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  • : Site d'information des Redskins de Limoges, collectif antifasciste informel et contre-culturel. Nous avons la conviction que si la première étape de la lutte antifasciste se joue bel et bien sur le terrain des idées, l'échéance suivante sera celle de la confrontation physique. Notre objectif est donc de sensibiliser les organisations et personnes à la nécessité de se préparer mentalement et physiquement contre le fascisme. mail: peaux_rouges@yahoo.fr
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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 14:08

Les Molly Maguires formaient une société secrète irlandaise composée d'ouvriers mineurs. Les « Mollies », étaient présents dans les mines de charbon de Pennsylvanie aux Etats-Unis depuis la période de la guerre de Sécession jusqu'à une série d'arrestations et des procès entre 1876 et 1878. Cette société secrète est née en Irlande, parmi les métayers luttant contre l’exploitation anglaise et les propriétaires térriens. La répression de tout syndicalisme par les propriétaires des mines provoqua une vague de sabotages et d’agressions contre l’encadrement capitaliste.

 

Regardons de plus près, à partir du chapitre consacré aux Molly Maguires dans le livre « Dynamite! 1830-1930, Un siècle de violence de classe en Amérique » de Louis Adamic, aux éditions Sao Maï.

Cet article reprend en grande partie ce qui est écrit dans le chapitre mais quelques précisions de contexte, d'état d'esprit et d'expression ont été rajoutées. Les références religieuses ont également été volontairement mises au second plan, mais il faut savoir que bien que les Molly Maguires avaient une certaine conscience de classe, leurs actions solidaires émises dans leur charte, (qui donnera plus tard la base des sociétés de secours mutuels, des Bourses du travail et autres bases du syndicalisme révolutionnaire qui marquera les IWW), sont aussi dictées par la mentalité religieuse catholique bien particulière du contexte irlandais. Il faut également préciser que cette délinquance ouvrière que formaient les Mollies n'avait pas de réelle conscience révolutionnaire anti-capitaliste, mais juste la volonté d'en découdre, de rendre coup pour coup. Les Molly Maguires ne surent pas donner une dimension réellement révolutionnaire pour pouvoir donner une dynamique d'expropriation et de réappropriation des moyens de production par les travailleurs eux-mêmes, bien que le phénomène des Mollies soit clairement de classe. L'inefficacité des syndicats traditionnels d'époque face aux brutalités industrielles, l'indifférence criminelle des employeurs pour la sécurité des mineurs, le tempérament bouillant d'irlandais naturellement accoutumés à l'injustice et l'exploitation historique... formèrent le terreau à cette terreur ouvrière.

 

    Mollies

 

Les Molly Maguires.

 

Contrastant singulièrement avec les organisations ordinaires et impuissantes de l'époque, les Molly Maguires, société secrète de mineurs opérant en Pennsylvanie dans les années 1860-1870, avaient commencé, pour atteindre leurs buts, une méthode principale que l'on peut résumer en deux mots: terrorisme et assassinat.

Pour comprendre le phénomène américain des Molly Maguires, il faut remonter dans l'histoire de l'Irlande féodale jusque vers 1840. A cette époque vivait là une petite veuve énergique nommée Molly Maguire, fortement hostile au système de rente alors en vigueur dans sa contrée. Bravant ledit système, elle devint le guide spirituel d'un mouvement de résistance plus ou moins organisé. Barbare à sa façon et, à tout le moins pittoresque personnage que cette Molly, qui se noircissait de temps à autre la face, transportait sous ses jupes un pistolet lié à chacune de ses fortes cuisses et vouait une haine particulièrement tenace aux propriétaires terriens et à leurs agents, aux baillis, aux huissiers. Il semble que l'expression de cette haine ait, chez notre petite veuve, essentiellement consisté à molester ou assassiner ce genre de personnage, qu'elle procédât elle-même ou en chargeât « ses garçons », lesquels s'étaient eux-mêmes baptisés les Molly Maguires, ou Mollies.

Molly avait une dent contre le gouvernement, qui procédait aux collectes d'impôts pour le compte des gros propriétaires tyranniques. Elle était à la tête d'un groupe qu'on appelait le Parti de la Terre Libre et dont l'emblème n'était autre que son propre jupon rouge.

Tout propriétaire, tout agent assermenté expulsant un paysan du coin pour cause d'impayés, prenait le risque de signer du même coup son arrêt de mort. La chose se passait très simplement. Des Mollies, sinon Mme Maguire elle-même en entendait d'abord forcément parler, à un moment ou un autre. Puis on retrouvait le cadavre de l'indélicat, balancé dans un fossé quelconque, ou étendu sans façon sur le sol de chez lui. Cette politique de suppression systématique se révéla tellement efficace que, pour un temps, des régions entières de l'Irlande (notamment Tipperary, West-Meath, les comtés de King et de Queen) furent considérées comme inhabitables par qui que ce fût d'autre que les Mollies eux-mêmes. Les autorités résolurent finalement, sur l'injonction des propriétaires désespérés, de se mettre à persécuter sérieusement la veuve, et ses garçons, jusqu'à ce que ces derniers se décidassent à émigrer en masse vers l'Amérique des années 1850.

