Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : PEAUX-ROUGES Limoges
  • PEAUX-ROUGES Limoges
  • : Site d'information des Redskins de Limoges, collectif antifasciste informel et contre-culturel. Nous avons la conviction que si la première étape de la lutte antifasciste se joue bel et bien sur le terrain des idées, l'échéance suivante sera celle de la confrontation physique. Notre objectif est donc de sensibiliser les organisations et personnes à la nécessité de se préparer mentalement et physiquement contre le fascisme. mail: peaux_rouges@yahoo.fr
  • Contact

Radio

Liens locaux

  nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

Liens nationaux/Internationaux

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

nom de l'image

13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 12:33

Article du Courant Syndicaliste Révolutionnaire

 

Le syndicalisme français a toujours été un des moins investis sur les questions internationales. La seule période véritablement internationaliste, en dehors de la courte vie de l'AIT (1864-1871) fut l'expérience de la CGTU (1921-1936). Cette faiblesse, le syndicalisme français l'a chèrement payé en 1914 mais aussi à d'autres reprises. Son intervention sur les questions coloniales a donc été systématiquement sous-estimée et largement influencée par une vision nationaliste et impérialiste. La conscience internationaliste ne se construit pas dans les brochures politiques mais dans l'activité syndicale concrète avec les camarades des autres pays. Lorsque cette intervention est réduite, la culture nationaliste dominante prend vite le dessus. Cette absence d'intervention des syndicalistes français sur le terrain international explique en grande partie l'échec des luttes de libération des colonies dans les années 1945-62 en Afrique et en Asie. L'absence des liens entre prolétariat des colonies et celui de France a favorisé une solution bourgeoise aux processus de « libération nationale ».

Aujourd'hui encore, les militants syndicalistes en métropole n'entretiennent pratiquement aucun lien avec leurs camarades des « colonies ». Les luttes syndicales menées dans les « colonies » sont totalement marginalisées dans la presse syndicale. Et pourtant le syndicalisme de ces régions est très actif et souvent à la pointe des luttes sociales. Non seulement ces luttes sont alors isolées mais elles ne servent pas de point d'appui à la rénovation du mouvement syndical français et international.

 

Nous allons essayer de démontrer qu'au delà de leur radicalité les syndicats des « colonies » ont su développer des expériences et des méthodes originales qui peuvent aider à la réorganisation de nos propres centrales syndicales et à leur investissement dans l'internationalisme.

 

Le syndicalisme a connu un élan dans les « colonies » au cours des années 1980. Il existait déjà des organisations implantées et actives, par exemple en Guadeloupe (UGTG). Mais le premier mai 1984, la création du STC donne un contenu social à la lutte du peuple corse. Ce virage social influencera jusqu'au FLNC qui se positionnera quelques temps après pour un « socialisme original » et reprendra la notion de « communauté de destin ». L'USTKE apparait quant à elle en 1985. Dès sa création elle fait vite figure de nouveau fer de lance du combat anti-colonialiste en Kanaky. L'UTG fera de même en Guyane.

Aux Antilles, le syndicalisme indépendantiste poursuite son développement. Finalement la création du LAB (Langile Abertzale Batzordea) en 2001 dans les trois provinces basques du Nord, dans l'Etat français, confirme le renforcement de la question sociale au sein des luttes de libération nationale. Cette évolution n'est pas anodine, à cette époque les partis des différents mouvements indépendantistes ont gagné en influence. L'époque des luttes radicales a été suivie d'un investissement plis institutionnel. Des dérives opportunistes se dessinent. Les dirigeants, pour la plupart issues de la petite bourgeoisie « locale » (intellectuels, professions libérales, cadres politiques), se recentrent sur une ligne social-démocrate qui correspond à leurs intérêts de classe. Les prolétaires et les militants syndicalistes se sentent souvent floués par cette évolution, ce qui explique une autonomisation du mouvement syndical par rapport aux organisations politiques.

