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  • : PEAUX-ROUGES Limoges
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  • : Site d'information des Redskins de Limoges, collectif antifasciste informel et contre-culturel. Nous avons la conviction que si la première étape de la lutte antifasciste se joue bel et bien sur le terrain des idées, l'échéance suivante sera celle de la confrontation physique. Notre objectif est donc de sensibiliser les organisations et personnes à la nécessité de se préparer mentalement et physiquement contre le fascisme. mail: peaux_rouges@yahoo.fr
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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 07:32
Texte en anglais trouvé sur le site anar britannique Libcom.org (http://libcom.org/ ), dans sa rubrique « History », sous le titre « 1985-2001: Anti-Fascist Action (AFA)».

La traduction a été réalisée par le Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannerisation (CATS) de Caen en janvier 2011.

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1982-2001 : AFA, Anti-Fascist Action (Action Antifasciste)

Voici une courte histoire d’AFA qui a mené une guerre secrète contre l’extrême droite et l’a virée des rues de Grande Bretagne.
AFA se constitua en 1985 pour être une large organisation antifasciste. Suivant la mort du National Front (NF), consécutive à l’élection de Thatcher en 1979, le British National Party (BNP) était la principale organisation fasciste de l’époque. Il s’agissait d’une frange radicale provenant du NF. La constitution d’une force militante
physique contre le fascisme est issue d’une longue tradition qui remonte dans ce pays aux années 1930 avec des événements comme la « bataille de Cable Street » ou la création du « 43 Group » de l’East End à Londres (groupe antifa composé de Juifs ayant servis sous les drapeaux pendant la seconde guerre mondiale). AFA s’est
formée selon cette tradition.
Les fascistes
Dans les lieux où les fascistes n’avaient pas d’opposants, ils menaient des campagnes de violence visant les minorités ethniques et les organisations de la classe ouvrière. Prenons l’exemple de Liverpool. Là-bas, les quelques tentatives de marches ou de meetings en centre-ville organisés par le BNP ou le NF dans les années 80 furent réduites à néant par une grande partie de ses habitants (notamment ceux de la communauté noire [1]).
Malgré ces échecs, le BNP continua de vendre ouvertement des journaux dans le centre car personne ne s’y opposait. Cela ne l’a pas non plus empêché de démarrer une campagne de violence contre des cibles de gauche, en particulier contre la librairie « News From Nowhere » tenue par un collectif féministe. Après avoir presque
réussi à incendier celle-ci, les fascistes brisèrent régulièrement ses fenêtres durant des attaques ayant lieu le samedi (probablement après les ventes de leurs papiers). Et ils se pavanaient dans le magasin pour intimider le personnel ainsi que les clientEs quand ça leur chantait, c’était évident qu’il fallait réagir. À cette époque, ils
s’attaquèrent aussi aux fenêtres du Wirral Trades Council (locaux syndicaux du quartier de Wirral à l'ouest de Liverpool). Cette activité locale du BNP accompagnée d’attaques racistes et homophobes étaient récurrentes n’importe où en Grande Bretagne dès lors qu’il ne rencontrait pas d’opposition.
À Liverpool, AFA est née en 1986. À cette époque, « Militant » (maintenant le Socialist Party) était toujours le groupe de la classe ouvrière le plus fort de la gauche. Mais ni lui ni le Socialist Workers Party (SWP) ne voulurent faire partie d’AFA, bien qu’ils se soient impliqués contre les marches fascistes. Au début, les principaux organisateurs d’AFA Liverpool étaient apparentés au milieu anarchiste local.
AFA Liverpool était principalement composée d’anarchistes mais elle ne s’est jamais revendiqué comme telle et n’a jamais servi d’outil de recrutement. Quiconque était d’accord avec l’opposition « physique et idéologique au fascisme » pouvait en être et ce fut le cas pour beaucoup. Des liens se tissèrent avec des syndicats, des groupes
antiracistes juifs ou autres et des réunions eurent lieu afin d’attirer le plus grand nombre. Au même moment les antifascistes présents dans les deux universités montaient aussi des groupes AFA et ce processus se répéta plusieurs fois tandis que des étudiants partaient et que de nouveaux arrivaient.
En près d’un an, le BNP de Liverpool passa du fait de se vanter que les « rouges » se faisaient toujours battre quand ils essayaient de l’expulser de la rue (selon des copies confisquées du « British National ») à sa dissolution. Des années plus tard, le BNP admettait dans le « Liverpool Echo »qu’il « était devenu insignifiant à cause des extrémistes de gauche du milieu des années 80 ». Ce genre d’extinction efficace des groupes du BNP par tous les moyens nécessaires était aussi typique de l’époque.