 

Une fois arrivés, beaucoup d'entre eux commencèrent à chercher du travail dans les mines de charbon de Pennsylvanie. L'existence des Molly Maguires comme ordre clandestin aux Etats-Unis est attesté dès le milieu de la décennie1850. Pour en devenir membre, il fallait d'abord être irlandais, ou justifier une ascendance irlandaise, être un bon catholique romain et de bonne réputation. Le but plus ou moins officiel de l'ordre (qui se dota en Pennsylvanie d'une charte et apparaissait parfois sous le nom de l'Ordre Ancien des Irlandais) était ainsi défini: « Promouvoir l'amitié, l'unité et la vraie charité chrétienne entre les membres et, de manière générale, concourir à tous actes et projets légitimement envisageables pour assurer les bonnes santé et gestion de l'association » (ces buts honorables, chaque membre comprenait qu'il fallait les atteindre « par des levées de fonds et de collectes, effectuées au profit des membres âgés, malades, aveugles, ou informes ».

Bien évidemment dans cette charte on retrouve également le côté religieux qui prétend que c'est via Dieu et la religion catholique que ces agissements de compassion existent chez les Mollies. Néanmoins il est bon de rappeler que les bourgeois et classes aristocratiques conservatrices étaient tout autant religieuses (bien qu'en majorité la différence se place dans le protestantisme). Ce qu'il faut préciser et analyser c'est que c'est bien la condition de classe qui détermine cette façon d'agir des Mollies d'aider son semblable, de semer la terreur chez les bourgeois, chez la classe d'encadrement capitaliste, de rendre coup pour coup contre ceux qui sèment la misère.

 

Et pendant que l'existence de l'Ordre se voyait ainsi pieusement fondée, dans les faits, les Molly Maguires se comportaient avec bien plus d'énergie encore aux USA que dans leur pays d'origine, non sans de très bonnes raisons. Au plus fort de leur influence (le début des années 1870), les attentats mortels se succédaient avec une grande régularité, jusqu'à transformer le simple syntagme « régions charbonnières de Pennsylvanie » en expression courante, et proverbiale, de la terreur à l'état pur. Les femmes de la bourgeoisie tremblaient à l'idée, seule, que leurs maris pussent annoncer un jour leur intention d'aller inspecter, vaille que vaille, les districts miniers du coin. Sur place, tout le monde refusait de mettre le nez dehors dès la nuit tombée. Même en plein jour, d'ailleurs, personne ne se fût aventuré à l'extérieur sans pistolet (et à dire vrai, celui-ci se révélait de peu d'utilité tant les assassins avaient tendance à faire mouche les premiers).

Un écrivain contemporain décrit de cette façon, pour un numéro de la Revue du Droit Américain daté de janvier 1877, les régions anthracifères de l'époque, lesquelles évoquent, pour lui, une sorte de « gigantesque Alsace »: « De ces tréfonds sombres et mystérieux, une litanie épouvantable parvenait jusqu'à nos oreilles d'histoires de meurtres, d'incendies, de crimes violents en tout genre. Aucun homme respectable ne pouvait certifier d'un jour à l'autre qu'il n'était pas promis à la disparition prochaine et brutale. Pour commencer à y voir clair dans son destin, il fallait exercer un certain métier: celui de superintendant, de « patron » des houillères. Ceux-là, du moins, étaient fixés: ils savaient à coup sûr que leur vie ne durerait plus longtemps. Attaqués partout, à tout moment battus, et abattus, sur les grands chemins ou à domicile, dans les lieux isolés ou au beau milieu d'une foule, sous les coups de leurs assassins, en d'effrayantes cohortes ».

 

Toutes ces choses étant dites, il ne fait aucun doute que le traitement particulier réservé aux travailleurs par les responsables des Houillères devait entrainer chez les premiers le ressentiment et le désir de vengeance qui les pousseraient à bout.

Chez les mineurs irlandais, le salaire était bas, c'est peu de le dire. On les payait au yard cube, au wagonnet ou à la tonne, et à la longueur des tunnels creusés. L'escroquerie patronale à la mesure et à la pesée était la règle. Les propriétaires consacraient spontanément une attention dérisoire à la sécurité des travailleurs. Les effondrements, fréquents, envoyaient au tombeau des centaines de victimes chaque année. En bref, les employeurs roulaient tout le monde dès que l'occasion se présentait. Mais ils rencontraient tout de même à la mine quelques difficultés.