 

Cette histoire méconnue du syndicalisme des « colonies » empêche les militants syndicalistes français de se positionner et donc d'apporter un soutien à leurs camarades des colonies. Au sein même du CSR cette méconnaissance, ne nous permet pas de nous positionner précisément. C'est donc pour engager cette réflexion, mais aussi pour commencer une activité syndicale unitaire que nous avons choisi de donner la parole aux syndicats des « colonies ». Nous ouvrons donc nos colonnes aux camarades, sous forme d'interviews, tout en nous laissant la possibilité de critiquer un certain nombre de positions défendues par ces derniers. L'unité d'action ne dois pas empêcher la critique et le débat fraternel. Bien au contraire c'est dans le débat et la confrontation de nos expériences que nous pourrons développer et renforcer l'unité des travailleurs-euses au delà des frontières.

 

Le syndicalisme guadeloupéen a été le premier à développer une intervention sur la question de l'anti-colonialisme et ce dès les années 1960. Nous avons choisi de revenir plus en détail sur l'expérience historique de l'UGTG car dès sa création ce syndicat a été confronté à des questions d'ordre stratégique et tactique qui ont donné lieu à des débats puis à des luttes sociales importantes.

 

 Logo_UGTG.jpg

 

De l'indépendantisme à la lutte syndicale.

 

La Guadeloupe n'est pas la colonie où le mouvement indépendantiste s'est en premier exprimé. Il y a même un retard évident par rapport à la Martinique où très tôt une scission se produit au sein du Parti Communiste sur la question coloniale. En Guadeloupe il faut attendre 1956 pour qu'au sein du syndicat étudiant (l'AGEG) se développe une prise de conscience politique sur cette question. Ce n'est qu'en 1963 que se crée le Groupe pour l'Organisation Nationale de la Guadeloupe (GONG). Ces organisations sont largement influencées par les théories maoistes. En 1967, le GONG participe à la grève des ouvriers du bâtiment. Cette grève va accélérer la prise de conscience au sein d'une frange de jeunes guadeloupéens. En effet la grève s'achève dans un véritable bain de sang. Plus de 50 personnes sont abattues dont des militants du GONG. La répression s'abat sur le mouvement indépendantiste qui voient un grand nombre de ses militants incarcérés.

Cet échec oblige le mouvement à définir une réflexion stratégique plus élaborée. Cette réflexion va marquer le syndicalisme guadeloupéen. Alors qu'une tendance se tourne vers une activité plus avant-gardiste, la majorité des militants choisissent de donner priorité aux luttes de masses. Il reste cependant à définir le terrain de l'intervention des militants révolutionnaires. L'objectif est de centrer sur les luttes économiques afin de démontrer les contradictions qui opposent les classes populaires au colonialisme.

 

Ce tournant va aboutir à la création de l'Union des Travailleurs Agricoles (UTA) en 1970.

La question agraire est au coeur de la question économique et donc sociale. Le secteur d'intervention n'a pas été choisi par hasard . Les militants indépendantistes estiment à l'époque que la classe ouvrière traditionnelle de Guadeloupe est largement acquis au projet colonial. Les ouvriers sont souvent employés dans l'administration et des les collectivités locales et bénéficient donc du statut de fonctionnaires français. Ils craignent pour la perte de ce statut, protégé par la domination coloniale. Dans le secteur privé, la classe ouvrière (dockers, ouvriers du bâtiment,...) profite aussi largement de l'économie coloniale, c'est à dire des grands travaux d'infrastructure publique, du commerce colonial (importation de produits industriels et exportation des produits d'origine sucrière) mais aussi de la prime de vie chère (40%).

En outre, les confédérations françaises disposent, principalement par l'influence de la CGT (sous contrôle du Parti Communiste guadeloupéen), d'une large implantation dans ces secteurs ouvriers traditionnels.