Ce genre d’extinction efficace des groupes du BNP par tous les moyens nécessaires était aussi typique de l’époque.
Réorganisation
Au niveau national, l’AFA originelle finit par éclater en raison de divergences politiques. Des groupes locaux et régionaux (comme le « Northern Network », le réseau nord) persistèrent cependant et des appels nationaux étaient toujours lancé de part les contacts existants. AFA fut réactivée à Londres en 1989 et 1992. Une rencontre nationale eut lieu dans la capitale pour en tirer une nouvelle structure nationale. Il en résultat un « front militant uni », une alliance de diverses tendances politiques, orientée vers la classe ouvrière pour que celle-ci s’approprie des secteurs ouvriers que les fascistes considéraient alors comme leurs. La perspective de classe fut admise car les fascistes ne jouaient pas uniquement la carte raciale mais s’appuyaient aussi sur de véritables inquiétudes de la classe ouvrière blanche (chômage, mal-logement…), et ils obtenaient souvent des succès à cause des désillusions provoquées par les conseils municipaux dits « socialistes ». Cette propagande nécessitait une réponse de classe. De plus, « défendre la démocratie » n’était pas suffisant, si AFA n’avait pas affirmé qu’il fallait détruire le système, le fascisme serait resté l’alternative « radicale ». Enfin, le but du fascisme étant la
destruction du pouvoir de la classe ouvrière, elle seule avait intérêt à s’y opposer. Il était admis qu’AFA ne s’intéressait pas aux « alliés » tels que les conseillers/ères corrompuEs qui faisaient partie du problème.
On continua à tisser des liens avec les communautés noires et asiatiques qui étaient attaquées, mais la propagande d’AFA se concentrait principalement sur les communautés où les fascistes eux-même recrutaient [2].
Sur le plan organisationnel, on admit qu’AFA serait une fédération décentralisée basée sur une structure régionale, construite à partir des zones existantes d’AFA Londres et du Northern Network. La seule structure nationale serait un comité national de coordination composé de deux délégués n’ayant pas de pouvoir
décisionnel à rencontrer en cas de besoin (quelques décisions nationales mineures durent être appliquées durant ces années mais elles ne portèrent pas à controverse).
A ce moment, AFA Londres était assez orientée par la « Marxist Red Action »(l’Action Marxiste Rouge) et en alliance avec des éléments anarcho-syndicalistes du « Direct Action Movement » (DAM) [3] et d’autres du « Trotskyist Workers Power ». Des indépendants d’orientation socialiste ou anarchiste s’y impliquaient aussi.
Le zénith
À son apogée AFA ne se contentait pas simplement de son rôle de combattant des rues. Son activisme comprenait des prises de paroles publiques, la production de fanzines et de brochures, l’organisation d’événements pour collecter des fonds (concerts, kermesses…). Beaucoup de gens qui ne faisaient pas forcément partie d’un groupe AFA donnaient de leur temps pour ces activités. Durant cette période, il y exista une relation productive entre la magazine « Searchlight »et AFA.
Au niveau régional et national, AFA s’occupait surtout de compter les mobilisations fascistes et de faire du renseignement. En 1986, le « Dimanche du Souvenir » (« Remembrance Sunday ») à Londres fut le premier événement dans la mire d’AFA au niveau national. Le National Front avait décidé de marcher sur le cénotaphe de Whitehall, puis d’attaquer des cibles de gauche, le piquet anti-apartheid situé à l’extérieur de l’ambassade sud-africaine notamment. Ce jour-là, les mobilisations d’AFA eurent l’effet désiré : les fascistes furent stoppés. Au même moment, dans le nord, le Northern Network s’était mobilisé contre les meeting du BNP organisés à la
« Clifford’s Tower » (tour de Clifford) de York. Le BNP avait choisi ce lieu car c’était au pied de cette tour que de nombreuses personnes de la communauté juive avaient péri sur le bûcher au Moyen-Âge. Ces premières mobilisations d’AFA à York étaient relativement ouvertes et réunissaient beaucoup de monde. En 1988, AFA Liverpool remplit un autocar et un minibus (environ 80 personnes) pour se rendre au même événement mais elle fut bloquée par la police aux abords de York et escortée jusqu’à son retour à Liverpool. La même chose arriva au bus de Newcastle : réminiscence des tactiques policières lors des grèves de mineurs de 1984-85. Pour les mobilisations ultérieures on préféra utiliser des minibus et en peu de temps cette tactique s’avéra payante.
 