Par exemple, était couramment distingués, dans le milieu, les « boulots pénibles » des « boulots tranquilles ». Un mineur, quel qu'il fût, préférait évidemment la seconde catégorie. Or, les irlandais se considérant alors plus méritants et supérieurs que les autres étrangers à débarquer, exigeaient que les boulots tranquilles leur fussent réservés. Et un Molly qu'on eu frustré de cette faveur s'en fût bien sûr trouvé fort faché, ce dépit pouvant trouver sa traduction immédiate en un tabassage sévère du patron concerné, voire pourquoi pas son assassinat. D'un autre côté, embaucher un Molly, c'était, pour le même patron, s'exposer au risque d'une dispute avec lui quant à la quantité ou la qualité du charbon quotidiennement extrait par le mineur. Et un désaccord avec lui signifierait également presque la mort assurée.

 

Pour un temps, donc, beaucoup de patrons refusèrent purement et simplement d'employer quelques irlandais que ce fût. Malheureusement pour eux, ces patrons là connurent tous une fin agitée. Un directeur décidait-il de voler audacieusement au secours de son chef, en bravant lui aussi un Molly, l'infortuné se trouvait automatiquement marqué du même sceau d'infamie et bientôt lui aussi battu ou supprimé.

Les employeurs, cependant, et leurs hommes de main, n'étaient pas les uniques ennemis des Mollies, lesquels vouaient un mépris tout irlandais aux pratiques pusillanimes et inefficaces des syndicats ordinaires (syndicats corporatifs bien souvent de mèche avec le patron). Cependant certains des Mollies de premier rang étaient aussi les leaders d'organisations de mineurs non secrètes. Un groupe d'entre eux contrôlaient par exemple l'Association de Bienfaisance des Mineurs et Travailleurs. C'est eux qu'on retrouve également derrière la longue grève salariale de 1874-1875 (finalement défaite) au cours de laquelle les mineurs souffrant le martyre, les Mollies leurs promirent la mort s'ils retournaient au travail (c'est à dire s'ils trahissaient la grève).

 

On procédait aux exécutions de manière dégagée, froide, presque impersonnelle.

Le Molly souhaitant voir son patron tué soumettait sa demande selon les règles en vigueur, auprès du comité local dont il dépendait. Si ce dernier donnait raison au plaignant (ce qui était le cas ordinairement) on sélectionnait au moins deux Mollies d'une localité différente (souvent d'un autre comté) pour expédier la besogne. Inconnus dans la région, ils seraient ainsi difficilement identifiables. Et s'il prenait à un Molly désigné pour tel ou tel meurtre de le refuser, c'est alors sa propre vie qui ne valait plus grand chose.

Les comités de doléances avaient l'habitude de se réunir dans l'arrière salle des salloons tenus par des camarades et d'y célébrer, après l'exécution, leur satisfaction joyeuse du travail bien fait, en compagnie des tueurs, dans la plus pure tradition irlandaise. La plupart étaient bien les dignes fils de leur mère spirituelle, la veuve Maguire: costauds, dynamiques, gros noceurs et buveurs, bagarreurs et braillards.

Comme ils étaient catholiques, les réunions lors desquelles se décidaient les meurtres s'ouvraient habituellement par des prières et chaque Molly allait régulièrement à confesse quoique les tueries ne fussent pas considérées par leurs auteurs comme des péchés personnels, mais comme de simples incidents rythmant inévitablement la conduite d'une guerre de classe. Pour cette raison, nul ne les confessait, bien évidemment l'Eglise catholique romaine d'Amérique eut officiellement condamné l'organisation et ses énergiques pratiques terroristes.

 

A partir de 1865, et pendant dix ans, les tueries des Molly Maguires se firent plus fréquentes.

Peu d'arrestations, encore moins de procès, et toujours pas une seule condamnation pour assassinat. Les meurtriers, toujours inconnus du voisinage et souvent des hommes jeunes, pourvus de jambes solides, étaient déjà bien loin lorsqu'on s'avisait de leur donner la chasse. Si malgré tout on en prenait un, une douzaine de Mollies se manifestaient aussitôt, prêts à jurer Dieu et la sainte vierge avoir passé avec l'accusé toute la soirée du meurtre. Quant aux jurés, l'Odre les sélectionnait soigneusement.

Le mouvement connut son apogée en 1873 et 1874. Les patrons de mines et autres gêneurs tombaient alors comme des mouches, semaine après semaine. Des trains entiers de charbon étaient régulièrement saccagés.

C'est alors que des détectives irlandais furent appelés pour infiltrer les rangs des Mollies. Beaucoup de ces derniers furent alors traduits en justice grâce alors au flagrant délit. Les Mollies disparurent rapidement.

 

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commentaires

peadar 14/01/2012 20:29

merci pour votre article!