Au contraire les campagnes offrent un potentiel d'intervention, tout d'abord parce que le syndicalisme y est quasiment inexistant mais aussi parce que la question agraire pose la question du colonialisme.

 

Dans la première période coloniale, l'exploitation des terres repose sur l'esclavagisme. Afin d'éviter de nourrir leurs esclaves, les propriétaires terriens accordent de petites parcelles de terres aux esclaves noirs afin qu'ils y entretiennent de petits jardins. Cette logique de reconstitution de la force de travail a été maintenue après l'abolition de l'esclavage. Cependant, la création du marché commun européen va mettre un terme à cette pratique. Désormais, le sucre guadeloupéen est en concurrence avec la betterave européenne les grands propriétaires vont devoir rationaliser l'exploitation des terres et de leur main d'oeuvre. L'intensification du travail (mécanisation) et l'extension de la production a pour objectif d'établir des réductions d'échelle, d'augmenter la productivité. Toute la terre doit être exploitée et les lopins de terres individuels sont repris aux ouvriers agricoles afin d'y planter de la canne ou de construire des routes pour l'utilisation des machines agricoles. Les salaires n'ont pas forcément augmenté de telle façon à compenser la perte du pouvoir d'achat du prolétariat rural et le chômage menace la population.

 

C'est donc sur la question de l'exploitation de la terre que les indépendantistes ont tout d'abord choisi d'investir leurs forces militantes. Ils lancent une première occupation de terres inexploitées, propriété d'un grand capitaliste. Cette occupation permet la construction d'habitats populaires, des cases. Mais l'objectif premier est de réimplanter des jardins ouvriers. Cette initiative reçoit un accueil très favorable de la population rurale qui a été frustrée de sa dépossession de la terre. D'autres occupations vont alors être lancées avec la même logique mais aussi pour protéger la production de canne. A cette époque, les grands propriétaires commencent à abandonner cette exploitation au profit d'autres produits, entre autre la banane. Or, pour les militants indépendantistes, la culture vivrières est non seulement un moyen de s'affranchir de la dépendance alimentaire par rapport à la métropole (importations) mais c'est aussi un moyen de préserver l'économie traditionnelle et par là même un certain contrôle sur les terres. L'économie de la canne est aussi au coeur de la culture guadeloupéenne. En outre, la canne permet des productions en aval, entre autre des possibilités d'industrialisation dans la chimie.

A certains endroits, les « squateurs » replantent de la canne pour s'opposer à la politique des grandes compagnies fruitières. Il est choisi d'établir une production individuelle, chaque famille disposant d'un lopin de terre mais aussi d'une surface de canne. Cependant la propriété est collective et les paysans adhèrent à une coopérative qui organise en commun l'achat des centaines et des centaines d'hectares qui sont ainsi mis en valeur grâce aux occupations.

 

De l'UTA à l'UGTG

 

Ces luttes vont créer une véritable dynamique de mobilisation. En 1971 est déclenchée la fameuse grève agricole. L'UTA qui vient de se créer l'année précédente organise la lutte. En 1972, c'est au tour de l'Union des Paysans pauvres de Guadeloupe (UPG) de se constituer. De 1970 à 1976 l'agitation est permanente dans les campagnes. Les luttes portent sur le maintient de l'appareil de production mais aussi sur l'augmentation des salaires afin d'obtenir l'alignement du salaire des ouvriers agricoles sur celui de leurs camarades de l'industrie. La lutte consiste également à réduire le temps de travail pour éviter que la mécanisation n'entraine le chômage, et à améliorer les conditions sanitaires. Mais cela oblige également les syndicats à revendiquer le maintien du prix du sucre alors que la concurrence de la betterave européenne menace de détruire l'économie traditionnelle. C'est en quoi la question coloniale et plus largement le système capitaliste entrent en contradiction avec les besoins des travailleurs agraires. La concentration capitaliste entrain la destruction des collectifs de travail traditionnels.

