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  • : Site d'information des Redskins de Limoges, collectif antifasciste informel et contre-culturel. Nous avons la conviction que si la première étape de la lutte antifasciste se joue bel et bien sur le terrain des idées, l'échéance suivante sera celle de la confrontation physique. Notre objectif est donc de sensibiliser les organisations et personnes à la nécessité de se préparer mentalement et physiquement contre le fascisme. mail: peaux_rouges@yahoo.fr
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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 13:33

L'ère de la piraterie Euro-Américaine débute avec la découverte du Nouveau Monde (1492) et de l'énorme empire conquis par les Espagnols dans les Amériques. De nouvelles technologies permirent aux voyages en mer d'avoir plus de régularité et de précision, et les nouveaux empires émergeant étaient autant basés sur le contrôle des terres que sur celui des mers. Les Espagnols constituaient la superpuissance maritime du 16 ème siècle, mais ils ne restèrent pas très longtemps sans concurrence: les Français, les Hollandais, et les Anglais se battaient pour les devancer dans la conquête impériale.

 

Avec cette nouvelle ère que l'on pourrait qualifier de « premier capitalisme », la navigation n'était plus uniquement utilisée pour les produits de luxe, mais devint la base d'un réseau commercial international essentiel dans l'origine et le développement du futur capitalisme industriel qui arrivera deux siècles plus tard.

L'expansion massive du commerce maritime durant cette période créa de façon évidente une population de marins: premier prolétariat à exister de manière historique, premier groupe important de travailleurs ayant vendu leur force de travail aux capitalistes marchands, eux-même au service d'une économie nouvellement mondialisée.

Pour beaucoup d'entre eux, la piraterie paraissait être une bonne alternative aux dures réalités des navires de commerce ou de guerre. On a pu fréquemment observer qu'à la fin des guerres, les corsaires (mercenaires) et les marins jetés au chômage devenaient pirates pour se sortir de la misère et de la faim. C'est par exemple le cas de la Guerre de la Reine Anne, qui dura 11 ans (1702-1713), qui provoqua une forte baisse des salaires et où 40.000 marins se retrouvèrent sans travail.

Donc effectivement, nous pouvons aisément deviner que la combinaison d'hommes expérimentés dans le monde maritime, la guerre en mer, la capture et le pillage de navires, rejoignant la piraterie, déclenchèrent la première grande crise mondiale liée au commerce en s'attaquant aux échanges et colonies qui se développaient.

 

 

  

 

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La piraterie, d'abord utilisée comme arme d'attaque entre les puissances impériales, fut forcée d'évoluer entre la fin du 17ème et le début du 18 ème siècle. Les pirates n'étaient plus des boucaniers festoyeurs subventionnés et employés par les bureaucrates impériaux des État, pour être envoyés contre les empires rivaux, mais des esclaves en fuite, des mutins, un mélange pluriéthnique de prolétaires rebelles qui furent les premiers à rejeter le racisme (en majorité, mais pas tous, certains profitaient des esclaves comme monnaie d'échange), néanmoins, par exemple, des pirates appuyèrent la révolte des haïtiens pour l'indépendance. On peut également observer le rejet du sexisme. Concernant, les femmes, il n'est pas rare de les trouver sur les bateaux pirates entre le 17ème et le 18ème siècle, une façon de se rebeller contre l'émergence des rôles et des genres. C'est le cas de Mary Read et Anne Bonny.

 

Les vrais pirates étaient ceux qui rejetaient explicitement l'Etat,ses lois, ses rapports sociaux définis par l'économie, et se déclaraient en guerre contre celui-ci.

S'en suivit la première guerre de classe historique basée sur l'antagonisme que ça sous-entend, entre ces prolétaires rebellés et les États impériaux, puissances maritimes. Plus il y avait de pirates capturés et pendus, plus la cruauté des survivants était grande.

 

De nombreux pirates disposaient d'un sens affiné de la conscience de classe. La piraterie était en un sens une stratégie dans un des premiers cycles de la lutte des classes dans l'Atlantique.

Les marins recouraient aussi à la mutinerie, à la désertion et à d'autres tactiques pour survivre et résister à leur sort. Les pirates étaient probablement la section la plus internationale et militante de ce premier prolétariat.

En opposition donc avec l'émergence du capitalisme commercial et maritime, les pirates créèrent un monde qui leur était propre, où ils avaient le choix en eux-mêmes, un monde de solidarité et de fraternité, où ils partageaient les risques et les gains de la vie en mer, prenaient collectivement les décisions et vivaient pour eux-mêmes dans le présent, refusant de servir d'outils aux commerçants pour que ceux-ci puissent accumuler des richesses.

Chaque équipage fonctionnait sous les termes d'articles écrits, adoptés par l'intégralité de l'équipage et signé par chacun de ses membres. Par exemple, les articles de l'équipage de Bartlolomew Robberts commencent ainsi: « Tout homme a une voix dans les Affaires en Cours; a un titre égal aux Provisions fraîches ou aux liqueurs fortes, saisies à tout moment, et peut les utiliser suivant son bon Plaisir, à moins qu'une Disette ne rende nécessaire pour le Bien de Tous, le vote d'un Retranchement ».

Les navires pirates opéraient à partir du principe « Pas de Prise, pas de Paie », mais lorsqu'un vaisseau était capturé, le butin était réparti grâce à un système de partage: une part équitable du butin pour chacun, même le capitaine comme peut le montrer le Whydatt, vaisseau pirate de Sam bellamy qui subit un naufrage et fut découvert en 1984, les objets trouvés, les bijoux avaient des entailles visibles qui suggéraient qu'on avait essayé de les diviser équitablement;

La dure vie en mer transformait l'entraide en simple tactique de survie.

Les articles pirates établissaient souvent un « concubinage » entre eux, l'homosexualité était acceptée, si l'un mourrait, l'autre récupérait ses biens. Les articles incluaient également une sorte de part de pension pour les pirates blessés et incapables de participer aux combat.

Les capitaines pirates étaient élus et pouvaient être destitués à tout moment pour abus d'autorité, de lâcheté ou de cruauté; il ne jouissait pas de privilèges spéciaux. Il avait juste le droit de commander pendant la bataille, sinon toutes les décisions étaient prises par l'équipage tout entier en démocratie directe.

 

Prenons pour finaliser ce texte, l'exemple de Libertalia, île au nord de Madagascar baptisée ainsi par le Capitaine Misson et son équipage apatride, au 17ème siècle. Elle devient la première communauté intentionnelle de la piraterie à construire une nouvelle société. La collectivisation des biens fut mise en place, les décisions sont soumises au vote de toute la compagnie. Les pirates s'établirent sur cette crique au sol fertile, à l'eau claire et aux habitants accueillant et attaquaient les négriers pour en libérer les esclaves et les marins, faisant de nouvelles recrues pour vivre avec eux.

 

A lire sur le sujet, aux éditions Libertalia: "Pirates de tous les pays" et "Les forçats de la mer" de Marcus Rediker, historien de la piraterie.

 

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