Les « Remembrance Sunday » n’étaient qu’un motif de mobilisation parmi beaucoup d’autres qui eurent lieu dans tous les coins du pays tout au long de ces années. Ce fut particulièrement vrai tandis que de nouveaux groupes AFA se formaient et que de nouvelles zones géographiques s’organisaient [4]. Des tactiques étaient élaborées et constamment remises en question. Appeler à la mobilisation suite au travail de renseignement qui indiquait des activités fascistes était typique de la région nord : par exemple, lorsque le BNP diffusait des tracts pour les élections (et se mobiliser ne signifiait pas se contenter de manifester). AFA se regroupait, envoyait des
éclaireurs et agissait en fonction des informations collectées. Parfois la diffusion de tracts AFA ne se faisait pas uniquement pour contrer la propagande fasciste mais aussi pour fournir une raison légale d’être là. Au Northern Network (AFA Londres opérait très différemment), chaque groupe élisait un délégué pendant les mobilisations.
Le déclin
Après 1995, des mobilisations eurent encore lieu contre la National Front, par exemple à Douvres en 1997 et 1998. En interne un nouveau comité national de coordination d’AFA fut constitué en 1997. De la façon dont il fonctionnait, il était clair que ce comité était puissant et n’avait rien à voir avec l’ancien comité national. Cette
indication montre que très peu d’anarchistes étaient encore impliqués et que le Northern Network avait bien décliné. Cette année-là, le comité national d’AFA interdit à ses membres de s’associer au magazine Searchlight (car, au nom de l’antifascisme, il entretenait des contacts avec les services « anti-extrémistes » de la police NDT). En 1998, AFA Leeds et AFA Huddersfield furent expulsés par celui-ci, officiellement, pour avoir ignoré cette consigne. Le déclin continua avec ces expulsions. Il y eut quelques réactivations locales comme à Liverpool en 2000. Mais depuis 2001, peut-être même depuis bien avant, c’est peine si AFA, comme organisation nationale, existe encore.
Mais il est sûr qu’il y a eut d’autres facteurs, dont les plus flagrants sont :

- la police qui a pigé ses tactiques
- la « compétition » avec d’autres groupes antifa renommés
- le manque de renseignements qui a suivi la rupture avec Searchlight
- les combats de rue, les arrestations et les blessures résultant de cette guerre d’usure, l’âge et les responsabilités familiales des activistes qui les occupaient alors que l’arrivée de nouveaux membres était limitée.
Des ramifications

D’anciens membres d’AFA se regroupèrent et formèrent le groupe militant antifasciste « No Platform » en 2002.
D’autres encore formèrent « Antifa » en 2004. Ce dernier groupe était largement composé d’anarchistes qui reprenaient les positions d’AFA concernant l’opposition idéologique et physique aux fascistes et avaient une politique de non-coopération avec Searchlight ou quelque élément ayant des liens quelconques avec l’état. L’IWCA continua son travail électoral dans certains secteurs et obtint un petit nombre d’élus.
La majeure partie de ce texte est issue de l’article «Anti-fascist Action, an Anarchist perspective » écrit par un ancien membre d’AFA Liverpool et du Northern Network en février 2005 pour le magazine « Black Flag ».Il raconte à travers les expériences d’anciens membres de Liverpool ou d’ailleurs. Leurs points de vue ont été croisés pour vérifier la véracité des faits. En 2008, il a été en grande partie révisé par le site libcom.org qui l’a raccourcis, en a changé le style d’écriture qui était à la première personne, retiré certaines analyses et/ou opinions ainsi que quelques notes. Le paragraphe « Des ramifications » a été rajouté. L’article original sera bientôt disponible en ligne sur libcom.org (au moment de la traduction de ce texte, l’article original doit déjà être en ligne, à vérifier).
 
Notes :
1: Tentatives de meeting à l'hôtel Adelphi et à l'hôtel St George.
2: Informations provenant des notes prises par AFA Liverpool lors du meeting national, celles-ci étaient beaucoup plus détaillées que les notes officielles.
3: DAM s'est autodissout pour donner naissance à la Solidarity Federation en 1994 dont le but était de construire une organisation de classe basée sur des principes anarchosyndicalistes et sur des réseaux industriels et communautaires plutôt que de se contenter d'être un groupement anarchosyndicaliste (voire: www.directaction.
org.uk). Cette nouvelle organisation ne fut pas rejointe par tous les anciens membres de DAM. Si vous voulez le point de vue d'un membre de DAM sur les événements concernant AFA Londres durant ces années, vous pouvez lire : Bash the Fash, Anti-Fascist Recollections 1984-93 de K. Bullstreet, publié par Kate Sharpley Library, BM Hurricane London, WC1N3XX.
4: L'Ecosse existait en tant que région depuis 1993. En 1994 naquit la région des Midlands et des initiatives ont été prises pour organiser une région sud. En 1996, la liste des contacts publics AFA (diffusée dans Fighting Talk) incluait 12 groupes du nord, 12 du sud (dont Londres), 4 des Midlands, 3 en Ecosse et 1 au Pays de Galles.
Certains groupes n’apparaissaient pas dans cette liste: Doncaster, Chesterfield et Mansfield. Ces groupes variaient aussi en termes de membres et de ressources et servaient souvent de contacts pour de vastes secteurs.
 

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