 

Les premières revendications aboutissent grâce à des luttes d'ampleur. Cependant le rapport de force et l'isolement de l'UPA et l'UPG ne permet bien entendu pas de s'opposer à terme à la concentration capitaliste. A partir de 1975-76 il apparaît de plus en plus que l'économie de la canne va entrer en crise en raison de désinvestissement des capitalistes. Ce constat va amener les militants syndicalistes à élargir leur champs de syndicalisation à tout le salariat et plus particulièrement à engager une implantation dans le prolétariat des services et industriel. Cela débouche sur un processus de création de l'UGTG à partir de 1973.

La force de l'UTA, puis de l'UGTG aura été de ne pas avancer la question indépendantiste de façon artificielle. Des courants plus « radicaux » ont souvent reproché aux syndicats guadeloupéens leur « opportunisme » qui consistait soit disant à ne pas avancer des mots d'ordre indépendantistes lors des luttes sociales. Ce choix a justement permis à l'UGTG de créer l'unité entre les travailleurs-euses. Plus largement il y a souvent eu des tensions avec l'autre principal syndicat la CGTM (adhérente à la CGT française). Mais la démarche syndicale a permis une certaine unité des prolétaires au delà des appartenances. Tous les adhérents de l'UTA et de l'UGTG étaient loin de partager le positionnement indépendantiste des dirigeants des organisation mais c'est la lutte de masse qui a fini par montrer les contradictions du colonialisme et donner un certain crédit à la revendication anti-impérialiste. Ce sont également ces luttes populaires qui ont permis au créole de redevenir la langue des luttes sociales. Au final l'indépendantisme est allé plus loin par voie syndicale que par voie d'indépendantisme d'organisation propre. Une réflexion toujours d'actualité...

 

Cette assise sociale va permettre au mouvement indépendantiste de créer son parti en 1978: l'UPLG. Mais au fil des années, des tensions se développent entre les classes sociales qui coexistent de en plus en plus difficilement dans ce mouvement. Les intellectuels qui sont à l'origine de ce mouvement se reconnaissent pleinement dans les théories maoistes. En effet la « Révolution Nationale Démocratique » justifie la collaboration de classe entre tous les guadeloupéens supposés être opposés au colonialisme. Dans l'UPLG se revendique donc d'un « Front de Classes » (inter-classiste) dans lequel la fraction bourgeoise des capitalistes guadeloupéens est présentée comme « des alliés du peuple ». Progressivement, cette unité va finir par se fissurer, de nombreux membres de la petite bourgeoisie indépendantiste se satisfait des miettes que le système colonialiste lui offre.

Des dérives institutionnelles vont se produire dans les années 1990 au sein du mouvement indépendantiste guadeloupéen. Cela explique en grande partie pour le syndicalisme va finir par occuper l'espace central de contestation anti-coloniale au tournant des années 2000. Dans les années 60, l'objectif des indépendantistes est de faire rompre les classes populaires avec leur situation d'assistés. L'important est de lancer une dynamique de mobilisation, de faire en sorte que la population se prenne en main et anime ses luttes. De ce point de vue les luttes agraires sont une réussite. Et ce d'autant plus qu'elles se coordonnent dans le cadre de l'UTA et de l'UPG. Ces deux organisations vont ensuite lancer la dynamique syndicale qui donnera naissance à l'UGTG. Cette dynamique ne s'inscrit pas toujours dans le cadre du syndicalisme de classe intégral en raison des liens étroits avec des secteurs de la bourgeoisie guadeloupéenne qui se trouve dépassée par cette dynamique syndicale qu'elle a lancé. L'UGTG se trouve de plus contrainte d'assumer elle même l'intégralité du combat anti-colonial.

 

c2f7b30b77.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

dominic frontier 04/03/2012 17:47

Ce site parle de la Guadeloupe :http://dominicfrontier.blogspot.com/