, les possibilités d'évasion mais également tous les noms, grades et places qu'occupaient les nazis internes au camp qui eux n'ont jamais été jugé ou punis, pour que leurs noms pourrissent et l'on n'oublie jamais !

Ce deuxième tome est aussi l'occasion de se lâcher car j'y ai placé un scénario commando (toujours autour des personnages). En somme, on est au croisement de Karl Marx et des Douze Salpards ! (film de 1967 dont Inglorious Basterds, de Tarantino, s'est inspiré).

 

54830490_p.gif

 

Le troisème tome portera sur le régime franquiste et otammen la condition des femmes républicaines, communistes, anarchistes dans les prisons fascistes espagnoles, souvent enceintes car violées par ces porcs de vainqueurs... J'y mets également en valeur le contraste entre la joie et l'euphorie; l'insoumission du premier tome et son opposé, avec ce dernier opus, parallèle au contraste enduré pendant les grèves minières britanniques. »

 

 

Ses bouquins sont disponibles chez www.quidamediteur.com

Partager cet article
Repost0